I/ La naissance de l'ère nucléaire
A/ La découverte

-Chronologie

-le programme américain

-le programme britannique

-le programme allemand
-Le traité de Quebec
-Le projet Manhattan

B/Hiroshim, mal necessaire ou indispensable?
-Epargner des vies

-La position de Truman
-La lutte contre l'URSS
-Nagazaki

C/ L'impossible monopole américain
-La prise de conscience
-La première doctrine


II/
La guerre froide: une guerre nucléaire
A/Le rôle de la bombe dans la guerre froide

-L'essai nucléaire soviétique
-La nouvelle doctrine américaine
-Les espions atomiques

-Paranoïa et course aux armements
-Quel intérêt de posseder de quoi détruire plusieurs fois la planète
-La guerre de Corée

B/ Le rôle de la dissuasion dans la détente
-Représailles massives
-Le vecteur
-La doctrine soviétique

C/La crise de Cuba
-Le vol du U2
-Les conséquences de Cuba
-La représaille graduée

D/ Le cas français
-La doctrine française
-Une doctrine novatrice

E/ La bombe chinoise

III/ Limitation incontrôlée et non prolifération proliférante
A/ Le TNP et autres traités
-Le TNP
-Les accords SALT
-la crise des euromissiles
- La guerre des étoiles

B/le Moyen Orient nucléaire (avec Inde et pakistan)
-Inde et Pakistan
-Le cas israélien

C/La nouvelle doctrine américaine
-Les conséquences de la guerre en Irak sur la prolifération
-Le sabordage du TNP
-Une perception erronée des menaces

REVENIR A

Le nucléaire dans les relations internationales

I/ La naissance de l'ere nucléaire

A/ La découverte

Toute l'histoire du nucléaire depuis les origines est internationale. La mise au point de l'arme suprème constitue une oeuvre commune de la communauté scientifique européenne tout d'abord, puis américaine grâce auux scientifiques fuyant le nazisme et le fascisme.

Retour chronologique:

1896: henri Becquerel découvre la radioactivité
1898: Pierre et Marie Curie écouvrent le Radium
1932: James Chaldwick découvre le neutron
1934: Enrico Fermi découvre que le Neutron peut pénétrer les atomes
1938: Otto Hahn et Fritz Strassmann découvrent la fission de l'atome
1939: Otto Frish découvre la fission du noyeau d'uranium
Niels Bohr découvre que c'est l'U235 qui subit à lui seul presque toute la fission.
Le 22 avril 1939 Frederic Joliot et son équipe du collège de France évalue à 3 le nombre de Neutrons secondaire par fission et les experts scientifiques du monde entier prennent conscience de l'énergie que peut dégager le principe de fission de l'atome:

la fission de l'atome (etc.)


L'Uranium naturel tel qu'il est extrait des mines se compose de 99,3% d'U238 et de 0.7% d'U235. Une fois qu'on sait celà, toute la question va être de réussir à enrichir l'uranium en U235 pour obtenir de la matière fissile.

Le déclenchement de la guerre accélère l'allience entre militaires et scientifiques: trois grand pays se lancent dans un programme nucléaire:

-Les Etats-Unis commencent tout timidement. Fransisco Fermi a fui le fascisem italien et Leo Szilard, un hongrois ayant fui le nazisme tentent de persuader les autorités américaine de soutenir leur projet. Les américains allouent 6000 dollars à la recherche sur le grafite (matériau qui doit servir à enrichir l'Uranium en U235)
Leurs expériences aboutissent en au printemps 1940 et Leo Szilard persuade fermi de ne pas publier ses travaux comme le veulent les moeurs scientifiques pour éviter que l'Allemagne en bénéficie. C'est le premier geste de non prolifération de l'histoire nucléaire.
En décembre 1941, après l'entrée en Guerre des Etats-Unis et sur les pressions d'Einstein pour convaincre Roosevelt de s'intéresser au projet, les Etats-Unis fusionnent toute leur recherches éparpillées dans les universitées dans un seul projet: le projet Manhattan

La Grande Bretagne lance également un programme nucléaire. Les autorités de ce pays, Churchill en particulier, s'inquiètent de la prise de la Belgique par l'Allemagne car la Belgique détient à cette époque un gros stock d'Uranium. Les scientifiques persuadent les anglais d'essayer de racheter le stock Belge pour ne pas qu'il tombe entre des mains ennemies. Pas de grands résultats mais le gouvernement anglais s'est intéressé à la question et a acheter une tonne d'oxude d'uranium qui pourront servir de base aux scientifiques.
Le gouvernement Anglais décide de créer un projet nucléaire (appelé le Maud Comitee) qui réunit des scientifiques européens réfugiés à Londres pour la plupart, les cerveaux britanniques étant alors orientés sur la découverte du radar.

L'Allemagne se lance, elle aussi, dans un projet nucléaire.
Le 29 avril 1939, Abraham Esau, intéressé par les travaux du college de France tente de réunir les spécialistes Allemands dans un projet mais Hitler se consacre à cette époque entièrement à l'invasion de la Pologne et à la Blitzkrieg. Esau arrive cependant à obtenir un embargo sur l'exportation d'Uranium que détient l'Allemagne par une mine de la région des Sudètes. Les Allemands dirigent leurs spécialistes en explosifs sur les applications militaires de la fission. Toujours confrontés au même problème de réussir à séparer U235 et U238, les Allemands imaginent l'eau lourde comme permettant de séparer les isotopes.
Dès 1941 cependant, le IIIeme Reich restreints les crédits sur la recherche nucléaire jugé trop long et trop incertain et fait le choix de la balistique qui permettra de mettre au point les missiles V1 et V2. Choix important car la récupération des scientifiques nazis après guerre par les Russes et les Américains permettra de mettre au point des missiles nucléaires plus rapidement.

le 12 octobre 1942, les Anglais choisissent de s'allier aux canadiens dans le projet nucléaire. les deux pays signent une collaboration et fusionnent leurs projets dans un grand laboratoire multinational et pluridisciplinaire. C'est la première fois que deux pays mettent en commun leurs projets scientifiques. les Etats-Unis aidente le projet en fournissant les matières premières: Uranium, et eau lourde et grafite pour l'enrichissement. L'enrichissement de l'Uranium étant la question cruciale du nucléaire, les américains en fournisseurs vont prendre de plus en plus d'importance dans le projet.

Le 19 aout 1943, à Québec est signé le premier traité nucléaire international entre les etats-Unis, la Grande Bretagne et le Canada qui ne signe pas mais qui est dépositaire.
Les trois pays s'engagent mutuellement à:
-Communiquer toutes les informations scientifiques qui auraient un caractère militaire et pourrait servir à la victoir alliée
- Droit de Veto des signataires sur la communication des travaux à une tièrce puissance
- Abandon du Maud Comitee au profit de la recherche américaine
Cet accord signifie en clair que la Bombe sera américaine.

Le projet Manhattan:
Lancé en 1941 le projet Manhattan est celui qui réalise le premier essai nucléaire de l'Histoire:
Le 9 mai 1944, les scientifiques mettent au point le premier réacteur nucléaire
A l'été 1944 les premières bombes sont assemblées au laboratoire de Los Alamos dans le nouveau mexique

le 16 juillet 1945 à 5heure, 29 minutes et 15 secondes, la première explosion atomique de l'histoire de l'humanité se produit dans le désert du nouveau mexique.
-le Champignon atteint 12 000 metre d'altitudes
-La température au point zéro de l'explosion atteint 55 millions de degrés soit trois fois la température au centre du soleil et 10 000 fois celle de la surface...

