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Napoléon
Le Cépéheu: un combat à 33 centimes d'euros

Le Cépéheu déchaîne les passions depuis deux semaines: mobilisation étudiante, mobilisation lycéenne, manifestations, blocages de facs et de lycées...

Même la Sorbonne a eu droit à des saccages: occupation, lançé de pavés, affrontements entre les étudiants, les flics et l'extrême droite. On sent un vent... Joli moi de mars en perspéctive...

Quelle mobilisation, quelle énergie, débordante de la jeunesse, et contestation magnifique dans les bourgeons pas encore en fleur: des grands lycéens, des petits étudiants et le soleil d'un joli moi de mars.
Du pavé, du flic, lacrymo, fachos, rangeos, et sorbonne occupée... On se croirait presqu'en 68

Il reste donc environ 2 mois au mouvement pour trouver une cause crédible.

Le nerf de la guerre

C'est l'argent, on connaît. Pour le nerf de la révolution, ça serait plutôt la Cause.

Et là, il faut bien l'avouer, la cause est désépérément minable.
Autant la crise des banlieues de novembre était une mobilisation débile pour une vraie cause, autant là, c'est une vraie mobilisation pour une cause débile. Si tristement plate...

Le Cépéheu... Contestation Pathologique Endémique et ç'en est presque écoeurant de voir une mobilisation aussi belle et spontanée sur un débat aussi pauvre.

C'est quoi le Cépéheu?

C'est l'institution de la précarité pour les jeunes. Un cadeau aux patronat, légalise l'exploitation du stagiaire, Génération Précarité, on peut se faire virer pendant deux ans et sans raisons encore, le Cépéheu empêchera les jeunes d'avoir un logement ou un prêt.

C'est une solution, pas forcément la meilleur mais, au moins une tentative de mettre fin à la précarité des jeunes. Il faut essayer les solutions avant de les contester. Le Cépéheu introduit de la souplesse et de l'efficacité dans un marché du travail morose et qui toussotte.

L'absurdité du débat réside dans le fait que tous les arguments sont vrais et que le contrat n'a aucun intéret.

le Cépéheu (en détail par l'express), en lui même n'est malheuresement ni une bonne mesure, ni une mauvaise.
Oui la période d'éssai dure deux ans mais il y a accès à la DIF (Droit à la formation Individuelle) au bout d'un mois seulement (contre un an pour les autres contrats)
Oui les stages seront obligatoirement rémunérés mais l'obligation n'apparaît qu'au 4eme mois de stage (ce qui ne change donc absolument rien sur la question des stages. Villepin s'ammuse à rendre obligatoire une pratique existante).

Une mesurette sans intérêt pondue par la droite et qui ne fait que donner un cadre à ce qui existe déjà.

L'autre absurdité

C'est la faiblesse de mobilisation pour.

Villepin n'a aucun argument à part du "passer en force ça montrera notre détermination face au problème du chomage"

Le MEDEF soutient du bout de la langue, c'est sur que le coup de se payer un jeune en pouvant le renvoyer pendant deux ans sans raisons ça séduit...
Mais pas tant que ça, en fait. c'est un bon cadeau aux grosses entreprises mais les PME n'ont pas forcément la même logique.
Ca complique un peu plus le code du travail, c'est donc du boulot en plus pour un petit patron qui n'a pas un service de ressources humaines de 40 personnes. Ce n'est pas non plus forcément plus interessant qu'un CDD. Virer les gens sans raison c'est très gentil mais une PME qui cherche un employé (et trouver des compétences n'est pas si facile que ça) emploit un jeune, le forme, et l'introduit dans son entreprise n'a pas forcément envie de recommencer ça tout les deux ans.

Compliquer encore le code du travail n'incite pas non plus les jeunes entrepreneurs à se lancer dans l'aventure.

Quand aux banques, elles ont promis qu'elle ne feraient pas de "prêts Cépéheu" à taux prohibitif. Et on sait ce que vaut la parole d'une banque.

Il se croyait à Arcole mais il était à Waterloo

Le GPS du premier ministre a disjoncté

Le Cépéheu c'est son bébé. Telle une maman ours protegeant son petit, il ne veut surtout pas le faire passer ni à l'assemblée, ni devant les syndicats.

