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caricature de Mahommet par Voltaire

Dessins, desseins, des saints et des seins: la liberté d'expression dans tous ses Etats

La polémique autour de l'affaire des caricatures du prophète est officiellement devenue, depuis ce week-end, une guerre.

Du boycott des produits danois et norvégiens, le monde musulman est passé aux émeutes et à l'incendie d'ambassades en Syrie, les émeutes libanaises ont aussi fait, au passage, un mort et une cinquantaine de blessés.

"Le monde musulman", '"L'Islam insultée", "Les musulmans, unanimes et indivisibles"... autant de grande généralités qu'affectionnent les médias.
Mais dans la réalité, les manifestations ne réunissent que quelques centaines de personnes, derniers remparts de systèmes totalitaires vieillissants.

Les médias, c'est quoi?

Le rôle des médias dans cette affaire est primordial. Ils sont notre ultime rempart dans le choc des civilisations qui s'annonce. Eux seuls peuvent défendre la liberté d'expression contre les attaques de cette religion totalitaire et agressive...

Et on aimerait bien les aider les médias, si seulement ils faisaient leur boulot.
Un boulot d'enquête, d'investigation, des colonnes qui nous retransmettent le plus fidèlement possible ce qui se passe réellement juste à coté de notre canapé. Qu'ils se posent des questions AVANT de trouver les réponses.
Ce n'est pas le cas.

Et il y en a des questions qu'ils pourraient se poser:
Qui? Qui instrumentalise et oriente cette haine? Qui proteste exactement?

Où? Comment? Pourquoi?
Messieurs, votre liberté d'expression ne tient qu'à ce prix. On ne pourra la défendre que tant que vous répondrez à ces questions.

Pour l'instant, après plusieurs mois de polémique danoise et deux semaines de polémique internationale, la seule réponse qu'on ait se résume au "choc des civilisations" et "l'Islam insultée"

Ca fait bien en première page avec de belles photos de drapeaux qui crament. Ca rappelle le 11 septembre et les prophéties de Paco Rabane. A quand la fin du monde messieurs? Qui sera le premier à avoir la une ultime de la fin de l'humanité? L'éditorial unique de toute l'histoire de la presse?

Nous n'en sommes pas passés bien loin ces derniers jours mais, bien vite, les médias, loin de réaliser l'immense étendue de leur connerie, ont aperçus où est-ce qu'elle était en train de les emmener.
Ils se rétractent donc derrière la "liberté d'expression" histoire de se planquer en seconde ligne et d'envoyer les affaires étrangères réparer les dégâts.

Bravo messieurs et encore merci de votre courage et de votre engagement à défendre le monde libre: c'est notre liberté d'expression à tous que vous livrez aujourd'hui en pâture aux religieux les plus rigoristes et rétrograde.

Naissance d'une polémique

Bien peu de journaux sont véritablement revenus sur l'origine de la polémique qui remonte à la genèse même des caricatures.

Kaare Bluitgen, auteur danois d'un livre sur la vie du prophète (destiné aux enfants) cherche à faire réaliser l'illustration de la couverture.
Et ce brave monsieur ne trouve personne pour s'attaquer à ce défi si anodin.

Pourquoi? Car dans ce petit royaume du Danemark, les artistes et auteurs sont menacés de morts par des fanatiques.
En novembre 2004, le cinéaste Theo van Gogh est égorgé en pleine rue par un jeune islamiste. Le court film de Theo (en ligne sur ce site) intitulé "submission" et dénonçant les mariages forcés ne plait pas du tout au jeune fanatique.
Pour information, les propos de l'assassin sont assez éclairants sur sa vision très personnelle de l'Islam: il déclarera à son procès le 2 février dernier: "Ceux qui affirment que Mahomet était pacifiste sont des menteurs et des incultes, (...) Il a usé de la violence et l'a prêchée."

En septembre, un quotidien danois relève le défi lancé par Karl Bluitgen. Le Jyllands-Posten demande à quarante caricaturistes d'illustrer le livre, pour vérifier si les caricaturistes allaient s'autocensurer. Le 30 septembre, le journal publie 12 dessins intitulés les douzes visages de Mahommet (en ligne ici).

A ce contexte particulier, s'ajoute celui du Danemark proprement dit: comme tout les pays d'Europe, le Danemark subit les assauts de l'extrême droite. Les dernières législatives de fevrier 2005 ont porté le Parti du Peuple Danois au rang de troisième force politique du Pays et la droite libérale de Rasmussen, le premier ministre actuel a fait ce que la droite fait dans tous les pays: elle pactise.