 

B/ Hiroshima: mal nécessaire ou indispensable?

Le 6 aout 1945, le bombardier Enola Gay largue la bombe appelée little Boy sur la ville Japonaise d'Hiroshima. cet épisode qui reste le seul de l'histoire où l'arme atomique a été utilisée a imprimé la peur de la bombe et de ses effets dans les conscience du monde entier jusqu'à nos jours.

Plusieurs théories s'affrontent sur la necessité ou nou d'utiliser la bombe contre le Japon. les Historiens qui contestent la version officielle (elle était indispensable, le Japon ne voulait pas se rendre, l'amérique aurait perdu inutilement des milliers de ses enfants...) sont appelés les révisionistes.

Ils se basent sur le fait tout d'abord qu'à l'époque si le Japon était encore en Etat de combattre, il n'était plus du tout au niveau de gagner la guerre. les scénarris du ministère de la défense prévoyaient qu'il faudrait encore 500 000 victimes américaines afin d'achever le Japon. Chiffres très certainement faux, les ministères de la guerre des pays du monde entier ayant pour habitude d'arranger les chiffres et les syntheses de renseignement dans le sens qui les arrange. En l'occurence ici, la mise au point de la bombe a créé aux Etats-Unis ce qu'on appelle le conglomérat militaro-industriel dont Eisenhower appelera à se méfier grandement. Les entreprises militaires américaines ayant financé le projet ont excercé un certain lobby pour que leur argent ait servi à la victoire finale.

Quoi qu'il en soit de la réalité de ces chiffres, un seul mort américain eût été innacceptable dans la position où se trouvait Truman à l'époque:

-Truman arrive au pouvoir le 12 avril 1945 sans aucune éléction. Toute sa légitimité repose sur le fait que Roosevelt est mort, ce qui veut dire qu'aux yeux du peuple et des politiques, le moindre faux pas sera politiquement fatal. truman doit donc se mettre dans la peau d'un des plus illustres président qu'ait connu l'Amérique afin de choisir ou non s'il utilisera l'arme la plus destructrice qu'ait conçu l'humanité.
- Truman a aussi été, avant d'être président, le président d'une commission sénatoriale chargée d'enquêter sur les dépenses militaires. Lorsqu'il est allé à Los Alamos on lui a interdit l'accès, secret d'etat oblige et il a laissé faire en faisant confiance à Roosevelt.
L'un dans l'autre, un seul mort américain alors qu'il existait une arme capable de l'epargner en mettant fin à la guerre immédiatementeût relevé du suicide politique.

L'autre raison avancée par les "révisionnistes" est la lutte contre l'URSS. l'administration Truman, son secrétaire d'Etat James Byrnes en particulier ont déjà en tête l'après guerre qui s'annonce et le fait qu'il faudra lutter contre les rouges. lancer la bombe sur Hiroshima constitue en celà, le premier acte de disuasion de l'histoire nucléaire.
Il était aussi indispensable aux yeux des dirigeants américains d'éviter un Japon communiste. Et celà devait normalement être le cas prévue par la conférence de Yalta:

La conférence de Yalta qui se tient du 4 au 11 fevrier 1945 est une immense victoire diplomatique russe mais aussi le premier acte de la guerre froide.
Tout d'abord, Staline a imposé son lieu pour la conférence et à obligé Rossevelt à venir en chaise roulante négocier l'après guerre dans le fin fond d'une des villes soviétique les plus glaucques.
-A Yalta, Roosevelt et Staline décident que ce sera au pays libérateurs d'organiser les éléctions dans les pays libérés. En clair: ce que l'armée rouge a libéré sera communiste et ce que les américains ont libérés sera capitaliste. A ce moment, Roosevelt ne conçoit pas du tout l'URSS comme ennemi. Il a probablement conscience que le monde se divisera en deux mais pas du tout que les deux conceptions idéologiques vont s'affronter, c'est un homme de dialogue qui a confiance en Staline. Churchill, bien plus cynique dira plus tard de yalta "we killed the wrong pig"
-Une clause secrète de Yalta prévoyait que l'URSS devrait attaquer le Japon trois mois jour pour jour après la reddition de l'Allemagne.

Si l'on fait le calcul des dates on obtient:
le 8 mai 1945 reddition de l'Allemagne plus 3 mois qui amènent précisément à la date d'Hiroshima à deux jours près. L'URSS a cependant eu le temps de prendre les Iles Kouriles, territoire encore disputé aujourd'hui à la Russie par le Japon.

Nagazaki
La deuxième bombe est, en revanche une accumulation de mauvaises coincidences. En fait il s'agit d'un seul et même ordre de mission: Truman avait ordonné le feu nucléaire jusqu'à la reddition du Japon. Les militaires, en raison des conditions météorologiques avaient prévus un second bombardement pour le 11 ce qui paraissait acceptable. Togo, ministre Japonais des Affaires Etrangères, après la première bombe, se rend chez l'empereur et ils décident de la fin de la guerre. Le temps de réunir un conseil des ministres pour décider officiellement de l'armistice amène au 9 août, le jour du lancement de la deuxième bombe. les conditions météorologique s'étant améliorées, la deuxième bombe était prête plus tôt que prévue et il fut décidé de la lancer, ne voyant rein d'officiel venir et craignant un retour du mauvais temps.
La capitulation du Japon arrive aux autorités américaines quelques heures après Nagazaki.

 

C/ L'impossible monopole américain.

De 1945 à 1949 les américains ont le monopole de la bombe atomique. Cette situation qu'on appelle dysimétrie, va leur permettre de se lancer dans l'élaboration des doctrines d'emploi. En fait, l'arme atomique est une arme spécifique qui va avec une doctrine. La doctrine définit pour résumer, dans quels cas on en fera l'usage.

Les Américains ont pris conscience que l'Arme Atomique était une arme ultime mais elle est encore considéré comme une superbombe, c'est à dire non séparée des autres armes. on conçoit de l'utiliser mais uniquement en dernier recours.
Celà constitue une caractéristique de la guerre froide où on envisagera l'ultime recours à chaque crise et vivant la moindre provocation comme pouvant mener à une guerre nucléaire.

En fait toute la question du monopole américain vient de la prise de conscience d'Hiroshima par les peuples. Dans le cas d'une confrontation avec l'URSS, l'opinion n'accepterait pas qu'on sacrifie une seule vie alors que la bombe constitue une alternative. Mais l'opinion n'accepterait pas non plus qu'on sacrifie des milliers de vies russes pour un simple blocus de Berlin par exemple. Il est impossible à l'URSS d'affronter les Etats-Unis directement puisqu'ils risquent le feu nucléaire mais il est aradoxalement impossible aux américains de combattre directement les russes car l'opinion publique ne permettrait pas d'utiliser la bombe américaine.

En 1948 les Russes engagent le Blocus de Berlin ouest. Cette crise va être l'occasion pour les américains d'élaborer leur première doctrine d'emploi:

-la bombe sera utilisé dans le cas d'une confrontation avec l'URSS
- Elle ne pourra l'être que sur ordre présidentiel (Directive "Policy on Atomic Warfare") Cette directive est primordiale car elle place la bombe sous l'autorité du président et commence déjà à la considéré comme une arme à part (On trouve normal que le président ait le pouvoir d'appuyer sur le bouton mais on trouverait anormal qu'il dispose d'une milice ou d'un service secret privé par exemple)

 

II/La Guerre Froide: une guerre nucléaire

A/ Le rôle de la bombe dans la guerre froide


Le 29 Aout 1949 se produit le premier essai nucléaire soviétique.
Le fait est crucial car c'est la première fois dans l'histoire que deux pays qui s'affrontent idéologiquement disposent chacun du feu nucléaire.
Mais la bombe soviétique à un autre effet car il introduit le principe de 2nde frappe.
la seconde frappe peut se résumer ainsi: celui qui lance la bombe sur un pays nucléaire la recevra en retour inévitablement.
Théoriquement l'apparition de la 2nde frappe aurait du faire naitre tout de suite des doctrines de dissuasion. En fait l'accession de l'URSS au rang de puissance nucléaire est vécu des deux coté comme la possibilité pour la Russie d'affronter les Etats-Unis à armes égales.

