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Très loin, très mou... A l'occasion de la présentation de ses voeux (on lui en souhaite tout pleins) Nicolas Sarkozy a fait la présentation de son programme, de son bilan, de sa vision du monde et de son projet politique. La crise des banlieues avait fait éclater les preuves de son incompétence sur le sujet de la sécurité (si, si! c'était lui le ministre de l'intérieur à ce moment là), le futur ex ministre (qui prévoit de partir en Janvier prochain) change de ton. Ainsi, on ne crache plus
sur le gouvernement mais on dit que son action est très bonne
et qu'il a su reprendre «des bonnes idées, d'où
qu'elles viennent». On ne dit plus "rupture"
mais qu' «Il ne me revient plus de le déclarer, mais
de l'expliquer.» Quand aux "racailles" et aux
"karshers", le monsieur s'est abstenu pour cette fois. "Cette année, on aime tout le monde" Ainsi résumait le fidèle lieutenant Brice Hortefeux. Chouette, une autre année d'amour... En fait de vouloir aimer tout le monde, Sarko se transforme de plus en plus en catin, suçant à tout va et gauche et droite et centre. Baisse d'impôts: «une stratégie de baisse des impôts ne peut être décidée qu'après une stratégie de baisse des dépenses.» Ca paraissait évident mais il fallait le dire. La grande inconnue c'est combien de temps il prévoit de s'en mettre plein les poches entre la réduction des dépenses et celle des impôts. Constitution européenne: «Nous devons établir à partir du texte initial de la Constitution européenne un texte plus court, fondé sur la première partie du traité et qui ait pour seul objet d'organiser le fonctionnement de l'Europe à 25.» Osant aller jusqu'à proposer que le texte ne soit voté la prochaine fois, que par les parlementaires. (C’était pourtant lui qui avait poussé pour le referendum). Le ministre arrive à tirer à la fois la majorité du non et la minorité du oui dans la même phrase. Sublime En vrac: l'expérimentation de l'autonomie dans trois universités, des exonérations de charges sociales pour les heures supplémentaires dans les entreprises, une loi sur un service minimum garanti dans les transports en commun et un plan pluriannuel de non remplacement de la moitié des fonctionnaires partant à la retraite, réécriture de l'article 4 de la loi sur la colonisation et même une petite lèche aux téléchargeurs et artistes: la «licence globale n'est pas une solution viable». Espérons
qu'après tant de fellations, il lui restera un peu de salive
pour 2007. Euh... Venant tout juste de réaliser que «de nombreuses propositions formulées par l'UMP ont été mises en oeuvre ou annoncées par le gouvernement et le président de la République, je m'en réjouis», le petit sarko n'a désormais plus rien à dire. Jugeant le président, Sarko considère que «L'énergie que l'on met à durer, on ne la met pas à faire.» L'inverse est malheuresement aussi vrai: sarko a dépensé beaucoup d'énergie pour "faire" depuis 2002 et n'en a plus aucune pour "durer" en 2006. Maintenant que toute la classe politique lui a piqué ses idées démagos et réacs, maintenant que son petit flirt avec l'extrême droite nous a valu 2 semaines d'émeutes, maintenant qu'il faut "expliquer" la rupture et plus seulement la prôner, sarko semble très ennuyer. Même le P.S., pour une fois, a réussit à déceler le total manque d'idée du président de l'U.M.P. Vous avez dit total? Pas tout à fait. En fait, le monsieur a été obligé de s'aventurer sur un terrain qu'il connaît mal: les institutions. Parmi ses propositions, on trouve des perles. Son président "doit exercer les responsabilités du pouvoir et personne d'autre", "le pouvoir doit être dans les mains de celui qui a été élu et non celui qui a été nommé", le chef de l'Etat, doit pouvoir "venir expliquer directement sa politique aux parlementaires" avec des débats sur la politique étrangère, la défense et la politique fédérale de l'Union. (euh, pardon, la politique européenne ndlr.) Sarkozy souhaite aussi que sénateurs et députés puissent adopter des «résolutions», sortes de voeux n'ayant pas force de loi (un peu comme l'ONU en fait) Le problème dans ce genre de régime, c'est que dès qu'il existe des trucs un peu gênant pour la démocratie (genre multipartisme, opposition, liberté d'expression, liberté de presse, séparation des pouvoirs, élection libres, résultats des votes à moins de 97%, etc.) ça a peu de chances de marcher. A noter aussi que si Sarko
n'a pas réussit à s'en sortir avec des gamins de 14
ans dans les banlieues, assumer le fauteuil de Staline risque de lui
créer de sérieux problèmes de couple. |