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Ô univers impitoyable
Ô surprise, ô choc inénarrable, insaisissable retournement... Ô que de nouveauté dans la vie politique de ce pays et ô combien les militants socialiste nous ont surpris par leur vote jeudi 16 novembre.
Ô combien nous fûmes tous sous le choc de les voir voter pour Ségolène à plus de 60%. Ce sera donc elle la candidate du parti socialiste pour les élections présidentielles de 2007. Ca a le mérite d'être clair: ô surprise le PS a l'ambition de vaincre Nicolas.
Dans l'ensemble, la vie politique française, a défaut de disposer de cerveaux, dispose désormais de visages, de corps faits de chaire et de sang, comme des êtres humains normaux. Des candidats avec chacun un prénom et un nom de famille, a défaut de programmes... Tableau de maître, cuisine de tradition française, grands plats tout en sauce... Electeurs à vos fourchettes.
Plus royaliste que le Roy
La charmante Ségolène sera donc la candidate socialiste pour 2007. Malgré tout ses défauts, elle a au moins le mérite d'assumer (et d'obliger Dominique et Laurent à assumer avec elle) l'après Lionel. Pour la première fois depuis le Front Populaire, le PS a du... débattre...
Sous les yeux ébaubis des électeurs se déroulèrent trois débats télévisés où l'on appris qu'il y avait trois lignes politique (différente) au PS.
La droite. Incarné par Dominique, la Social-Démocratie. Ca constitue la droite du socialisme. Car rappelons le, le socialisme est né révolutionnaire ("prolétaire de tous les pays unissez-vous, le monde va changer de base, nous ne sommes rien, soyons tout"... Souvenirs, souvenirs) Donc, le social démocrate (sossedème) c'est celui qui, menchevik, préfère la réforme à la révolution. Programme Dominique: pas très clair encore. Mais rappelons nous que le monsieur était ministre de l'économie sous Lionel. Ca donne une idée de la "social démocratie" du XXIeme siècle.
La gauche: Laurent.
Prix 29 mai du retournement de veste. C'était le sossedème de Mitterrand, il devient la gauche révolutionnaire de Hollande. Cauchemar, réveille moi... En attendant, on pourra reconnaître cela au bonhomme qu'à défaut d'être sincère, il assume son retournement jusqu'au bout (dur métier de socialiste que celui de se prendre des oeufs à la fête de l'huma). Laurent entend incarner la gauche du parti et surtout récupérer l'union du non au référendum.
Ca n'a aucune chance de marcher, simplement du fait qu'il s'y prend beaucoup trop tard: l'extrême gauche n'a aucune confiance en lui.
Dominique et Laurent ne servent à rien seuls.
Le premier a oublié que la France aime bien se flatter de son passé révolutionnaire et donc que le sossdème est mal vu dans le pays. Le second a effectué son retournement beaucoup trop tard pour inspirer confiance. Par contre, la ségo, c'est la voie de la médiation.
Staliniouchka
Le XIIeme congrès du Parti Communiste qui eût lieu en mars 1923 à Moscou présente des analogies avec la présente. A ce congrès, deux voies s'opposèrent: Trotski, incarnant la "ligne gauche" et Boukharine incarnant la "ligne droite". Lénine, sur son lit de mort avait inscrit dans son testament que toute rupture dans l'unité du Parti serait fatale à la révolution. Le grand gagnant du congrès fut donc Staline avec la "voie du milieu". Amusant parallèle à faire avec la victoire (60%) de Ségolène sur base de la nécessité de préserver l'union pour gagner face à Nico.
Autre parallèle: la méthode. Staline utilise une méthode simple: la vulgarisation. Il bourre le crâne de nouveaux militants peu politisés avec des mots clés sans fond présentant la fameuse voie du milieu.
Et que fait Ségolène? Elle tire un coup à droite, genre suppression de la carte scolaire, un coup à gauche genre nous nous sommes mal compris et réunis le tout au centre avec un joli mot-clé genre "révolution démocratique".
Après on pourra décliner la Staliniouchka à l'infini: l'encadrement militaire des jeunes délinquants, les jury citoyens, le fait qu'elle s'oppose à Nicolas qui traîne ses relans de mauvaise odeurs totalitaires et la fâcheuse tendance à attirer les "godwins" (pour la définition de la loi de Godwin, voir ici;)
-Pour la preuve (entre autres) qu'on peut qualifier le monsieur de Nazi, voir le projet de loi de l'UMP sur la prévention de la délinquance, qui inscrit noir sur blanc la proposition de détécter les troubles du comportement dès l'enfance. Pas convaincu? alors lire le rapport complet de l'INSERM sur le sujet (c'est 1984 d'Orwell en 64 pages. Mais Magog, prévenant pour ses lecteurs qui manqueraient de temps, a fait un résumé)-
En attendant, le fait que Ségolène ait gagné avec sa voie du milieu et qu'elle puisse ainsi récupérer Laurent et Dominique c'est une chance réelle pour la France d'échapper à Sylla (référence au dictateur romain ou au monstre de l'Odyssé, chacun s'y entendra).