Cependant, la 2nde frappe introduit quand même un chagement profond dans les définitions stratégiques américaines:

-Une réduction des budgets militaires: l'arme nucléaire, couteuse à concevoir, coute bien moins cher à l'entretien qu'une armée conventionelle. Comme de toute façon il est prévu de l'employer en cas de confrontation avec l'URSS, on peut se permettre de réduire les forces conventionelles au minimum: elle ne serviront plus qu'à mener en degré à la guerre nucléaire.

-Une augmentation des arsenaux et des technologies. La recherche est axée désormais sur la puissance (mise au point de la bombe Thermonucléaire) et les Vecteurs (missiles)

-Une étude menée par Paul Nitze appelée NCS-68 prévoit quatres alternatives de la politique américaine à répondre à la bombe soviétique:
1) le Statu Quo: innacceptable dans la logique impérialiste des deux pays puisque l'impérialisme oblige les empires à prnedre des zones d'influences pour éviter de les laisser à l'ennemi

2) retour à l'isolationnisme: innacceptable non plus car en plus de la raison ci-dessus, les américains abandonneraient les zones d'influence qu'ils ont déjà et leur rôle de garants de l'ordre mondial

3) la guerre préventive: innacceptable puisqu'elle est censée menée à l'affrontement nucléaire

4) Le renforcement militaire, économique et politique des alliées américains en vue de constituer un "monde libre"
C'est celle là qui est retenue et on retrouve son application dans le Plan Marshall et la Pactomania (OTAN, OTASE, Pacte de Bagdad)

Les Espions atomiques:
Le mythe des espions atomiques qui auraient aidé l'URSS à acquérir la bombe a beaucoup nourrie l'imagination, en particuler celle du Sénateur Mac Carthy qui déclenche la chasse aux sorcières sur fond de paranoîa du rouge ayant la bombe.
En réalité, les espions atomiques ont bel et bien existés: les réseaux du KGB étaient déjà présent sur le sol américain et en Europe et les scientifiques (Fermi, Oppenheimer) ont donné leurs traveaux à ces réseaux pour que les Russes en bénéficient. Les scientifiques n'avaient aucun amour particulier pour Staline ou pour le communisme mais ils considéraient que le monopole de la bombe par un seul pays pouvait encourager ce pays à l'utiliser. Conscient, que, de toute façon, aucun pays n'accepterait le monopole et que l'apparition d'une seconde puissance nucléaire n'était qu'une question de temps, ils furent les premiers à prendre conscience qu'un deuxième pays nucléaire interdisait aux deux l'utilisation de la bombe.

Paranoïa et course aux armements:

L'année 1949 plonge l'amérique dans la peur. les journaux titrent "les rouges ont la bombe", les excercices d'évacuation se multiplient (completement inneficaces mais destinées à rassurer la population: en cas d'attaque nucléaire on conseillait le "duck and cover", c'est à dire plonger par terre et se couvrir avec ce qu'on trouve table, chaise, bras...). Les constructeurs d'abris anti-atomiques font fortune. L'amérique et le monde en général vit persuadé de l'imminence d'une guerre nucléaire et tout mouvement des rouges est perçu comme annonciation de la fin du monde.

l'URSS est elle aussi paranoïaque pour d'autres raisons qui remontent à 1917 au moment où les pays de l'Entente avaient envoyé des troupes pour écraser la révolution. Depuis, les pays non communistes dit "impérialistes" sont vu comme cherchant à anéantir le communisme par tous les moyens.
En 1947, le minsitre des affaires étrangères soviétique de l'époque Jdanov fait un discours à l'occasion de la création du Komintern. Sa déclaration est clairement le début de la guerre froide et est appelée la Doctrine Jdanov:

"Plus nous nous éloignons de la fin de la guerre et plus nettement apparaissent les deux principales directions de la politique internationale de l'après-guerre, correspondant à la disposition en deux camps principaux des forces politiques qui opèrent sur l'arène mondiale : le camp impérialiste et antidémocratique, le camp anti-impérialiste et démocratique.

Les États-Unis sont la principale force dirigeante du camp impérialiste.(...) Les forces anti-impérialistes et antifascistes forment l'autre camp. L'URSS et les pays de démocratie nouvelle en sont le fondement.."


Quel intérêt de posséder la capacité de détruire plusieures fois la planète?

En réponse à la bombe Russe et à la psychose qu'elle entraine, les Américains se lancent à corps perdu dans la conception de la bombe thermonucléaire (pudiquement appelée Bombe H), toute l'idée étant de conserver à tout prix l'avantage sur Moscou: c'est le top départ de la course aux armements.

Oppenheimer, Fermi et Einstein tentent déséspérément de stopper ce qu'ils percoivent comme une folie et qu'ils nomment arme de génocide. Ils lancent en 1950, aidés par Frederic Joliot, l'appel de Stockholm qui réunit des pacifistes du monde entier (et discretment aidé par Moscou).

malgré leurs efforts, en 1952 la Bombe H est prète avec une puissance de 800 fois Hiroshima... En 1953 les Russes testent leur première bombe H

En fait, la course aux armements repose sur une logique très simple: annuler la seconde frappe pour les américains, la maintenir pour les Russes. Cette startégie implique pour les américains d'avoir de quoi détruire du premier coup toutes les cibles nucléaires russes, pour les Russes, multiplier les sites de lancement et les capacités pour conserver une seconde frappe. Sachant que de toute façon, aucun service de renseignement au monde ne peut affirmer être sur à 100% d'une information, chaque pays est obligé de pousser encore plus loin pour assurer la certitude

En 1948, les américains avaient identifiés 30 cibles russes dans le cas d'une guerre. En 1956 elles montent à 300 puis en 1960 à 2000, en 1961 à 3500, en 1962 à 8000 etc.

La guerre de Corée au coeur du principe nucléaire:

La corée, ancienne colonie Japonaise avait été libérée par les Russe et les Américains, les armées faisant la jonction sur le 38 eme parallèle. Puis, chaque camp était partie en laissant en place un gouvernement favorable dans sa zone. Pyonyang était Stalinienne et Séoul pro-américaine.

le 12 janvier 1950, Dean Acheson prononce un discours où il précise que la Corée n'est pas incluse dans le parapluie nucléaire américain (la bombe ne sera pas utilisée pour défendre la Corée.
Le 25 Janvier 1950, Pyonyang se sent protégé par la bombe Russe et par les maoïstes qui viennent de prendre le pouvoir en Chine. Il envoit ses blindés franchir le 38 eme parallèle et marcher sur Séoul. C'est la première guerre de la guerre froide où l'on pensera sérieusement à utiliser l'arme nucléaire
(En 1954 les Français demandent à Eisenhower quelques bombardements sur Dien Bien Phu pour faciliter les choses, Eisenhower leur répondra "vous êtes fous les gars, nous ne pouvons pas utiliser ces horribles choses contres des Asiatiques pour la deuxième fois en moins de dix ans")

Les américains envoient un contingeant en Corée sous mandat de l'ONU (l'URSS à cette époque pratique la "chaise vide"). les chinois, de leur coté, envoient des volontaires soutenir Pyongyang et leur action aboutit à la prise de Séoul par les forces nord-Coréenne. Face à ce qui promet d'être un désastre, le Général MacArthur propose l'utilisation de la bombe sur la Chine afin de stopper l'action des volontaires et de saper les bases arrières chinoises qui aident les nords-coréens.

