e Blog de Magog

Ségolène Royal

Travail, Famille, Parti...

Ségolène Royal est en train de s'imposer, sous l'effet de cette magie qu'on appelle le bourrinage de crâne médiatique.
Suivant les nouveaux concepts politique sarkoziens, la technique peut se permettre d'oublier complêtement le programme pour le remplacer par des apparitions systématiques où le vent (le même qui semble souffler entre les deux oreilles de la présidente Poitou-Charentes) souffle en continue sur nos consciences.

Une sorte d'obsession en fait, on a l'impression que la dadame est la seule consistance du PS, la seule consistance de la gauche, la seule consistance de la femme politique, la seule consistance de l'alternative à Sarkozy etc. Et tout ça sans rien dire, ou alors en piochant dans les idées de ses petits camarades (UMP Comprise comme camarade) à droite à gauche, au centre...
A force de picorer comme ça, on risque de réellement la prendre pour une volaille.

Et même avec ça, la grippe aviaire semble malheureusement s'éloigner de plus en plus, laissant libres les dindes de courir, sauter, picorer, pondre et... se présenter en 2007.

Tous à droite

Quoi qu'on voudra en dire ou essayer de nous en faire penser, la droite de la gauche, c'est bel et bien la droite.
Utilisant la méthode Sarkozy (picorer chez Le Pen) la petite Ségolène applique les leçons du maître: aller chasser sur les terres de la droite classique avec frappes stratégique de mots clés, bombardements massif de sa tête dans les médias, attaques ciblées de sujets médiatiques et dommages collatéraux d'abrutissement total du débat politique.

La méthode n'a rien de nouveau dans le fond. Jospin, en son temps et avec les résultats brillantissimes qu'on lui connaît, avait déjà fait un sérieu virage à droite lors de la campagne de 2002. L'idée était la sécurité des Français. Avec une solution: des flics partout. Les gens avaient préféré l'original à la copie et le monsieur avait disparu d'un coup de baguette magique éléctorale.

La Ségolène, elle, ne fera pas les mêmes erreures. Proposer du sécuritaire aux Français, c'était idiot, mais la Ségolène, elle, femme, sait combien il est important de savoir s'habiller, se maquiller, se présenter et elle pense qu'il faut faire la même chose avec les idées.

Ainsi, on parlera de travail, de famille, d'ordre mais en les habillant un peu avec des notions qui font neuf: on dira par exemple "ordre juste" ordre pour la droite, juste pour la gauche. On achèvera les cerveaux des auditeurs avec une nouvelle bombe: "la sécurité durable." Toute la technique est dans le choix du mot-clé: Un mot-clé de droite pour montrer qu'on est ferme, rigoureux, réaliste et serieux, et un mot-clé de gauche pour montrer qu'on est idéaliste, utopiste, égalitaire, juste et qu'on se soucie du peuple. Le fond? C'est quoi ça le fond? Le bateau prend l'eau, pourquoi y'aurait besoin d'un fond?

On croira aussi en la discrimination positive, mais sans se mouiller: "Sur la discrimination positive, est-ce qu'il faut des quotas ? Ce peut être un grand sujet de débat national." Répond-elle niaisement à un Sarkozy trop content de voir se propager ses idées.

Pour la famille, c'est encore plus compliqué. C'est traditionnellement une valeure de droite, la famille, alors quand on est de gauche, on y va avec des pincettes: "La famille, c'est un père et une mère" assure-t-elle, prenant fait et cause contre cette homosexualité qui, comme on sait, si elle devait un jour pouvoir élever des enfants, mettrait fin à la propagation de la race humaine (grande perte, au demeurant).
Par contre, en soutien à Romano Prodi, le discours ça sera plutôt: "La droite parle de la famille. Tandis que la gauche parle des familles dans leur diversité, recomposées, homoparentales, homosexuelles." (Magnifique double discours relevé par Libération) Comme Sarkozy, on a le droit de dire une chose et son contraire en deux endroits différents de la planète et de penser des choses qui n'ont rien à voir avec ce qu'on dit ou qu'on prétend penser.

Ainsi, la gauche définit des valeures de droite: fourre-tout magnifique d'une voie tracée par notre nazillon local: à la fois prendre le gouvernail, souffler pour faire avancer le bateau, tout en sabordant son propre navire pour partir avec les canots de sauvetage.

Le combat d'une femme

En fait, Ségolène Royal est au combat des femmes ce que Dieudonné est au combat antiraciste.

L'idée est de démonter toute opposition à sa personne (et donc à ce qui en émane) avec un et unique argument: je suis une femme et vous êtes des machistes.
Ségolène n'a pas d'idée, joue le jeu de Sarkozy et donne raison, par son incarnation de la potiche, à tous les préjugés machistes qu'ont pu subir les femmes durant le cours de l'histoire. Si on ose le dire, on est machiste. Dieudonné ne fait pas autre chose. Il incarne le racisme le plus primaire et fachisant de notre début de siècle mais si on ose lui dire: nous sommes raciste puisque le monsieur est noir.