Car désormais, Dominique peut rallier à droite et Laurent à gauche et Ségolène fusionner le tout grâce à un service de communication hors pair (Pour preuve, on l'appelle Ségolène et pas Royal car Royal c'est mauvais pour l'image de gauche... Il fallait y penser). Si l'un ou l'autre avait gagné, il eût fallut qu'il élimine. Staliniouchka, elle, saura digérer.
Pour les restes de la vieille veille, les Lionel, Jack et autres éfélants, ils effectueront leur ralliement forcé en temps et en heure. Ceux là n'ont d'audience qu'à l'intérieur du parti, Lang lancera le mot d'ordre quand on lui aura promis un ministère, Jospin laissera ses militants se débrouiller, la nécessité de carrière et d'ascension sociale lui interdisant d'accepter autre chose que le poste de président.
National libéralisme
Nicolas, désespérément pas au niveau. Une excellente technique pour s'opposer à Ségolène serait de définir sa politique simplement en inversant les mots clé de la concurrente:
"Ah vous parlez de révolution démocratique mais moi j'incarne la démocratie révolutionnaire (dictature) ; Vous proposez des jury citoyens, je suis pour le citoyen juré (populisme); vous parlez de supprimer la carte scolaire, je veut le scolaire à la carte (où chacun sera libre de choisir son établissement en fonction de sa race et de sa religion) vous êtes pour l'ordre juste, je suis juste pour l'ordre (sieg HEIL!)"
On lui donne la technique sachant qu'il ne nous lira pas, aucun intérêt mais jubilatoire tout de même.
Mais le Nicolas perd de la vitesse. Rien ne sert de courir, comme on dit, et il est parti beaucoup trop tôt. Les médias veulent une autre tête d'affiche, le réservoir à propositions s'épuise, surtout depuis que Ségo pioche dedans. Il aura beau crier au vol de vedette: la suppression de la carte scolaire, l'encadrement militaire des délinquants, le service civil... Elle est maline Ségo.
Elle ne fait peut-être pas exprès mais le résultat est là: elle a obligé Laurent et Dominique a jouer les débats sur ces terrains et du coup, les a voler à Sarko qui se retrouve sans rien à manger.
Mais il y a pire pour le petit nazillon: il a enterré le vieux beaucoup trop tôt. La bête qui supportait comme un vieil ours les piqûres de l'abeille sans rien dire sort tout ses missiles en même temps sur bébé Bush:
Il démonte point par point les idées de Nicolas: sur la politique étrangère, sur le libéralisme, il est la France, Nicolas l'impérialisme américain.
Il fait croire, par sa femme, à une éventuelle candidature (Il est très peu probable qu'il se représente une troisième fois mais sachons apprécier le tacle parfait dans la surface).
Il lance Michelle et Dominique mettre un bordel monstre dans les futurs élections de l'UMP et à coup sur, il mijote évidemment le coup de 1981, la bombe atomique où il avait appelé ses militants à voter Mitterrand contre Valérie.
Jacques est un guerrier politique d'une très grande qualité. Il a tout vu, tout connu de la politique française, nommé, élu, réélu a 82%, menteur, prophète, de Gaulle à l'ONU, traître à son parti, absurde ou d'une rare finesse...
Nicolas, qui peine déjà à faire le poids face à Ségolène est très loin de la catégorie poids lourd de Jacques. Si Jacques a décidé que Nicolas ne devait pas gouverner la France en 2007, Nicolas ne gouvernera pas la France en 2007.
Ceci explique cela. On n'entend plus beaucoup parler le Nicolas. On a l'impression vague et éphémère d'entendre parfois, l'appel d'un petit garçon tombé dans le fond d'un puit. En réalité, le petit Nicolas se bat désespérément dans le fond de son puit avec le Président de la république qui a décidé de l'enterrer vivant.
Le troisième homme
Le troisième homme, c'est celui qui voudrait être au second tour à la place du deuxième. Dans cette catégorie on a Jean-Marie et François (et pour la blague, on a aussi Jean-Pierre qui ne roule pas vraiment et n'amasse aucune mousse).
Le but de Jean-Marie, c'est de refaire le 21 avril 2002.