Truman refuse actégoriquement. une utilisation entrainerait:
-La déclaration de Guerre à la Chine
-L'Emploi en premier
-Le déclenchement d'une guerre nucléaire totale et mondiale. Les Russes n'ont pas, à cette époque, de vecteurs pouvant amener les bombes sur le territoire américain. En revanche, puisque la coalition qui se bat en Corée compte des éléments européens, ils peuvent décider de porter leur frappe nucléaire sur l'Europe.

Tout le problème soulevé par la guerre de Corée est que cette arme n'est pas encore conçue comme distincte du reste de l'armement. Même si c'est le président qui donne son autorisation pour l'emploi, elle reste aux mains des militaires.
La réponse de Truman est cruciale car désormais, celà signifie que les militaires n'auront plus jamais les pleins pouvoirs dans un conflit.
L'arme nucléaire ne peut être employée en premier, et surtout, elle à permis de limiter la guerre
L'autre conséquence est la création de deux "parapluies nucléaires" russe et américain, chacun protégeant sa zone par disuasion contre une frappe de l'autre.
Enfin, la guerre donc Corée inscrit l'Europe comme le champs de bataille nucléaire en cas de guerre entre les deux géants. Tous les missiles russes sont désormais tournés vers l'Europe pour appliquer la disuasion.


B/ Le rôle de la dissuasion dans la détente

Le concept de disuasion a toujours éxisté (on n'attaque pas un pays qui est plus fort que soi) mais l'arme nucléaire le change considérablement. Elle implique que désormais aucune guerre ne pourra jamais être gagnée contre un pays nucléaire. Plus encore, aucune guerre ne pourra être déclenchée contre un pays nucléaire puisque celui qui attaque risque une perte en destruction plus grande que tout ce qu'il pourrait espérer gagner en cas de victoire.

C'est ce principe qui empêche les russes de conquérir l'Europe. Le 12 Janvier 1954, John Foster Dulles fait savoir aux Soviétiques qu'en cas d'agression de l'Europe, les représailles ne se limiteront pas aux moyens conventionneles. C'est la doctrine dite de représaille massives ou Massive retaliation.

Cette stratégie est au coeur de la création de l'OTAN (la même année) et repose entièrement sur la dyssimétrie: L'URSS n'a pas les moyens de toucher le territoire américain alors que les américains ont les moyens d'atteindre Moscou depuis l'Europe (Londre a effectué son premier essai en 1952 et est devenue, aidé par les Etats-Unis, la troisième puissance nucléaire). En conséquence, la dissuasion repose ici sur la certitude que les Etats-Unis, n'ayant rien à craindre sur leur territoire, n'hésiteraient pas à sacrifier l'Europe en cas d'invasion par l'URSS. Coté Russe, aucun intéret 'employer la bombe sur un pays qu'on souhaite envahir, leur dissuasion ne fonctionne plus.

A cette époque, l'OTAN n'a pas les capacités conventionnelles de lutter contre le Pacte de Varsovie (1955 en réponse à l'OTAN) et choisit donc de reposer essentiellement sur ses capacités nucléaires.

Le Vecteur

Tout le problème de la Dyssimétrie vient du vecteur. Le Vecteur étant ce qui permet d'amener le feu nucléaire jusqu'à sa cible.

Toute la politique soviétique va donc être d'améliorer ses vecteurs afin de mettre fin à la dyssimétrie en menaçant le territoire américain.

Le 4 octobre 1957, le monde tétanisé entend le bip-bip du Spoutnik depuis l'espace. Outre le facteur de puissance et de prestige, l'application militaire de la chose sont les missiles intercontinetaux sol-sol: le T3 soviétique peut porter jusqu'à 10 000 kilometre. Les Etats-Unis sont désanctuarisés, l'équilibre est rétablis.

La course à l'Espace, élément essentiel de la guerre froide est aussi un élément essentiel de la dissuasion nucléaire (ce qui explique pourquoi les pays non-nucléaires ne s'encombre pas de programmes spatiaux hors de prix qui cherchent à savoir s'il y a ou non de l'eau sur Mars). En montrant au monde ses capacités spatiales, un Etat montre aussi à son ennemi la capacité de ses vecteurs. Dans ce domaine, l'URSS multiplie les victoires (Premier satellite, premier homme dans l'Espace: Youri Gagarine, Premier engin piloté...) et les Etats-Unis ne rétablissent la nouvelle dyssimétrie qu'avec le premier homme sur la Lune.

Dans les années 1950 se crée donc une course aux vecteurs:
1955: le B52, le plus gros bombardier du monde est mis au point par les Etats-Unis.
1957: le T3 d'une portée de 10 000 kilometre est mis au point par les Russes
1958: les amérciains mettent au point leurs premiers missiles intercontinentaux: les ICBM
décembre 1959: les américains lancent leur premier sous-marin lanceur d'engins: le Polaris.

La doctrine soviétique:

Les années Krouchtchov sont placés sous le signe exclusif du nucléaire. Les soviétiques conçoivent beaucoup plus précocement le potentiel diplomatique de la possession de l'arme nucléaire.

En 1956, Nasser, le président Egyptien nationalise le canal de Suez. Français et britanniques, les deux puissances coloniales et ayant toute deux des intérets dans la compagnie du Canal prennet l'affront de plein fouet et mettent un plan au point pour réoccuper le canal. Le plan est le suivant:
Israël devra attaquer l'Egypte, et occuper une partie du Sinaï. l'Egypte répondra et celà fera un excellent argument aux Anglais et Britanniques pour venir occuper le canal de Suez en prétextant de son statut de neutralité. Israël suit le plan mais Nasser ne bouge pas et laisse les Israéliens progresser sans déclarer la guerre. Les Français et Anglais débarque dans la panique à Port-Saïd cherchant à maintenir le plan. Les américains demandent au français et Anglais de retirer leur troupe sous peine de sanctions économiques. Krouchtchov, lui, fait savoir respectivement à Eden, Guy Mollet et Ben Gourion que la Russie utilisera l'arme nucléaire si l'Egypte n'est pas évacuée.

A cette époque, la doctrine russe en matière de nucléaire est caractiérisé par la doctrine Sokolovski. Elle prévoit:
-La troisième guerre mondiale n'est pas inévitable mais le nucléaire évite la confrontation
-Les Russes dépendent beaucoup de la puissance nucléaires et sont obligés de rester au même niveau que Washington (celà finira par épuiser l'économie de l'URSS et mettre fin au régime)
-Une guerre éventuelle serait forcément nucléaire
-La guerre nucléaire en Europe est envisagée dès le départ. pour les Russes, l'Europe est un futur champs de bataille nucléaire.


C/ La crise de Cuba et ses conséquences:

(le détail en lien sur ce site: navigation un peu bizarre mais extremement complet)

En 1959, le Che Guevara et Fidel Castro prennent le pouvoir à Cuba et l'île devient communiste. Fidel Nationalise les intérêts amércains ce qui est mal vu par Washington qui décrète l'embargo le 19 avril 1960.
Le 17 avril 1961 La CIA tente de renverser Castro avec le débarquement de la baie des cochons qui demeure un symbole de ratage d'une opération spéciale.

