L' antisémitisme
est mort
Le 21 janvier 2006, Ilan Halimi,
jeune citoyen de 23 ans est enlevé et séquestré
pendant trois semaines par le "gang des barbares" dans un
immeuble de la cité de la Pierre-Plate à Bagneux, dans
les Hauts-de-Seine.
Le 13 février il est
jeté dans le coffre d'une
voiture dont Youssouf Fofana, le chef du gang, prend le volant, direction
le bois du coin. Ilan sera retrouvé au petit matin par des
passants après s'être traîné jusqu'à
une voie de chemin de fer. Battu, menotté, nu, brûlé
à 80%, il saigne encore de deux coups de couteaux (non mortels)
au niveau de la gorge.
Le lendemain, la police diffuse
le portrait robot d'une jeune femme ayant servi d'appât pour
l'enlèvement. Reconnue par ses proches, la fille se rend deux
jours plus tard donnant lieu au premier coup de filet de la police
qui commence l'enquête et le démantèlement du
"gang des barbares"
Ah, oui, un petit détail
encore... Rien de bien méchant, juste comme une précision:
en fait, Ilan, c'était un juif...
Le motif crapuleux
Les ravisseurs ne sont pas des antisémites: ils ont agis pour
l'argent, le nerf de la guerre. Ils ont simplement pris pour cible
ceux qui en ont toujours eu: les juifs. Ils ont pris pour cible ceux
qui payent: les juifs. Ceux qui contrôlent les médias
et les politiques en sous-mains: les juifs.
Un juif a de l'argent, c'est un fait. Même un juif qui travaille
dans une boutique de portable avec une mère femme de ménage,
il a forcément de l'argent. 450 000 euros d'abord mais les
juifs savent négocier et on rabaisse jusqu'à 5000 euros.
Décidément ces juifs sont bien proches de leurs sous.
Effrayés, paniqués, les pauvres ravisseurs ne savent
pas comment récupérer la rançon sans se faire
prendre. Les images d'otages irakiens avaient servi de modèle
pour demander la rancon mais comme les ravisseurs se font toujours
prendre à la télé, du coup, aucun technique vraiment
fiable. Ils décident alors d'effacer les traces et Ilan avec.
Là encore, les amateurs sont mal renseignés. Un corps
humain ne peu brûler qu'avec du combustible lent (bois, four,
charbon...) mais les liquides inflammables (essence, white spirit)
ne brulent qu'en surface...
Le gang s'effrite, chacun, le forfait achevé, se
glissant doucement dans la peau de son préjugé raciste:
le noir cours (vite) se réfugier en Côte d'Ivoire, la
blonde craque (quelle conne), se livre à la police et le portugais
(le "gentil" de la bande) avoue et lâche les noms
de tout le monde, dont l'arabe qui vendait de la drogue.
On comprend que le FN et de Villiers aient absolument tenus à
manifester dimanche.
L'antisémitisme par amalgame
«La vérité, c'est que ces voyous
ont d'abord agi pour des motifs crapuleux et sordides, l'argent, mais
qu'ils avaient la conviction, entre guillemets, que "les juifs
ont de l'argent" et que si ceux qu'ils enlevaient n'avaient pas
d'argent, sa famille et sa communauté seraient solidaires.
Cela s'appelle de l'antisémitisme par de l'amalgame.»
Ainsi
jugeait le crime, Nicolas Sarkozy, le mardi 21 fevrier 2006, devant
les députés de l'assemblée nationale.
Bravo, Nicolas: c'est bel et bien de l'antisémitisme qu'il
s'agit.
Grande question: où a-t-il trouvé "l'amalgame"?
La réponse est bien sur dans son cerveau:
Nicolas se sent solidaire de la communauté juive: de par ses
origines tout d'abord, mais aussi parce qu'il a calculé qu'en
additionnant le "vote juif", le "vote musulman"
("j'ai créer l'Islam de France") et le vote FN (pas
de guillemets pour celui là), il serait vainqueur en 2007.