Ségolène est donc femme, autant que Dieudonné est noir et incarne, selon ce modèle les pires préjugés anti-féminins.

Prototype de la gourde qui ne sait pas de quoi elle est en train de parler et le dit haut et fort. "Je ne connait rien au sujet mais je vais demander à mes internautes s'ils ont pas des idées". A ceux qui lui oppose le fait de ne pas avoir de programme, la madame se défend par le droit de ne pas avoir réponse à tout. On pourrait penser qu'un programme politique est le minimum syndical que doive fournir un homme (ou une femme) politique: plus avec Ségolène. C'était bien la peine de lui payer des cours à l'ENA...

Elle sait aussi, en tant que femme, ayant bien appris ses leçons de machisme, que quand on a rien à dire, il vaut mieux se taire et sourire bêtement à la caméra. Le pire c'est que ça marche. La petite bête qui grimpe et grimpe encore dans les sondages. Elle n'en finit plus de s'envoler auprès de l'opinion publique, comme ces petits papillons d'un jour qui finissent épinglés à une planche de collectionneur...

Le sexe marketting, autre méthode bien apprise par Ségolène: On peut vendre baucoup mieux si le produit est présenté par une femme. Ségolène joue donc à fond la carte "regardez comme je suis belle !" pour proposer les idées des autres. Une femme, finalement, ce n'est qu'un trou destiné à être rempli. Ségolène instrumentalise au maximum cette immonde image, ancrée chez les deux sexes par des siècles de misogynie. Elle s'évertue à propager cette vision de la femme dans chacune de ses interventions: je suis un trou, remplissez-moi (en lien: l'exemple le plus criant de cette politique).

Incarnation de la "chieuse" surtout, et son meilleur credo. Genre celle qui va encore nous bassiner avec son couplet sur les femmes. Celui là est un des pires. Ségolène Royal est, en effet, l'incarnation absolu de l'argument machiste par excellence: "elle a ses règles alors elle nous fait chier avec le féminisme". La madame sait parfaitement user et abuser de cet argument: l'incarnant, elle oblige ses adversaires à lui envoyer cet argument dans la figure et les fait ainsi passer pour ce qu'ils sont: des machistes débiles et misogynes. Les restes du PS voyant ainsi leur virilité menacée, tombent dans le panneau à chaque fois. Tout le problème étant que celà nuit gravement au combat réel des femmes décrédibilisé et incarné en personne par la pire expression de la femme bête et soumise. Ca, bien sur elle ne s'en préoccupera pas, l'objectif c'est 2007.

Entre deux maux, il faut choisir le moindre

Et c'est là que tout se corse. De Sarkozy ou de Ségolène, lequel est le pire?

Question ardue: L'un est un nazillon avec en tête un projet totalitaire où un dictateur incarnerait le changement et le progrès au moyen d'une domination psycho-religieuse exercée sur la population et la surveillance à outrance de tous les citoyens. L'autre est... une coquille vide qui utilisera les mêmes méthodes que le premier si elle voit que ça marche.

Mais le combat n'est pas perdu d'avance. Il semblerait en effet que Ségolène Royal commence légèrement à agacer les médias, à force de montrer sa tête sans ouvrir la bouche sur un certains nombre de sujets.
Agacement des femmes du PS aussi qui commencent à en avoir marre de voir Ségolène couper court à toute critique et multiplier les passe-droits uniquement parce que le PS veut s'excuser de ne pas respecter la parité.

Agacement de tout le monde en fait de voir une potiche étaler l'image de la femme aux valeures chrétiennes, familiales, sécuritaire et réactionnaires. Agacement des hommes aussi, certains aimeraient bien pouvoir en placer une et engager un débat de fond sans qu'une harpie instrumentalise le droit des femmes pour faire une campagne à la Sarkozy. Agacement des médias enfin, qui commencent à en avoir marre d'être pris pour des cons: à chaque fois qu'ils l'interrogent, la potiche sourit bêtement, change de sujet et finit par dire qu'elle n'a jamais vraiment réfléchi à la question. Ils commencent à se rendre compte qu'ils sont en train de monter une sauce qui n'a désespérément aucun goût, quoi qu'on fasse. C'est lassant.

Ségolène Royal commence donc à lasser un petit peu, ses propositions étant en fait, les mêmes que Sarkozy maquillé en pseudo gauche conservatrice. Le problème, c'est que la madame arrive évidemment au mauvais moment: trop tôt (et trop vide) pour durer, mais assez tard (et avec assez d'apparences) pour eclipser toute autre personalité qui pourrait émerger d'ici à la présidentielle.

Notez, un Sarko-Ségo ça vaudra bien un Chirac-Le Pen mais ça aussi, le facho contre le vent, ça commence à lasser...

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