Castro, inquiet, cherche donc une protection. pensant un temps à la Chine, il finit par préferer l'URSS et les Etats-Unis se retrouvent avec un satellite soviétique à quelques dizaines de kilometres de leurs cotes.

Des avions de reconnaissance U2 américains prennent des photos de rampes de lancement installées à Cuba. Toute la crédibilité américaine est remise en cause.

la photo prise par le vol du U2 au dessus de Cuba 1962


Kennedy répond par le blocus des côtes et le 22 octobre 1961 dans un discours, il place l'amérique devant la possibilité d'une guerre nucléaire. Les navires russes approchent de Cuba, le blocus américain devra les intercepter et la guerre apparait inévitable car celui qui cède apparaitra comme le faible.

En réalité Cuba est une question de prestige soviétique. Les missiles pouvaient déjà atteindre le territoire américain, mettre des rampes à Cuba est une façon pour Krouchtchov de redorer son blason atteint par:
-L'épisode Hongrois de 1956 à la suite duquel de nombreux parti communiste européen et dans le monde entier (pas le Français) ont cessé de considérer l'URSS comme la mère patrie de la révolution.
-La conférence de Bandoeng le 18 avril 1955 a fait apparaitre le pire cauchemar de l'URSS: un front commun du tiers-monde avec en vedettes Tito et Mao, deux leaders marxistes qui contestent à la Russie le monopole de l'idéologie.

Krouchtchov pense que le nouveau président américain ne bougera pas et que son accession au pouvoir est l'occasion de faire un coup déclat provocateur et d'apparaitre comme puissance alors que le régime montre ses premiers signes de faiblesse.
"on peut le faire. On ne risque rien contre Kennedy, c'est un gentil jeune homme, il ne bougera pas." (Nikita krouchtchov 1962)

le 25 octobre 1962, après deux semaines de crise intense, les bateaux soviétiques font demi tour et la crise prend fin.

Cuba fait apparaitre des nouveaux principes cruciaux pour l'avenir du nucléaire:

1) La dissuasion du faible au fort fonctionne: l'URSS ne dispose à l'époque que de 300 armes contre 4000 pour les américains

2) L'arme atomique ne sera jamais utilisée: les deux dirigeants ont été soumis à une pressions maximale
("Le président est dans une situation périlleuse, dit Robert Kennedy, et il ne sait comment en sortir. Notre marge de manoeuvre est terriblement réduite. En fait, nous subissons la pression de nos militaires qui veulent employer la force contre Cuba. En ce moment même, le président est sans doute à sa table en train de rédiger un message pour le président Khrouchtchev. Nous vous demandons, M. Dobrynine, de transmettre ce message en dehors des canaux officiels. Le président Kennedy supplie M. Khrouchtchev d'accepter sa proposition et de tenir compte des particularités du système américain. Le président est lui-même tout à fait contre l'idée d'une guerre à propos de Cuba, mais un irréversible enchaînement de circonstances pourrait l'y entraîner contre sa volonté. C'est pourquoi il s'adresse directement à M. Khrouchtchev et lui demande de l'aider à liquider ce conflit. Si la situation reste ce qu'elle est, il n'est pas certain que les militaires ne le renverseront pas pour prendre le pouvoir. L'armée américaine risque d'échapper à notre contrôle. " (extraits du rapport de l'ambassadeur russe à Washington, Anatole Dobrynine rendant compte de la visite de Robert Kennedy. Cité de mémoire par Krouchtchov in "Les mémoires de l'Europe", tome VI, l'Europe moderne, sous la direction de Jean-Pierre Vivet, édition Robert Laffont, Paris, 1973)

Malgré les enormes pressions des deux cotés, aucun des deux dirigeants n'a accépté de prendre sur lui l'initiative d'une guerre nucléaire.

3) C'est la première fois que le nucléaire est utilisé comme moyen diplomatique de pression et non la diplomatie qui se met au service du nucléaire

4) les deux dirigeants vont prendre conscience de la folie de la bombe (Que Stanley Kubrick rend dans son film "Docteur Folamour" qui sort en 1964)
Les deux dirigeants entament une nouvelle politique dite de "la détente" et installent une ligne directe entre le Kremelin et Washington: le téléphone rouge. Grâce à cette ligne, aucune guerre nucléaire ne pourra désormais se produire par défaut de communication ou lenteur des canaux de transmission de l'information.


La nouvelle doctrine américaine

A la suite de cet épisode, Kennedy, sur les conseils de MacNamara, change sa doctrine nucléaire pour adopter la riposte graduée.
-Retour au principe du dernier recours: la riposte graduée prévoit qu'en cas de guerre avec l'URSS, on ne se défendra qu'avec les mêmes moyens. Plus que le non emploi en premier, cette doctrine est se veut une doctrine de non escalade.

Le 9 mai 1967, elle devient la doctrine officielle de l'OTAN. Non seulement c'est la disparition du "bouclier américain" mais surtout celà signifie que l'OTAN ne sert plus à rien car ses capacités conventionelles sont inférieures à celles de l'URSS.

C'est cette nouvelle doctrine de l'OTAN que De Gaulle juge innacceptable et qui est la cause de la rupture entre la France et l'OTAN.


D/ Le cas français

Le cas nucléaire français est un cas très particulier et unique de l'histoire nucléaire:

-Les scientifiques français n'ont pas eu besoin de l'aide ni de l'espionnage d'une autre puissance pour acquérir la bombe. Ils ont pu la dévelloper seuls. Celà est important car les autres puissances nucléaires se s'autolimitent dans la divulgation de la technologie.

-C'est la première bombe "indépendante" dans ce sens qu'elle n'est pas considérée comme un facteur de puissance mais de disuasion pure.

Elle explose le 13 fevrier 1960 dans le désert du Sahara

la doctrine française, elle aussi est un cas unique du nucléaire et repose sur plusieurs principes:

-la dissuasion du faible au fort (ce qui lui évite de devenir un facteur de puissance)
-La bombe est purement défensive: elle n'est là que pour pouvoir infliger à l'adversaire un dommage équivalent au territoire français, rien de plus.
-C'est la première doctrine stratégique dite "tous azimuts": les missiles français ne sont officiellement pointés sur personne en particulier (officieusement la Russie) mais menacent tout ceux qui chercheraient à s'en prendre à la france ou à ses intérets nationaux (l'inclusion d'intérets nationaux introduit quand même le facteur de puissance de la bombe française)

Le Général Ailleret, père de la doctrine stratégique française définit la notion de "tous azimuts" en ces termes:
"Il est nécessaire que la France dispose d'engins à portée mondiale dont l'action pourrait dissuader ceux qui voudraient, de quelque partie du monde qu'ils agissent, nous utiliser ou nous détruire pour aider à la réalisation de leurs buts de guerre." (Si la mention "nous détruire est déstinée évidemment à l'URSS, la mention "nous utiliser" semble viser l'autre camp...)

cette doctrine permet à la France une indépendance par rapport aux Etats-Unis, indépendance toujours souhaité par De Gaulle (un peu échaudé par les projets américains d'après guerre de faire de la France un territoire d'occupation et le territoire de diffusion des "euros-dollars")

-C'est la première doctrine dite "anti-citée". C'est à dire qu'elle prévoit de viser les villes soviétiques et non les forces militaires. Ce volet de la doctrine a valu à la France l'opprobre internationale. En réalité la bombe française n'est pas conçue pour être employée mais pour dissuader l'adversaire. En faisant savoir qu'on visera directement ses villes sur son territoire, c'est l'application de la dissuasion du faible au fort.