Nicolas se sent juif donc, et il est là l'amalgame: Nicolas
aime l'argent et le pouvoir. Nicolas contrôle les médias
en sous mains (et
conseille Elkabbash sur le recrutement de ses journalistes). Nicolas
tire les ficelles dans l'ombre (ou en tout cas, il aimerait bien).
Nicolas est fourbe et il a un grand nez crochu. Nicolas aimerait bien
chasser les arabes de France comme Israël l'a fait en Palestine.
Dans l'esprit de Nicolas, donc, les ravisseurs, des jeunes des banlieues
ont fait un "amalgame" en enlevant un juif et en lui reprochant
"par amalgame" tout ce que Nicolas incarne dans la réalité
pleine et entière de sa ligne politique.
Ils ont confondus
juifs riches et juifs pauvres
Amalgame: le gang des barbares a cru que parce que certains juifs
étaient riches, tous les juifs l'étaient.
Cette explication des propos de ministre ne tiens pas pour deux raisons:
L'une est que ces propos sont immondes en tous points: quel que soit
le motif, crapuleux ou antisémite, on n'explique pas un tel
crime. Il aurait été immonde commis sur un "juif
riche" ou sur un "arabe riche" ou même sur un
"ministre de l'intérieur, juif, noir, beur ou hongrois".
Aucun amalgame, l'antisémitisme c'est l'antisémitisme.
L'amalgame, c'est le travail des politiques, si Sarkozy fait mal son
travail, ce n'est pas une raison pour essayer de justifier "par
amalgame" les tréfonds de son âme.
L'autre raison c'est que le gang s'en est bel et bien pris à
des juifs riches (la
liste et le détail des affaires précédentes ici):
MM Rony Brauman, ex-président de médecin sans frontière,
Me Joseph Cohen-Sabban, avocat parisien, les PDG des magasins BUT
et des montres Rollex... Tout ces gens avaient reçus des cassettes
de gugus cagoulés en armes lançant des cocktails molotovs
sur leurs villas. La bande brouillait les pistes en se faisant passer
pour des nationalistes corses (armata corsa).
La deuxième affaire est celle du chantage aux médecins
(juifs): demande de paiement, envois de balles dans des enveloppes,
photographies de cagoulés devant le domicile des cibles et
même un attentat raté le 22 mai 2005 dans l'immeuble
d'un médecin rue de Passy.
Au regard de l'incompétence de la bande et de leur profonde
imbécillité, on comprend que la piste des nationalistes
corse ait pu paraître crédible.
Ils sont antisémites
"Ils sont antisémites"; "Ils s'en prennent aux
juifs parce qu'ils sont juifs" entend-on.
C'est faux, ce sont des cons:
«La dimension confessionnelle n'est pas inexistante, mais
si on leur avait dit que les martiens étaient riches, ils auraient
enlevé un martien», explique
un enquêteur.
Jean-Claude Marin, procureur de la République a expliqué,
avec précaution, que «certaines personnes ont pu
dire, de manière indirecte, que le choix d'un juif garantissait
le paiement de la rançon. Le juge a donc considéré
qu'il y avait éventuellement là un mobile antisémite.
Mais nous sommes vraiment (avec ce groupe) dans le degré
zéro de la pensée».
Toujours pas d'antisémitisme donc: s'en prendre à quelqu'un
parce qu'il est juif, c'est de l'antisémitisme, s'en prendre
à un juif parce qu'"ils ont de l'argent" ça
reste ce que ça a toujours été: de la bêtise
sous sa forme la plus pure.
Les barbares sont-ils antisémites?
"Antisémitisme" le mot n'est pas si simple. Dire
que "tous les juifs ont de l'argent", c'est antisémite.