C'est donc tout crispé sur le sujet qu'il affronte la fougue toujours aussi virulente de François Hollande: "Votre intervention télévisée devait calmer les esprits, elle a déclenché la colère. Rien n'a changé (...) Vos petites ouvertures sont apparues comme des fermetures. Vous prenez le risque d'ouvrir un conflit long et lourd." On sent bien que la gauche a envie de s'engager.

La droite elle, commence à trouver que Villepin est un peu trop constipé. Soutient général oui mais c'est quand même ennuyeux de tous devoir aller dans le mur juste à cause d'un seul. Après les cents jours on voit poindre une morne plaine et la garde se rend mais surtout ne meurt pas, merde quoi, Sarkozy n'est pas Cambronne...

Et merde encore, plutot que de se rendre avant de mourir, la garde préfère encore se tirer une balle dans le pied avant de se rendre: "Solidarité avec le gouvernement et lucidité sur la situation politique. Unité sans crispation, fermeté sans rigidité" art admirable de la réthorique qui permet d'exprimer une chose et son contraire en une même phrase.

L'autre se croyait sur le pont d'Arcole "nous allons gagner la bataille pour l'emploi en avançant avec unité, détermination et volonté." Il a été applaudi"comme Juppé en 95" ironise le député UMP d'Indre-et-Loire, Hervé Novelli.
"Force est de constater que ce qui peut nuire au numéro 1 pourrait nuire au numéro 2, note Nadine Morano (Meurthe-et-Moselle). Nous sommes tous dans le même bateau, il faut ramer ensemble."

Rame, rame petite sarkozienne. Les sarkoziens adorent ramer en faisant des trous dans le bateau.

La contestation est politique!

Pire, elle serait même de gauche.

Etonnement de Nadine Morano: "Moi, j'ai regardé les défilés dans ma circonscription et j'ai noté qu'il y avait des militants socialistes", elle croit savoir que "l'Unef est proche du PS..."
C'est fou ce monde quand même. L'Unef... on aurait pourtant jamais cru ça

Bernard Accoyer, président du groupe parlementaire UMP, réalise tout juste que les manifestations sont organisé par "des syndicats très politisés et minoritaires" De mémoire de parlementaire de droite c'est bien la première fois qu'on entend parler de syndicats politisés organisant des manifestations.

Quand à Villepin, il dénonce les "encagoulés d'extrême gauche qui infiltrent les assemblées générales"
Incroyable. Ainsi, il y aurait bien des gens d'extrème gauche qui infiltrent les assemblées générales. Le phénomène est tellement nouveau qu'il faut absolument leur mettre des cagoules sur la tête (question de mode).

A croire que la gauche est tellement inéxistante qu'on croyait vraiment que ça n'éxistait plus.

Dans le lot, cependant, seul l'entourage de Sarkozy, ministre de l'intérieur relève que "La LCR et le syndicat SUD sont présents, mais comme chaque fois, ni plus ni moins." Quel bout en train ce Nicolas, il se garde pour lui tous les rapports des RG.
A u passage pour nos lecteurs journalistes, il serait grand temps de nous pondre un petit Watergate à la française histoire de soigner l'espionnite du ministre de l'Intérieur avant 2007.

Les jeunes en ont simplement marre de la droite

Phénomène tout neuf donc, la contestation politique.
En réalité, le mouvement relève plus de l'exaspération que d'une réelle hostilité au Cépéheu.

C'est amusant mais on a beau leur dire depuis le 21 avril, les politiques ne comprennent toujours pas.
Rebelotte au référundum du 29 mai, émeutes en novembre, saccage à la Sorbonne... Ca ne rentre toujours pas.

Il n'y a plus d'avenir dans ce pays, le Cépéheu est un symptome, les jeunes contestent en réalité l'avenir politique. Sarko? Ségolène? Le Pen? Quoi, Dieudonné?

Et bien non, la rue. Sous les pavés la plage, On ne revendique rien, on ne demande rien. On prend et on occupe. Eléction piège à cons: les murs ont la parole et nous serons tous des juifs allemands.

L'allumette a beau être pourrie, le feu prend quand même: On aura beau essayer de nous étouffer avec les débats politiques les plus minables, les mesures les plus ridicules et les lois les plus inutiles, la France restera fidèle à ses barricades.

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