-C'est la première doctrine dite de "stricte suffisance" c'est à dire qu'elle est uniquement destinée à être d'une capacité de destruction égale au territoire français et non plus. Il n'y a aucune notion de niveau à atteindre par rapport à l'adversaire.

-Enfin, c'est la première doctrine au monde à séparer distinctement dissuasion et emploi.

Paradoxalement, la France va s'opposer fermement à tous les accords sur le désarmement et la limitation des armes et des essais qui sont vus comme la tentative Americano-Soviétique de se partager le monopole mondial (et l'Angleterre aui dispose de l'arme nucléaire depuis 1952, de conserver son monopole régional européen)
Ainsi le 5 Août 1963: la France refuse de signer le TICE de Moscou (Traité d'Interdiction Complete des Essais Nucléaires): la France est alors au tout début de son programme nucléaire et ne peut pas accepter de renoncer à la bombe.
Par rapport au TNP (signé en 1968 entre en applicatione n 1970) la France a une attitude très ambivalente. le signer reviendrait à une défaite diplomatique pour celle qui s'est opposé au TICE et équivaudrait à dire: d'accord pour arrêter la prolifération maintenant que nous sommes dotés de capacités nucléaires) La France ne le signe pas (elle ne le fera qu'en 1992) mais s'engage à le respecter. La politique de désarmement frnaçais n'interviendra qu'en 1978 initité par Giscard.


E/La bombe chinoise.


En 1964 la chine devient la cinquième puissance nucléaire. Le monde entier tremble d'effroi car, outre le fait que la chine soit le deuxième Etat communiste à acquérir la bombe, il est surtout le premier Etat du tiers-monde. Moscou apparait incapable de contrôler ce qui n'est déjà plus depuis bien longtemps son alliée et les dirigeants américains craignent désormais bien plus la bombe chinoise que la bombe soviétique.

La bombe chinoise à un double objectif:

-La rupture définitive avec l'URSS (l'essai est programée deux jours après l'annonce de la disgrâce de Krouchtchov)

-Le moyen de passer du rang de pays sous-dévellopé au rang de puissance.

Paradoxalement, la bombe chinoise achevant la rupture avec l'URSS et inquiétant grandement les américains (Mao avec la révolution culturelle, l'envoi de volontaires en Corée etc. , les rapports avec le Tibet, est considéré comme inquiétant) va entamer le processus de rapprochement entre la Chine et les Etats-Unis, processus qui culmine en 1970 avec la reconnaissance de la chine populaire à l'ONU en lieu et place de Taipei

C'était aussi, au moment de l'entrée en vigueur du TNP (qui reconnait ces cinq puissances nucléaires), pour faire du Conseil de Sécurité de l'ONU un club nucléaire, sans doute plus adapté et mieux reconnu que l'ancien conseil de sécurité dont la légitimité remontait à la victoire sur l'allemagne.

la bombe chinoise est un symbole de ce que le nucléaire apporte en matière de puissance et de reconnaissance sur la scène internationale. La chine, avec son seul essai, est passé du rang de paria industriellement en retard au rang d'Etat avec qui il faut compter. C'est evidemment cet exemple que tentent d'imiter aujourd'hui l'Iran et la corée du Nord.

 

III/ Limitation incontrolée et non prolifération proliférente.


A/ Le TNP et autres traités.

le TICE de 1963 n'aboutit sur rien de concret mais il reste la première tentative et permet détablir le dialogue et d'amorcer le mouvement.

En 1964 l'URSS, les Etats-Unis et la Grande Bretagne annoncent la réduction de la productiond de leur matière fissiles. (le Cut off treaty)

Le TNP est signé le 1er juillet 1969 et entre en service le 5 mars 1970 alors que 5 puissances détiennent l'arme nucléaire. le TNP reconnait explicitement ces cinq puissances et leur incombe une responsabilité sur la non prolifération.

(le texte complet en ligne)

Le TNP est à double adresse:
-Aux Etats détenteurs il interdit d'aider une tierce puissance à acquérir l'arme nucléaire mais proposent d'aider les Etats signataires qui le souhaitent à bénéficier de la technologie civile.
-Aux autres Etats il interdit de dévelloper des programmes destinés à l'acquisition de l'arme nucléaire mais leur permet de bénéficier de la technologie civile.

Techniquement, le traité est très ambigûe car la technologie civile et militaire sont intimement liés (comme c'est très bien montré dans ce petit shéma). en fait, une centrale nucléaire marchant pendant un certain temps finit par produire des déchets qui, par traitement, deviennent du plutonium.

Malgré tout, certains Etats qui s'étaient lancés dans des programmes nucléaires acceptent d'y renoncer et de signer le TNP: l'Argentine, la Suède, le Brézil, l'Afrique du Sud (qui disposait de 6 armes et accèpte de désarmer)

Le TNP repose sur l'AIEA, créée en 1957 et qui est chargée d'évaluer la capacité nucléaire des Etats (dans les limites qu'on voit avec l'Iran.)


Les accord SALT (Strategic Arms Limitation talks)

(les textes en ligne ici)

Ces accords sont bilatéraux entre l'URSS et les etats-unis

SALT I est signé en 1972. Il prévoit un plafond pour les Vecteurs mais pas pour les ogives. la course aux armement prend donc un tournant qualitatif, chacun essayant de placer un maximum d'ogive nucléaire sur un seul Vecteur.

Mais l'accord est cependant d'une importance capitale: les Deux grands s'apparçoivent que la recherche d'invulnérabilité conduit à la guerre. Ils se mettent d'accord sur le principe que la vulnérabilité mutuelle est la meilleure garantie contre l'utilisation de ces armes: la bombe est définitivement devenue une arme de dissuasion.

SALT I prévoit un accord de vulnérabilité mutelle: les deux grands prévoient de limiter les ABM (Anti Ballistic missile) c'est à dire les missiles antimissiles. Ils sont limités au nombre de 200 puis réduits à 100, c'est à dire que les deux Etats ne peuvent plus protéger qu'un seul et unique site de leur choix.
L'URSS choisit Moscou, les Etats-Unis choisissent un silo de lancement pour conserver leur 2nde frappe

SALT II, en 1979prévoyait une plus grande limitation des vecteurs (2250) et une limitation des ogives par vecteurs.
Il ne fut jamais signé , le congère américain ne voulant pas faire de concession à la Russie qui venait d'envahir l''Afghanistan.


Les accords de désarmement et de limitation connurent deux grosses crises.

1) les Euro-missiles:
Dans le milieu des années 1970, les russes déploient des SS-20, c'est à dire des missiles dont la portée ne permet que d'atteindre l'Europe et non les Etats-Unis. (D'où le nom d'euromissiles)
L 'Europe craint alors un découplage des forces, la riposte graduée n'est pas certaine puisque les Etats-Unis ne sont pas visée par les SS-20.
Toute l'idée russe est effectivement de provoquer un découblage et d'enfoncer la faille de l'alliance entre européens et américains pour renforcer son influence en Europe
L'OTAN adopte alors la doctrine de "double décision" en 1979 en réponse au défi et les américains déploient leurs euromissiles: des Pershing II (déployés en 1983).
L'echec de Moscou est manifeste et l'URSS craquele de tout part. En 1987, Gorbatchev accepte de revenir aux négociations et les euromissiles sont retirés de part et d'autres.

La crise des euromissiles fut extrêmement importante car elle replace la bombe, son utilisation et la guerre nucléaire à l'échelle régionale. une guerre nucléaire pourrait tout à fait ne pas entrainer la destruction de toute la planète mais seulement d'une région.