Ce slogan, l'un des plus vieux du monde, vise à faire réagir
les gens contre les juifs: pas parce qu'ils ont de l'argent mais parce
qu'ils sont juif. Le fait qu'ils aient de l'argent n'est là
que comme caution. L'argent ne vient pas de nulle part, c'est "notre"
argent, durement gagné, on va simplement le récupérer
en se défoulant un peu. En prétendant que "les
juifs ont de l'argent", les antisémites jouent sur la
jalousie et la rancoeur. Ils cherchent à diriger cette jalousie
contre le bouc émissaire classique. Le principe fondamental
de l'antisémitisme est que l'antisémite croit que le
juif le vole. Il pense que c'est "son" argent que détient
le juif, que c'est "son" pouvoir que les juifs s'accaparent
en se serrant les coudes. Il pense que toute sa misère et son
désespoir vient des juifs.
Le cas du gang des barbares est très différent. En fait,
c'est l'inverse absolu de l'antisémitisme. Ils ne veulent pas
"récupérer" l'argent que leur vole les juifs
mais bel et bien voler le juif "parce qu'il a de l'argent".
Ils ne pensent pas que les juifs se serrent les coudes pour acquérir
richesse et pouvoir mais qu'"ils paieront la rançon parce
qu'ils sont solidaires".
On entend aussi beaucoup qu'Ilan
aurait été torturé parce qu'il était juif:
c'est faux. Ilan a été torturé parce que ses
agresseurs sont des barbares.
En s'appelant ainsi, le gang se place de fait en dehors de l'humanité
et s'affranchit de toute morale. Ce n'est pas en cataloguant leur
victime en tant que juif que les agresseurs ont pu torturer, mais
c'est bel et bien en se cataloguant eux-mêmes comme des "barbares"
qu'ils ont pu s'affranchir de toute conscience.
L'antisémitisme vise à exclure le juif de l'humanité.
A le considérer comme un inférieur, comme un à
part, un infiltré, un sous-homme. A ce titre, l'antisémite
se donne le droit de torturer ou d'éliminer un homme parce
qu'il est juif. L'antisémite ne se sent pas barbare, il se
sent au contraire, bien plus pur et plus grandis de son acte.
Le gang des barbares, en choisissant cette dénomination fait
exactement l'inverse: ils s'infériorisent par rapport à
leur victime. Ils s'excluent eux-mêmes de l'humanité,
ne prétendent pas du tout se grandir en participant à
la pureté de la race ou à la justice en Palestine mais
assument pleinement le motif purement crapuleux. Ils n'ont agit que
pour l'argent, le motif le plus vil, et ne s'en cachent pas. L'antisémite,
lui, aurait dissimulé les raisons de son acte derrière
des excuses antisémites (ils nous volent; ils contrôlent
tout; ce que j'ai fait n'est pas grave, ce sont eux qui se victimisent
constamment etc.)
L'antisémite n'est jamais un barbare, il a "les mains
propres et la tête haute", il agit pour la pureté
de la race, pour le bien de la société, il vise à
éliminer la vermine juive pour le bien du monde. Au passage,
bien sur, s'il trouve de l'argent, il va le garder et s'en servir
pour une cause plus juste mais l'essence même de son combat
est la haine du juif. Ce n'est pas le cas du gang des barbares. Ils
ne haïssent pas le juif, ils haïssent l'homme. Ils agissent
pour eux, en criminels, par appât du gain et de l'argent sans
effort, pas du tout en libérateurs ou en bienfaiteurs de la
société.
L'antisémite est un homme civilisé et incarne la pureté,
la morale retrouvée, la justice. L'antisémite a besoin
de lois, de discours, de justification. Il se sent propre et certainement
pas criminel. Le barbare est exactement l'inverse: il incarne celui
qui n'a aucune morale, le criminel qui n'a pas besoin de loi, n'agit
que par barbarie et sans aucune conscience: aucun barbare ne peut
être antisémite et aucun antisémite n'acceptera
de se faire traiter de barbare.
Lâchez les mots
Le mot, antisémite, a eu beaucoup de mal à
sortir. Le ministre de l'intérieur est obligé d'y ajouter
sa définition, la composante antisémite du crime n'a
été examinée que très tard et l'évocation
du mot met tout le monde très mal à l'aise.