L'atout, c'est de se poser en vote contestataire. Vous en avez marre de la classe politique, vous voulez lui adresser une somation: votez Jean-Marie. Assez incertain à prévoir celui-là, on n'ose pas s'avancer. D'une part, le coup a déjà été fait une fois, d'autre part, Jean-Marie n'en a absolument rien fait politiquement. Assez incertain aussi la politique du pire: si le monsieur arrive au second tour, est-ce qu'on votera pour lui en se disant qu'il ne pourra pas gouverner plus de 12 secondes.
Autre atout et de taille: Nicolas pense pouvoir récupérer les électeurs du FN en chassant sur les mêmes terres. C'est une erreur politique très commune et malheureusement souvent rééditée: la règle absolue est qu'on ne peut pas récupérer les électeurs du FN en jouant sur son terrain, on ne fait que perdre ses propres électeurs qui préféreront voter pour l'original plutôt que pour la copie.
Jean-Marie est malin et il ratisse large. Il a parfaitement compris et ce depuis très longtemps, qu'un facho n'a pas forcément la peau blanche. Dieudonné chez Jean-Marie? C'est impossible, c'est impensable, c'est fou, c'est absurde disent les médias.
Mais non, c'est logique. Depuis 10 ans les listes du FN présentent régulièrement un noir, un arabe, un blanc et un juif, le phénomène n'est pas nouveau. Tous les hommes sont égaux, un facho est un facho, la couleur de peau ou l'origine ne joue pas sur la connerie.
Ainsi, à la fête Bleu Blanc Rouge il y avait Dieudonné et Antony Attal, président de la Ligue de Défense Juive (Parti classé terroriste par les Etats-Unis et par Israël). Là encore, rien de surprenant, les racistes du monde entier parlent le même langage: on est d'abord une race avant d'être autre chose. Rien de surprenant à ce qu'un juif facho soit d'accord avec un noir facho et un blanc facho.
Merci donc à Dieudonné d'avoir enfin clairement étalé son jeu, il vient de se priver de son unique champs politique: on m'attaque parce que je suis noir - non, non, on t'attaque parce que tu es un raciste. (Sur son site, un très bel exemple de comment réagit un paranoïaque qui découvre que son symbole de victime noire serre la main de Jean-Marie. Du bonheur en forum pour tout sociologue ou psychanalyste)
L'autre troisième homme
Qui, techniquement, n'est pas le quatrième. François, centre, UDF... Le but de François est plus d'augmenter le score (a négocier ensuite avec tel ou tel contre une participation au gouvernement) plus que d'espérer réellement voir son visage au second tour.
François aussi est un vieux routier et assez fin avec cela. Pour incarner le troisième homme, il s'y est pris très en avance: en refusant de se faire manger dans la machine UMP et en votant régulièrement contre elle à l'assemblée nationale. François est donc en mode (comme dirait Rhoff), pour incarner un troisième homme intelligent. Assez intelligent pour ne pas se laisser piéger à combattre Jean-Marie mais à incarner une ligne politique propre.
Tout le danger était de se poser en alternative à la fois à Jean-Marie, à Ségolène et à Nicolas. François évite le piège en se posant en autre chose avec une ligne politique personnelle. Plus que le vote contestataire, François c'est le vote contestatif. On attend toujours un programme cela dit mais ça a quand même des chances de marcher.
Extrême limite:
L'extrême gauche, comme d'habitude, divisée. Chacun veut la couverture et donc, aucune chance d'union. Celà dit, l'extrême gauche est d'une importance capitale pour la campagne. C'est une bombe à retardement d'échec ou de victoire.
Soit le PS est incapable de reprendre les idées d'extrême gauche et on assiste à un nouveau 21 avril avec l'excuse immonde qu'avait eue Lionel et le PS: vous avez émiettés les votes. Précisons à ceux là qu'en démocratie, on a encore le droit de se présenter avec un programme et que le con qui n'en a pas ne peut pas rejeter la défaite sur ceux qui en avaient un.
La situation est donc celle là, l'émiettement et la division étant une réalité, soit le PS le prend comme un danger et il perd, soit il le prend comme une force et un réservoir à idée et il gagne.
C'est principalement un défi pour le PS. Si il reste dans une logique de clan et pense pouvoir récupérer les dirigeants en leur promettant une participation: il court à l'échec. S'il mise sur les idées et le programme, il a une chance de récupérer les idéalistes et incertains qui sont légions et choisiront sans sourciller une Ségolène qui reprend leurs idées et qui a une chance plutôt que d'éparpiller la contestation.
Tout le problème étant, pour le PS que c'est à Laurent (censé être à gauche) d'assumer ce programme et que Laurent pense avec des clans beaucoup plus qu'avec des idées. Dur métier.