2) La deuxième grosse crise dans le désarmement est le projet américain IDS aussi appelé Guerre des Etoiles

Il est lancé par le président Reagan en 1983 (23 milliards de dollars) et prévoit d'installer un dispositif extrêmement complexe de radar terrestre, de lasers et d'antimissiles spatiaux qui devrait pouvoir intercepter dans l'espace n'importe quelle missile nucléaire. Il est conçu principalement pour:

-Rétablir le monopole nucléaire que Washington ne supporte plus d'avoir perdu. IDS permettrait de sanctuariser le territoire américain et les alliés de Washington contre une frappe ennemie (et donc permet d'anéantir au profit des américains le principe de 2nde frappe)

-Changer le concept de dissuasion. Au lieu de faire de la vulnérabilité mutuelle la seule garantie contre une guerre nucléaire il permettrait de rendre définitivement obsolète toutes les armes nucléaires. Reagan à une réelle conception humaniste du projet et l'envisage comme un outil américain pour protéger le monde et non comme une seule volontée de rétablir la dyssimétrie.

-Entrainer l'URSS dans une course qu'elle sera incapable de suivre. les américains savent qu'un tel projet n'est pas du tout à la portée du budget russe.

C'est effectivement cette dernière idée qui prévaudra. l'URSS ne peut plus suivre et l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev (1985) ainsi que le changement de ligne diplomatique de Reagan (réélu en novembre 1984) permet la reprise du dialogue.

Les accords START I et II, signés respectivement en 1991 et en 1993 prévoit la limitation des arsenaux et le démantelement des armes supplémentaires. Ces accords sont définitivement la fin de la guerre froide.


B/ Le Moyen Orient nucléaire (avec l'Inde et le Pakistan)


Dès le départ des négociations entre les deux grands qui aboutissent au TNP, les boucliers nucléaires sautente et la bombe retrouve son intéret stratégique régional.


Inde et pakistan:

Inde et Pakistan vont se lancer dans une course aux armements dans les années 1970.

L'Inde est poussé par sa défaite contre la Chine en 1962 et qui fait naitre les craintes de voir la Chine revendiquer des ambitions continentales. Les Etats-Unis vont aider l'Inde à acquérir l'arme nucléaire tandisque laChine aidera le pakistan.

Inde réalise son premier essai nucléaire en 1974. Il est dit "essai pacifique" est constitue le début d'une politique ambigüe où l'Inde continue son programme tout en promettant de ne pas proliférer. Au printemps 1998 l'Inde réalise son premier essai officiel et devient une puissance nucléaire.

la doctrine indienne se résume essentiellement au non emploi en premier. Cependant, elle ne garantie pas contre l'escalade si le Pakistan décidait d'utiliser des armes nucléaires tactiques (puissances limitée)

Après l'Essai pacifique de l'Inde, le Pakistan prend conscience de son retard et se lance lui aussi dans un programme (les deux Etats sont en conflit au sujte du Kashemire depuis leur création)
A partir de 1976 il sera très aidé par la Chine mais dispos aussi d'un programme national de pointe: le Docteur Khan et la Commission Pakistanaise pour l'Energie Atomique.

Dès 1984, un rapport de la CIA fait état de la possession par le Pakistan de 20 kg d'uranium enrichi. En 1998, le pakistan procède à son premier essai nucléaire officiel quelques jours après celui de l'Inde.

Les deux Etats sont en conflits depuis 1947. Au moment de la création des deux Etats, l'on demanda aux Marradjahs de cette région frontalière de choisir entre l'Inde et le Pakistan. Celui du Kashemire hésite à fair son choix et chacun des deux pays envoit son armée revendiquer le territoire établissant une ligne de cessez le feu après pluseirs conflits redondants.

Le Pakistan, dans sa doctrine est beaucoup plus préoccupant. il prévoit en effet l'emploi en premier dans 4 cas:
-Seuil spatial: si une partie trop importante du territoire est perdue
-Seuil militaire: si une trop grande partie des troupes et des capacités conventionelles sont perdues
-Seuil économique: en cas de Blocus par l'Inde
-Seuil de destabilisation interne: dans le cas où l'Inde financerait des mouvements de destabilisation interne
Le grand problème posé par le pakistan est qu'en raison de l'infériorité de ses forces conventionelles, il est souvent tenté par l'utilisation d'armes tactiques, pensant que la communauté internationale empêcherait l'Inde de faire monter les enchères. Cette doctrine peut aussi être un avertissement à l'égard de la communauté internationale qui, pour éviter l'escalade, doit agir en amont et empêcher l'Inde d'utiliser sa supériorité conventionelle et de limiter le conflit


Le cas israélien:

Israël est un cas très particulier. Il a été poussé à acquérir l'amr nucléaire en raison de sa particularité géographique. Un avion de chasse traverse le pays d'est en ouest en 4 minutes ce qui prive Israël de toute profondeur stratégique.

-En conséquence les Israéliens vivent dans l'angoissent d'être un jour "rejeté à la mer". Celà correspond aussi au mode de création de l'Etat israélien qui est un pays d'immigration comme les Etats-Unis où les habitants sont arrivés par bateau.

-Les capacités conventionelles d'Israël sont limitées par sa population. (Le service militaire est déjà de 3 ans pour les garçons et 2 ans pour les filles, il serait difficile de tirer encore sur la corde). L'Etat d'Israël est donc obligé de miser sur la qualité plutôt que sur la quantité ainsi que sur la dissuasion de ses voisins.

-Israël a édicté un principe stratégique en raison d'Etat: si une seule guerre n'est pas gagnée, alors Israël est détruit. On se souvient des réactions de la population israélienne à la fin de la guerre du Liban: chaque Israélien est convaincu qu'une seule défaite militaire entrainera inévitablement la destruction du pays.

Pour toutes ces raisons, Israël va chercher à se doter d'une capacité de dissuasion. Son programme est lancé par ben Gourion dès la crise de Suez.
en 1957, un contrat est signé avec les français (la diplomatie française est pro-israélienne jusqu'en 1967. Le Général de Gaulle, voulant se racheter une politique arabe, avait prévenu avant la guerre des 6 jours que la France condamnerait le premier à déclencher les hostilitées: ce fut Israël)
La société de Saint Gobain- Techniques nouvelles installe une usine à Dimona dans le désert du Neguev

En 1968, au moment où les Etats-Unis négocient le TNP, ils vont obtenir des Israéliens un accord qui permettra de sauvegarder le futur TNP:
-Les Israéliens s'engagent à ce qu'il n'y ait ni essai officiel, ni déclaration. En fait aucune reconnaissance officielle de la possession de la bombe
-Les américains s'engagent à ne pas faire pression sur les Israéliens en vue de la signature du TNP

Tout le problème vient du fait que déclarer officiellement la bombe israélienne entrainera la prolifération de tous les pays de la région. Egypte, Syrie, Irak, et Jordanie en particulier (l'Iran du Shah et l'Arabie Séoudite étant alliés des américains).

La doctrine Israélienne a donc cette particularité de ne pas vraiment exister puisque la bombe n'existe pas officiellement.

-Elle comporte cependant le non emploi en premier mais l'incertitude demeure sur le sujet des armes tactiques et l'alliance américaine ajouté au monopole régional sont incitatif.

-La bombe est essentiellement régionale mais, par peur de voir le pakistan aider certains pays du moyen orient à proliférer, les israéliens ont mis sur pied un axe New-Delhi Tel-Aviv

Tout le problème de la bombe israélienne est celui du monopole régional:
-il incite les autres Etats à se doter d'armes nucléaires
-il incite Israël à mener des frappes préventives et à risquer des conflits pour conserver son monopole: en 1981 un raid de tsahal détruit le réacteur d'Osirak à une époque où Saddam est l'allié de toutes les puissances occidentales.