Peur du repli communautaire, peur que les juifs se serrent
les coudes pour se venger, peur que les musulmans ne soient pris pour
cible, peur que ces mêmes musulmans ne se serrent les coudes
et se défendent avant d'être attaqués.
Peur que les noirs ne se prennent la haine en boomerang à
cause des discours d'une certaine mauvaise blague que tout le monde
reconnaîtra.
Le 19 fevrier, le mot est lâché lors d'une manifestation
silencieuse. Il est lâché par les juifs eux-mêmes.
Et pas n'importe lesquels (car oui, les juifs ne sont pas tous pareils).
Le mot est lâché par la Ligue de Défense Juive
(une
idée de leurs idées ici), par Primo-Europe (leur
site est ici), par migdal, bref par tout ce que la communauté
juive de France compte de sionistes d'extrème droite. Tous
les juifs ne se ressemblent pas mais les juifs sont des humains comme
les autres avec leurs fachistes, leur bêtise haineuse et leur
extrême droite, de bons français quoi.
La
ligue de défense juive est un groupuscule d'extrême
droite interdit en Israël et classé terroriste aux Etats-Unis.
Bien évidemment, Sarkozy les soutient et ils soutiennent Sarkozy
(une
belle photo sur ce site).
Migdal est une association dont on pourra se faire une idée
rien qu'en regardant les
photos de leur page d'accueil.
Quand à Primo-europe, ce sont des modérés. Comme
en témoigne ce message sur leur site: "Primo n'a pas
publié et ne publiera pas les textes montrant une grande émotion,
mais contenant malgré tout des appels à la haine."
On regrette nous aussi cette horrible censure de l'émotion.
Le 19 fevrier, donc, "en silence" le mot crime antisémite
est lâché par ces gens là. Ils en profitent aussi
pour lâcher des slogans et le "justice pour Ilan"
devient "vengeance pour Ilan" dans la bouche d'une minorité
d'excités. Un automobiliste est agressé, débordements,
haine, communautarisme... (une
vidéo de la manif par le JT de France 3 en ligne ici)
Timide mais ferme
Le
20 fevrier, lors du dîner du CRIF (Conseil représentatif
des Institutions Juives de France), le président Roger Cukierman
interpelle le premier ministre au sujet d'Ilan Halimi: « Est-il
mort parce que juif ? (...) Vous devez la vérité
à notre pays ». On y est. Enfin le CRIF, autorité
suprême en matière de juif a autorisé l'emploi
du mot et, enfin, nous, citoyens de France, avons le droit de parler
d'antisémitisme.
Enfin, les associations (le MRAP, SOS Racisme, la LICRA) prennent
sur eux de dénoncer la barbarie et appellent à manifester
dimanche. Maintenant que l'on connaît l'origine de la victime,
nous pouvons dénoncer ce crime odieux. La barbarie était
immonde, désormais, elle est inacceptable.
Aucune association n'a dénoncé le crime avant de connaître
l'origine de la victime, aucun média n'a été
capable de placer cette affaire autrement qu'en fait-divers mais depuis
que la victime est juive, la cause est nationale et fait la une. Déjà
secoué par l'affaire des caricatures, certains journaux commencent
leur auto-critique (merci
notamment à Daniel Schneiderman pour son excellent article
dans libération)
A cause nationale, hommage nationale: notre République laïque
envoie donc toutes
sa classe politique prier à la synagogue. Que Dalil Boubaker,
recteur de la mosquée de Paris, et Msgr XXIII aillent dans
une synagogue, c'est normal. Que le Président de la République,
son épouse, la gauche, la droite, le centre, le président
de l'assemblée nationale, P.De Villier, et le premier ministre
aillent tous mettre une kippa en hommage national, c'est une insulte
ostensible à la laïcité républicaine.
Les juifs mettent mal à l'aise
Les juifs mettent mal à l'aise "par amalgame". L'antisémitisme
existe. Il rampe. Il se lève dès que l'on critique Israël.
