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George Orwell devient réalité

En septembre 2005, la synthèse d’un rapport de l’INSERM était rendue publique prouvant ainsi que certains lobbys ont les moyens de faire passer leurs modèles sociaux par l’INSERM en toute discrétion. Car c’est bien d’un modèle social que l’on parle.
Le rapport, intitulé « troubles de conduite chez l’enfant et l’adolescent» préconise le dépistage des futurs délinquants directement dans le ventre de leur mère et leur prise en charge dès 36 moi.

Il est rarissime de trouver un document avec aussi peu de référence, note ou bibliographie (inexistante).
« Au cours de huit séances de travail, le groupe d’experts a fait le point sur la littérature médicale et scientifique internationale (…) Les classifications internationales (DSM-IV et CIM-10) définissent les différents critères diagnostiques du trouble des conduites (…) Les études longitudinales sont très pertinentes (…) Il est maintenant reconnu(…) certains auteurs s’interrogent (…) Les études réalisées (…) Les études révèlent (…) S’il n’existe pas d’étude spécifique du trouble des conduites, on constate en revanche (…) des auteurs ont montré que… »
La seule et unique note en bas de page est celle-ci : « 1. Lombroso C. L’homme criminel (criminel né-fou moral-épileptique). Félix Alcan, Paris, 1887 (1876) »

Sur base d’obscures études anglo-saxonnes, et de théories criminologique du XIXeme siècle, les experts définissent les troubles de conduites comme suit : « trouble anxieux, trouble de l’humeur, trouble lié à la consommation abusive de substances psychoactives ou encore trouble des apprentissages. »
Si on ajoute le traditionnel comportement hyperactif (en tête de liste) un enfant qui court, crie, regarde par la fenêtre ou joue avec des jouets « antisociaux » exprime de troubles de conduites qu’il faut soigner. On pourrait croire que l’ensemble de la population présente des comportements anti-sociaux. Mais le rapport reste très rassurant : « La prévalence du trouble des conduites est de 5 à 9 % chez les garçons de 15 ans en population générale » (c’est une tête de chapitre)

les troubles dépendent aussi des parents : « comportements antisociaux des parents pendant leur adolescence, le jeune âge de la mère à la naissance de son premier enfant, le faible niveau de scolarité de la mère, la consommation de tabac par la mère pendant la grossesse, la discorde familiale, la pauvreté, les comportements coercitifs des parents à l’égard de l’enfant. » le taux d’héritabilité génétique des troubles de comportements est de 50% on ne sait pas si le rapport se base, pour ce taux, sur « certaines études » menées en Allemagne dans les années 40 mais on peut se poser la question. Si la perspective d’un élevage d’humain génétiquement modifié dans une ferme raélienne d’Amérique du sud n’est pas non plus explicitement envisagée elle est à la limite du sou entendu.

Le rapport insiste par ailleurs beaucoup sur les notions de « déviance à la norme sociale », « comportements antisociaux » ou « retrait social »(la personnalité antisociale est définie ainsi : « mode général de mépris et de transgression des droits d’autrui à partir de l’âge de 15 ans »)et sur la nécessité de les dépister dès la grossesse et de les traiter à partir de 36 mois.
Effectivement, si on avait placé Trust et noir désir sous antidépresseurs dès 15 ans, on vivrait aujourd’hui dans une société plus saine et tellement plus propre…
Parmi les autres termes effrayants du rapport on pourra relever avec délectation: « index de moralité affective » « anxiété anticipatoire » « excitabilité exploratoire » « hostilité interpersonnelle » ou « froideur affective »… Mauvaise traduction de l’américain ou volonté réelle de déclencher une paranoïa collective ? Seul Sarkozy pourrait répondre à ce genre de questions.