C/ La nouvelle doctrine américaine.

Depuis l'arrivée au pouvoir de george Bush, la doctrine américaine semble chercher à briser systématiquement tous les efforts de dénulcléarisation accomplis précédemment.

L'Intervention en irak a voulu baser sa légitimité sur la non-prolifération et celà pose une série d'énorme problèmes:

1) En ne respectant pas les rapports de l'AIEA, les américains, première puissance mondiale ont retirés leur confiance à cette organisme. Ils ont en outre établis aux yeux du monde que la menace d'une intervention américaine (qui incitaient les pays à respecter l'AIEA et à la laisser enquêter comme ce fut le cas pour Saddam Hussein) était distincte des conclusions de l'AIEA. Désormais, les iraniens, les nords-coréens et globalement tout état proliférant ne peut plus considérer que se soumettre à l'agence suffira à les protéger d'une intervention américaine.

2) La désunion de la communauté internationale sur l'intervention en Irak a entrainé de fait l'image d'une désunion sur le sujet de la prolifération. Il donne le message aux proliférants que la communauté internationale n'est pas prête à une intervention conventionelle contre ces pays.

3) l'enlisement américain en Irak permet aux proliférents d'excercer un nouveau chantage au nucléaire: le chantage à la prolifération. Les difficultés des américains à réaliser leurs plans en Irak affaiblis considérablement la dissuasion conventionelle qu'excercait la première armée du monde.

L'Iran a parfaitement compris le principe et excerce un triple chantage: sur l'Irak, sur le Liban et sur sa prolifération. Les américains seront obligés de céder sur les deux pour sauver l'Irak.


Les Etats-Unis de George W. Bush sont aussi en train de saborder le TNP:

-Tous les états dont signataires du traité excepté trois: Israël, Inde et Pakistan. En pleine crise du nucléaire iranien, au moment où l'Iran menace de quitter le TNP, Condolezza Rice annonce à Delhi en mars 2006 le lancement d'un nouveau programme de coopération avec l'Inde sur le nucléaire civil (la déclaration de la sercétaire d'Etat américaine en ligne). Un Etat non signataire bénéficie donc des avantages du TNP alors qu'on refuse à l'Iran signataire l'accession au nucléaire civil.

-Israël vient tout récemment d'admettre officiellement l'existance de son arsenal nucléaire, (" L’Iran menace ouvertement, explicitement et publiquement de rayer Israël de la carte. Pouvez-vous dire que c’est une chose comparable lorsqu’il (l’Iran) aspire à posséder des armes nucléaires au même titre que l’Amérique, la France, Israël, ou la Russie ?" Olmert répondant à une question de la télévision allemande le 11 décembre 2006) confirmé par Robert Gates, le nouveau secrétaire d'Etat à la défense qui, quelques jours plus tôt à Jerusalem faisait cette déclaration: "Ils (les Iraniens) sont environnés de puissances dotées d'armes nucléaires: le Pakistan à l'est, la Russie au nord, les Israéliens à l'ouest et nous dans le Golfe persique."

Tout le problème étant que cette officialisation qui remet en cause l'accord sur le TNP n'est suivie d'aucune pression de la part des amérciains pour qu'Israël sugne le TNP et renonce à ses armes.

-Le refus de Bush, dès son accession au pouvoir de toute négociation avec la Corée du Nord et la reprise unilatérale des sanctions ont fait capoter les discussion sur le nucléaire coréen. Pyongyang s'est retirée du TNP en 2003 et vient récemment de procéder à son premier essai nucléaire. Le chantage à la prolifération est en fait le seul et unique outil diplomatique de la Corée. Reprendre les sanctions oblige Pyonyang à reprendre son programme et à éspérer qu'on arrêtera les sanctions en échange de son renoncement à posseder la bombe.

-La constitution par Bush d'un axe du mal et la preuv par l'Irak que les Américains sont disposés à envahir ces Etats oblige les menacés à se doter d'une capacité de dissuasion pour se protéger.

-Un retour à la menace d'utilisation: le 22 fevrier 2002, l'administration Bush déclare mettre fin à l'engagement de 1978 par lequel les américains s'engageaient à ne pas utiliser l'arme nucléaire sur un Etat qui n'en disposerait pas.

De plus, Bush a aussi annoncé la reprise du programme IDS que Clinton avait abandonné, indiquant clairement, puisque la menace russe n'existe plus, une volonté de rétablir le monopole américain et donc de pouvoir à nouveau utiliser la bombe ou menacer de son utilisation.


Une perception erronée des menaces.

En fait, la nouvelle doctrine américaine repose sur une perception erronée des menaces, conséquence de beaucoup des erreures actuelles.

Les experts américains se penchent principalement sur une seule crainte: qu'un groupe terroriste vienne à acquérir l'arme nucléaire (c'est un grand thème des superproductions américaines depuis les années 1990)
La psychose se fixe sur la "valise nucléaire": les terroristes n'ont pas besoin de missiles et leur vecteur pourrait être une valise faisant des dégats considérables. La valise nucléaire est dyssimétrique: aucune dissuasion de 2nde frappe ne peut jouer sur ces groupes.

Techniquement, il est assez facile de fabriquer une bombe. on peut tout à fait imaginer qu'un terroriste réussisse à acquérir les cerveaux necessaires à sa conception. Mais le combustible, lui est extrèmement difficile à obtenir et necessite d'énormes moyens que seuls les Etats sont à même de posséder.
-Soit enrichir de l'Uranium en U235 ce qui implique de relier une dizaine de millier de centrifugeuses entre elles
-Soit obtenir du plutonium ce qui implique de posseder au moins une centrale et une usine de retraitement (type cogema de La Hague)

Posseder l'arme nucléaire implique de très gros moyens en terrain, en argent et en temps que les terroriste n'ont pas. Les Etats-Unis, en surconsidérant cette menace ont oubliés que le terrorisme est l'arme du pauvre. Il est bien plus facile à un terroriste de réaliser des attentats à peu de frais type 11 septembre plutot que d'acuqérir des armes nucléaires.

Il est donc inconcevable qu'un groupe terroriste parvienne à produire le combustible necessaire. Il est aussi fort peu probable qu'un Etat qui ait réussit à en produire en fasse cadeau ou vente à un groupe terroriste: d'une part celà reviendrait à se condamner lui même (car les terroriste pourrait très bien se retourner contre n'importe quel régime) et d'autre part, celà reviendrait à doter le groupe en question d'une capacité de puissance égale à celle d'un Etat et donc créer un rival politique indépendant et incontrôlable.

Si par exemple, l'Iran décidait de doter le hezbollah d'une arme nucléaire, Israël ferait jouer sa dissuasion en pointant ses missiles sur Téhéran.

En résumé, il est impossible qu'un Etat dote un groupe terroriste du feu nucléaire car la dissuasion des autres Etats jouent aussi sur la non prolifération.

Deux menaces sont cependant bien plus crédible:

-la "bombe sale": une bombe faite avec des explosifs classiques et des déchets radioactifs ou de l'Anthrax. Les dégats seraient provoquées par irradiation et non par la puissance de la bombe. Le scénario est crédible car les déchets nucléaires sont très peu protégés et il serait possible à des terroristes d'en voler (on voit que Greenpeace arrive à stopper les convois, on peut imaginer une attaque terroriste de ce type)

-un détournement d'avion qui viserait une centrale nucléaire. pour parer à un tel scénario, les autorités françaises ont disposés des batteries antiaériennes sur les sites sensibles.