Il hurle quand une
mythomane se fait agresser dans le RER D, il attaque en diffamation
dès qu'on dénonce le sionisme forcené des agités
d'extrême droite...
Mais lorsque l'antisémitisme est réellement là,
lorsqu'il montre son vrai visage et choisit Ilan Halimi pour lui extorquer
de l'argent, on doit attendre que le CRIF, à la suite de l'extrême
droite sioniste ait employé le mot pour se lever, dénoncer
et hommage national en kippa bleu blanc rouge.
Joseph Sitruck, grand rabbin de France invite à la synagogue
tous "les juifs et les non-juifs": mal à l'aise le
citoyen. Il ne sait pas trop où se placer.
Mal à l'aise quand il est juif aussi le citoyen. Quand cet
autre citoyen lui demande: "dis moi, toi qui est juif, qu'est-ce
que tu pense du conflit au proche-orient?" Le citoyen juif a
forcément un avis sur la question. Le citoyen normal éspère
que cet avis sera une condamnation de la politique Israélienne.
Il éspère aussi qu'avec cette condamnation il y aura
un "mais". Parce qu'il voudrait bien comprendre le citoyen
normal. Il voudrait en savoir plus sur ce conflit très complexe.
Alors il demande son avis à un juif. Il y aura forcément
un "mais". Puisque tous les juifs sont solidaires, on lui
donnera l'autre version. Celle du juif.
Quelle que soit la réponse du juif elle mettra mal à
l'aise. Le citoyen fera "ah..." et changera de sujet. Trop
polémique. "Ah, tu condamne? Zut, ce n'est pas la réponse
juive que j'attendais"; "Ah, tu est d'accord avec Israël,
ton pays, zut, je ne pourrais pas discuter avec toi..."
Il est mal à l'aise le citoyen non-juif, d'avoir posé
cette question. D'avoir cru que tous les juifs soutenaient Israël.
Ca à le bruit et l'odeur de l'antisémitisme, ça
a la couleur et le goût de l'antisémistisme et pourtant
ça ne peut pas en être. Le CRIF, représentant
officiel des juifs, soutient Israël. Son président Cukierman
annoncait
fièrement en septembre 2001 à Haaretz : "Lorsque
Sharon est venu en France, je lui ai dit qu'il doit absolument mettre
en place un ministère de la propagande, comme Goebbels."
Un juif qui dit ça, ce n'est donc pas de l'antisémitisme.
Ca ne peut pas en être puisque le CRIF est toujours le premier
à dénoncer l'antisémitisme. Le CRIF soutient
Le Pen et respecte Goebbels. Il invite de Villier à la synagogue
pour l'hommage national et regrette que ce raciste notoire ait été
expulsé de la manifestation de dimanche.
Les juifs seraient-ils des racistes?
L'antisémitisme est mort le 10 mai 1948.
Les sionistes ne combattent pas l'antisémitisme, ils l'utilisent.
Les juifs se serrent les coudes: tout juif doit donc être solidaire
d'Israël. Qu'un acte antisémite soit commis et on appelle
des citoyens français à émigrer en masse vers
Israël, leur "vraie" patrie.
Antisémitisme lis-t-on dans la presse, et on offre aux sionistes
la même tribune que celle offerte aux islamistes lors des caricatures.
Les islamistes représentent les musulmans et leur discours
est antisémite. Les sionistes représentent les juifs
et leur discours est antisémite. Les médias sont probablement
encore les pires. Lâches et honteux, aucun n'ose faire la différence
entre un juif et un sioniste. Ils prolongent l'amalgame car oser c'est
dire qu'un juif n'est pas un sioniste et on vous traitera d'antisémite.
Les médias se soumettent donc, pas aux juifs mais bel et bien
aux sionistes et à leurs amalgames.