L'épidémie des idées
L'extrême gauche mais aussi le monde politique Français en général est bourré de petits qui se présentent non pas pour être élu mais pour être entendu et leurs idées reprises. Olivier le postier, Nicolas l'écolo, Christine (la noire, pas la catholique intégriste).
Et entre ceux là et les autres il y a impossibilité de se comprendre. Les institués veulent le pouvoir et uniquement le pouvoir. A force de le vouloir et de dire qu'ils sont les meilleurs pour l'incarner, ils finissent par y croire. Ils finissent par penser que tout le monde pense comme eux. C'est la raison du divorce des français de leur classe politique.
Le cas de Nicolas Hulot est spectaculaire: ce type se fout complètement d'être élu. Il ne se présente que pour une seule raison: que son programme écologique soit adopté. Il a préparé ce programme avec des spécialistes, reconnu comme tout à fait valable. Il a fait tout le travail et vient le livrer sur un plateau à qui voudra le prendre.
Tant qu'on ne le prendra pas, il continuera son chantage à l'émiettement des votes. Le pire c'est qu'aucun parti n'a de vrai programme écologique, et le pire du pire c'est que personne encore ne lui ait repris son programme.
Nicolas Hulot incarne un phénomène qui va en s'accentuant: le désir de la politique française de retrouver des idées et des programmes
L'attitude de Laurent face au phénomène est symptomatique de ces institués qui pensent que tout le monde en veut à leur petit pouvoir: plutôt que d'inclure les propositions de Nicolas Hulot dans son programme, il propose de le nommer ministre d'Etat. Réponse irrévocable: non, mais si tu veux, j'ai un programme.
Le cas de Nicolas Hulot ce n'est pas seulement une question d'écologie mais un renouveau de la politique française basé sur le chantage aux institués. Fini le vote par défaut (époque Lionel qui culmine avec les 82% de Jacques) Désormais c'est un programme ou la défaite.
Cette épidémie qui a commencé à gauche en décapitant Lionel s'étend désormais aux verts grâce à Nicolas Hulot et pourrait même s'étendre au centre si François a du nez. Encore un cadeau de l'Histoire à l'humanité: la droite n'est pas soumise aux luttes d'idées mais aux luttes de personnes et de populisme. Elle sera donc inévitablement dépassés par les évènements: adopter les idées de gauche ou gouverner avec manifs et contestation.
La solution finale
La gauche et l'extrême gauche sont soumise à une autre épidémie: le communautarisme.
Nombreux sont ceux qui, plutôt que de penser préfèrent flatter et choisissent de chasser le vote communautaire en lieu et place de programme: la solution au problème des banlieues, c'est de laisser les islamistes y faire régner l'ordre. Après tout, tous ces gens sont des noirs et des arabes, tous un peu musulmans sur le fond. Ils ne pensent pas comme nous. Si on voile les gamines, on éradique les tournantes...
Daniel Cohn Bendit, Martine Aubry, José Bové, Michel Tubiana, Mouloud Aounit... Tout ceux là ont droit à leur nom de famille car ils méritent d'être dénoncés:
Daniel Cohn Bendit, lors de son débat avec Tariq Ramadan, lui taille des ronds de jambes et assure que "les musulmans" seront satisfait de son programme.
Martine Aubry, maire socialiste de Lille a instauré des horaires séparées pour hommes et femmes dans les piscines. Elle a fait pression et déployer tout ses efforts dans l'affaire Amar Bergham pour que ce citoyen de la République soit enterré selon le rite musulman contre sa volonté. Elle encourage enfin la création d'école et d'université privé islamistes.
José Bové, ardent défenseur du voile et considérant la laïcité comme un nouveau colonialisme sur oumma.com
Michel Tubiana, président de la Ligue des Droits de l'Homme, qui soutient activement les intégristes islamistes.
Mouloud Aounit, président du MRAP qui attaqua Charlie-Hebdo pour délit de blasphème envers le prophète.
Le piège est d'une simplicité enfantine et marche a chaque fois: nous, les intégristes islamistes, nous sommes les musulmans. Si vous n'êtes pas d'accord avec nos idées, vous n'aimez pas les musulmans/arabes/maghrébins et vous êtes donc raciste.
Cette épidémie là, par contre, s'étend à droite aussi.
Mais encore une fois, il ne faut pas se laisser abuser ni par les sondages, ni par les têtes d'affiche ni par les lobbys. Tout ces politiques qui font le jeu des intégristes risquent d'être bien surpris devant la réalité: les "musulmans" sont quelques milliers, les autres restent et resteront des citoyens. Ils iront voter avec leur carte d'élécteur, pas avec le coran, la bible ou la torah. Les communautaristes font beaucoup de bruits, s'agitent, gesticulent crient et hurlent mais se tairont comme à chaque fois lorsque la majorité leur aura demandé de le faire.

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