Mais en fait, pourquoi ? Cataloguer 5 à 9% des enfants et adolescents comme déviants sociaux et futurs fauteurs de trouble est évidemment un crime contre l’humanité ou en tout cas, son préliminaire. La question est : A qui profite le crime ? Quel est l’intérêt pour Sarkozy (nommons-le puisqu’il préconise lui-même, dans ses vœux à la presse du 12 janvier 2006, « La détection précoce à l'école des troubles du comportement. Toutes les études prouvent le lien entre ces troubles, le plus souvent dus à l'environnement de l'enfant du reste et la délinquance. Pour cette raison et pour l'épanouissement de l'enfant, il faut donc détecter les troubles et les soigner. ») Quel intérêt donc, de mettre 5 à 9% de la population des 3-17 ans en prison ? Aucun, bien sur, Sarkozy et les lobbys qui ont pondus ce rapport ne veulent absolument pas mettre les futurs délinquants en prison mais les faire rentrer dans un système très élaboré de détection, prise en charge et rééducation sociale.
« Les traitements qui apparaissent les plus efficaces selon les études contrôlées réalisées dans les pays anglosaxons et aux États-Unis sont fondés sur la prise en charge de la globalité de la famille du jeune présentant un trouble des conduites. » Ainsi, c’est 5 à 9% des enfants mais aussi des familles qu’on pourra rééduquer. En termes de part de marché, on comprendra que 5 à 9% des familles française inclues dans ces programme c’est énorme. Car ce sera bien évidemment à des structures para-psychanalitiques privée qu’on confiera la mise en place des programmes qu’ils onte eux-mêmes dévellopés.

Mais ces programmes vont bien au-delà de la simple prise en charge de 5 à 9% de la jeunesse. Le « Functional Family Therapy » se déroule en trois phases (description p.31 du rapport). « La troisième phase dite de « généralisation » vise à étendre ou élargir les changements interactionnels positifs obtenus dans la famille aux relations avec d’autres systèmes communautaires, de santé mentale, ou encore avec les autorités de justice. » Le programme FFT offre donc, à ceux qui en auront la charge, une entrée dans le domaine de la santé mentale et de la justice.
A associer avec un autre programme : « MST (Multisystemic Therapy) » qui « s’appuient sur une évaluation précise des milieux dans lesquels vit et évolue le jeune (famille, établissement scolaire, cercle des copains, voisinage, quartier d’habitation) (…)Le programme est réalisé par une équipe de 3-4 thérapeutes formés, étroitement supervisés et pouvant intervenir 24h/24, sept jours sur sept. La durée du programme varie de trois à cinq mois en moyenne ; ce programme représente environ une soixantaine d’heures d’interventions directes, auprès de la famille et du jeune essentiellement, mais aussi auprès du réseau social. Il est très important d’établir une relation de collaboration entre les parents et les enseignants. » Du pain béni pour Sarkozy qui peut compter sur des psys-flics pour surveiller 24h/24 et 7j/7 5 à 9% des familles française. Pour ceux qui auront la charge du programme la part de marché  passe de 5 à 9% des familles à 5 à 9% des amis, voisins, et enseignants.
Autre programme : le « Treatement foster care ». Placer les futurs délinquants dans des familles d’accueil, en plaçant les deux familles dans un programme de « guidance parentale (…)avec un encadrement par une équipe composée de thérapeutes et d’un superviseur expérimenté à temps plein. » On parle désormais de 10 à 18% des familles française et des enseignants placés sous contrôle psy par des groupes privés amis de Sarkozy

« Un traitement pharmacologique peut intervenir en deuxième intention» titre le chapitre p.33, histoire de ne pas oublier que certains laboratoires pharmaceutiques ont, eux aussi, des intérêts à faire valoir.
Accorder la « deuxième intention » à des groupes pharmaceutiques ça permet en plus de se mettre dans la poche des lobbys ultra puissants et internationaux.  

Toujours plus loin : « Le modèle animal peut compléter l’étude des comportements associés au trouble des conduites » Autre tête de chapitre, qui se conclue ainsi : « Ce domaine d’exploration peut ouvrir des voies pharmacologiques nouvelles pour le traitement du trouble des conduites. »  On allait quand même pas penser aux laboratoires en oubliant la recherche.

Le rapport est miné de petites phrases insistant sur les lacunes de la recherche ou des études françaises dans tel ou tel domaine de thérapies comportementales.
Ce n’est bien sur pas anodin : orienter la recherche dans ces domaines, la faire financer sur fonds publics et, à plus long terme, offrir à certains laboratoires des cobayes humains une fois ouverte les « voies pharmacologiques nouvelles ».
Les « recommandations » de l’étude expriment clairement en fin de rapport, l’importance à accorder à la recherche de nouvelles molécules « en particulier chez des souris mutantes » toutefois sans préciser si on doit financer ce genre d’expérimentation ou simplement les encourager.