Qu'un juif ose se prononcer contre Israël, ses coreligionnaires
si solidaires le traiteront de lâche et de traître. Que
Sharon ose démanteler des colonies, on le traite de Nazi sans
aucun état d'âme.
L'antisémitisme est mort le jour où des juifs sont devenus
antisémites et fiers de l'être. Le jour où des
juifs, prétendant combattre l'antisémitisme ont construits
leur propre clôture de sécurité, avec des miradors
juifs, ont déplacés des populations avec des bergers
allemands juifs, ont volé "ce qui leur revenait bibliquement"
à d'autres être humains non-juifs. Ce jour où
on a retiré à l'humanité la culpabilité
et la responsabilité de la Shoah pour en faire la justification
d'Israël.
Ce jour c'était le 10 mai 1948. David Ben Gourion, le président
de l'Organisation juive pour la Palestine, annonçait la création
de l'Etat d'Israël, en déclarant : "La Shoah,
qui a englouti des millions de Juifs en Europe, a démontré
une fois encore l'urgence de la reconstitution d'un Etat, qui résoudrait
le problème des Juifs sans patrie en ouvrant ses portes à
tous les Juifs et en élevant le peuple juif à un niveau
d'égalité dans la famille des nations."
Ce jour, les juifs perdaient leurs patries et gagnaient un Etat. A
égalité dans la famille des nations, ils gagnaient une
armée, des guerres préventives, la colonisation, l'arme
nucléaire et le droit de décider qui était juif
et qui ne l'était pas.
Ce jour, être juif est devenu soutenir Israël et tout ceux
qui condamne sont les antisémites, juifs compris.
Et lorsque l'antisémitisme ressort... Pas l'antisionisme, pas
la critique d'Israël, mais l'antisémitisme, le vrai, la
haine du juif parce que juif: il met tout le monde mal à l'aise.
Les sionistes doivent à tout pris le
rapprocher du proche-orient. Ils doivent à tout prix faire
le parallèle entre Dieudonné et Fofana, tous deux noirs,
tous deux antisémite. Soutenir de Villier quand il remet la
faute sur "l'immigration (musulmane) incontrolée"
relier l'antisémitisme des banlieues avec la seconde intifada.
Quel bonheur que Dieudonné
existe. Il propage exactement l'antisémitisme que veulent les
sionistes. Il donne une réalité à tous les amalgames
et une vérité aux sionistes qui les propagent. Sa
réaction sur les évènements comporte bien
sur un petit appel à la haine: "(...) si quelque chose
devrait arriver à monsieur Mbala Mbala Dieudonné concernant
son intégrité physique, nous serions obligés
d’apporter par tous les moyens une riposte à la mesure
de cet acte."
Tous otages
Citoyens, nous sommes tous otages. Des sionistes d'un côté,
des Dieudonné de l'autre. De nos politiques qui vont à
la synagogue, du CRIF qui fait le lien entre antisémitisme
refus de cautionner Israël, des droites extrêmes qui récupèrent
un acte barbare pour appeler à en commettre d'autres. Des appels
à la haine et des fachismes qui s'alimentent entre eux, s'écoutent
et se répondent, qui se courtisent avec des roses sur la tombe
d'Ilan...
Tous antisémites, tous antisionistes, tous fachistes, tous
islamophobes, tous vengeurs, tous meurtriers d'Ilan, tous Sarkozy,
tous Dieudonné, tous ensemble dans la haine et le racisme...
Otage d'un coté comme de l'autre, obligé de choisir
son racisme et sa haine. Le choix est là, faites votre marché
selon vos origines: blanc, noir, hallal, kasher ou karsher, la haine
respecte toutes les religions.
Raz le bol
La manifestation de dimanche était un formidable exemple de
réaction citoyenne. Les citoyens ont dénoncés
tous les preneurs d'otages. Ceux d'Ilan comme les autres. Les extrémistes
quels que soit leur confession, leur origine, ou leur couleur de peau.