Dans la dernière partie, la plus édifiante, on quitte enfin les statistiques pour passer aux « recommandations » :
« Former et informer ». Les familles bien sur mais aussi les professeurs. Pas question ici d’étaler de grandes et obscures conclusions scientifiques. Former et informer, c’est simplifier à l’extrême et élargir d’autant le cercle des enfants dépistables non plus sur des critères pseudo-scientifiques mais sur l’inquiétude des parents et des professeurs face à « L’absentéisme, les incivilités à l’école et les situations d’échec scolaire [qui] ont été reliés au trouble des conduites. »
Prise en charge et surveillance de tout les adolescents présentant des « trouble oppositionnel avec provocation, trouble déficit de l’attention/ hyperactivité… » Ou encore ayant fait une tentative de suicide ou usant de substances psycho-active. 

Ce n’est plus de 10 à 18% qu’on pense. En additionnant  les statistiques et l’inquiétude des parents, on arrive facilement à 99,99% des adolescents. C’est l’ensemble des fonds de classe français et des adolescents, ainsi que tous les professeurs ayant des élèves en échec scolaires, qu’on entend soumettre à ces programmes.  

Concernant le dépistage : « Les examens de santé en France se déroulent depuis la grossesse jusqu’à l’adolescence avec des bilans systématiques pour l’enfant (8e jour, 9 mois, 24 mois, 5-6 ans). Ces examens devraient permettre de repérer des signes d’appel de trouble des conduites chez les enfants et également d’identifier des facteurs de risque familiaux ou environnementaux très précocement, voire dès la grossesse. » On touche donc l’ensemble des généralistes, gynécologues, et sages-femmes en passant par la prise en charge de la grossesse. Sensibilisation des éducateurs, et puéricultrice puis professeurs et enseignants, médecins et infirmières scolaires, chargés de dépister les futurs délinquants sur base de questionnaires. On peut raisonnablement penser que ces questionnaires seront une déclinaison évidente d’autres « tests de la personnalité » biens connus de Tom Cruise et traînant peut-être encore dans un tiroir du président de l’UMP depuis sa rencontre avec l’acteur en août 2004.

Au-delà du dépistage et du traitement, il faut aussi de la prévention. Et là c’est l’ensemble de la population, et des structures scolaires et médicales qui prennent en charge des enfants et adolescents qui sont visées : sensibilisation, démarchage à domicile des parents, stage de formation du personnel etc. Essentiel pour abolir toute opposition de la société aux programmes et aux groupes qui en auront l’application.
Car le rapport entend récupérer l’ensemble du réseau français existant de « de services aux jeunes enfants et à leur famille (services de PMI, crèches, écoles maternelles…) (…) [qui] pourraient être des lieux appropriés pour ces programmes. »

On recommande aussi « d’informer les familles sur les effets potentiellement néfastes des spectacles télévisés ou des jeux vidéo véhiculant un contenu violent » Ce qui offre aux groupes chargés des programmes et à Sarkozy, un excellent moyen de censure. A noter aussi que les groupes chargés des programmes ont largement les moyens financiers, humains et structurels de développer leurs propres jeux vidéo et spectacles télévisés histoire de mieux formater les jeunes esprits.
Formation des professionnels de Santé, et sensibilisation du secteur judiciaire sont aussi recommandés. En complément de la censure, on dispose donc d’un maillage social et d’un entrisme dans des secteurs clés de l’Etat : Santé, Education, Justice, Famille et enfance sans oublier l’Intérieur, la surveillance, le dépistage de la délinquance ainsi que le ministre présidentiable en personne étant au cœur du système. Tout cela offert sur un plateau aux apôtres de thérapies comportementales, cognitives et autres développements personnels…

Le rapport établis aussi que les troubles sociaux apparaissent (comme par hasard) dans les familles les plus pauvres. On conçoit dès lors que ces programmes seront payés sur fonds publics, justice sociale oblige.
Et si l’on s’apercevait ensuite que les structures de prise en charge, payée sur fonds publics, étaient en fait liées à ce qu’on appelle des « nouvelles religions  » ? Infraction flagrante à la loi de 1905, comment fait-on ? Deux solutions : autoriser les nouvelles religions à obtenir le statut d’association cultuelle (et donc les reconnaître comme des religions comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis). Deuxième solution, réformer (ou abolir) la loi de 1905, c’est aussi dans les tiroirs de l’actuel ministre des cultes qui s’est même fendu d’un bouquin édifiant sur le sujet : « la république, la religion, l’espérance »

La pétition contre cette aberration est signable en ligne. A signer avant que notre république laïque ne devienne un modèle totalitaire  dirigé par le gourou comportementaliste sous la houlette orwellienne du président de l’UMP car après, la seule et unique option sera la voie révolutionnaire ou l’exil.

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