Nous n'avons pas seulement dis non au racisme, à l'antisémitisme
et à la barbarie, nous avons dis non à tout ceux qui
essayent de la récupérer. L'écrasante majorité
des manifestants marchant en silence pour l'honneur de la république.
Pour ne pas laisser la condamnation de ce crime odieux à d'autres
voulant commettre les mêmes. Nous avons chassé le raciste
de la tête du cortège, nous avons, par notre écrasante
majorité, privé la ligue de défense juive et
autres de leurs slogans. Pas de vengeance, pas de haine. Pas d'Israël
a part dans la niaise fougue de gamins de 15 ans cherchant une rébellion
et une identité: cette manif était pure.
Ils ont tous essayé. Le FN, les sionistes, les Sarkozy, les
communautariste. Tous ont défilés avec les citoyens
cherchant à placer une haine par-ci par là... Ils ont
eu peur. Pour une fois, ce sont les pourritures qui ont eu peur des
citoyens. Le phénomène n'est pas nouveau, les pourritures
sont des lâches. Ils se tairont à chaque fois qu'ils
seront en minorité, c'est ce qui s'est passé dimanche.
Les citoyens, dans leur silence et leur respect ont bâillonnés
tout ces criards, leur haine, lâche, s'est abaissé devant
notre conscience silencieuse. Ils étaient là mais ils
n'ont pas osés.
Notre nombre a montré aussi à tous les lâches
de l'autre bord que le citoyen n'avait pas peur. Que le citoyen, pour
faire taire le racisme, se passait volontiers de la LCR et du MRAP.
Ceux là, si prompt d'habitude à porter la lutte anti-raciste,
ont eu peur des droites extrêmes. Nous pas. Ils sont restés
chez eux, nous pas. Si ils sont venus, c'est en citoyens, pas sous
un sigle. Les politiques ont fait pareils. Aucun candidat à
la présidentielle seulement des hommes contre la barbarie commise
par des hommes sur des hommes. Certains ont essayé d'entonner
l'hymne israélien devant la boutique où travaillait
Ilan, on leur a répondu, par la marseillaise, qu'Ilan était
un citoyen.
Aujourd'hui, les haines aphones tentent de se racheter une voix. De
Villiers
attaque en Justice S.O.S. Racisme, et Dieudonné, après
s'être terré dimanche dans son théâtre demande
des excuses pour avoir été associé à Fofana.
Oui monsieur Mbala Mbala, vous êtes associé à
Fofana. Les tracts qui ont circulés et les paroles idiotes
de Julien Dray ne représentent qu'eux. Les citoyens, en revanche,
ont tous pensé à vous. Tous ont attendu une ferme condamnation
de la barbarie par votre bouche, et ne voient aujourd'hui que des
demandes d'excuses minables et des menaces non assumées. Vous
n'êtes pas responsable de la mort d'Ilan, vous l'êtes
entièrement de ne pas l'avoir condamnée. Vous avez manifesté
avec les islamistes contre les caricatures, vous avez dénoncé,
avec eux, "l'insulte à l'Islam", mais vous refusez
de condamner le meurtre d'un homme uniquement parce que cet homme
était juif: vous êtes le plus lâche et le plus
écoeurant des racistes.
Dimanche, nous avons dis non à l'antisémitisme mais
le plus important, nous avons dit non à son instrumentalisation.
Personne n'a osé, dimanche, se prétendre plus qu'un
citoyen. Personne n'a osé dire autre chose que liberté,
égalité, fraternité.
A tout ceux qui hurlaient "Ilan était juif" nous
avons répondus "c'était un citoyen."
A tout nos politiques qui, le mardi disaient à la synagogue
"nous sommes tous juifs" nous avons répondu le dimanche,
jour du seigneur: "non messieurs, nous sommes des citoyens".
Et pour tous ceux qui disaient "vous êtes des électeurs";
"vous êtes antisémites"; "vous êtes
manipulés"; "vous êtes victimes du complot
judéo-sioniste" nous leur avons fait, en silence et en
majorité, la même réponse.
Et ils se sont tus.