Le Jyllands Posten, qui flirtait dans l'entre deux guerres avec le fascisme et aujourd'hui avec les neo-conservateurs américains, est en fait lié avec le premier ministre Rasmussen. Ces liens ainsi que le soutien du premier ministre au Jyllands sont dénoncés par d'autres journaux danois (tel que Politiken, journal proche des sociaux-démocrates).
En fait, l'affaire émeut l'ensemble de la presse danoise qui s'accorde à dire que, même si la liberté de la presse et la liberté d'expression accordaient probablement au Jyllands-Posten le droit de publier de tels dessins, rien ne l'y obligeait. Et qu'il s'agissait avant tout d'un coup d'éclat publicitaire maladroit visant à faire parler du quotidien - ce qui a incontestablement réussi.

Le premier ministre Danois défend donc le Jyllands, dans un premier temps (en refusant de répondre aux protestations des ambassadeurs de pays musulmans) et le Jyllands, de son coté, flatte dans son éditorial du 31 décembre, l'"intransigeance" du Premier ministre et la manière dont il a fait face aux "attaques contre la démocratie et la liberté d'expression qui ont suivi la publication des dessins du prophète Mahomet"

Les islamistes savent faire la cuisine

La mayonnaise est une de leur spécialité. (une bonne chronologie des évènements par le nouvel-obs)

Un groupe: la Communauté Islamique de la foi (ouvertement islamique donc) prend les rênes de la contestation. Il demande le retrait des caricatures et des excuses officielles. Refus, bien sur, au nom de la sacro-sainte liberté d'expression.

Octobre rouge après septembre noir: les islamistes organisent des manifestations, d'autres lancent des menaces de morts contre le Jyllands, d'autres encore, menacent d'attentats le Danemark tout entier. La communauté islamique de la foi démarche les ambassades d'une douzaine de pays musulmans qui protestent officiellement auprès du premier ministre vers la mi-octobre. Il y a des oeufs, de la moutarde et de l'huile sur le feu.

Réponse officielle: on ne touche pas à la liberté d'expression, fondement de la démocratie. Dans nos grandes démocraties, la presse (d'extrême droite) est libre et indépendante. Et surtout, le pauvre Rasmussen est complètement coincé puisqu'il est obligé de condamner les menaces de mort: on ne cède pas devant les menaces terroristes.

L'affaire passe donc dans les pays musulmans début novembre. Sommet Islamique de la Mecque et ligue arabe, si les diplomaties musulmanes et danoises trouvent rapidement une fin à la crise début décembre, la presse européenne, libre, indépendante et évidemment en retard, enchaîne et un quotidien norvégien (magazinet) publie les caricatures (au nom de la liberté d'expression) et on repart pour un second tour.

Plus musclé

Encore plus musclé le second tour: l'Organisation de la Conférence Islamique condamne en ces termes: "En blessant profondément le cinquième de l'humanité, ces agissements islamophobes et peu judicieux vont au delà de la liberté d'expression ou de la presse. Ils violent les principes, valeurs et l'éthique internationaux contenus dans les diverses résolutions et déclarations des Nations unies", l'Union internationale des oulémas musulmans (qui justifiait en son temps les attentas du 11 septembre) appelle au boycott des produits danois.

Mais les chefs d'Etats et les gouvernements musulmans ne veulent surtout pas être en reste. Avoir l'air de se soumettre à l'occident là bas, c'est un peu comme avoir l'air de se soumettre aux islamistes ici...

Surenchère donc, ça permet aussi de détourner les opinions publiques de la déliquescence des régimes totalitaires dans le monde musulman.
Le parlement du Yemen exige des excuses. En Jordanie, il demande même le châtiement des caricaturistes, la Syrie demande au gouvernement Danois de punir les fautifs, un groupe armée irakien se propose de faire le boulot. l'Irak qui se met à la page en fin décembre: demande d'excuse et condamnation officielle du pays.

La diplomatie danoise multiplie les regrets et les excuses mais ça ne suffit plus: les ministres de l'intérieur des Etats-Arabes réunis à Tunis le 31 janvier demandent que le Danemark "sanctionne fermement" les caricaturistes.

En tant que "pays des droits de l'homme", on ne pouvait pas la rater. Le 1er février, c'est France-soir qui publie les caricatures au nom de...

la liberté d'expression...

Pourquoi le choc des civilisations?

Deux visions du monde s'affrontent effectivement dans cette crise:

D'un coté: l'occident. Démocraties en crise, subissants le populisme d'extrême droite qui utilise la peur de l'islam pour gagner des points. Modèle capitaliste aussi qui oblige certains journaux qui n'ont rien à dire à augmenter leur tirages à coup de polémique publicitaire (au nom de la liberté d'expression, bien entendu)

De l'autre coté, des dictatures arabes et musulmanes qui exhibent depuis 1967 la faillite de leurs systèmes politique. La seule opposition "tolérée" de ces régimes est la contestation islamiste puisqu'elle pose des bombes et assassine les dirigeants. Les dictatures du Proche-Orient font ce qu'elles ont toujours fait: téléguider des manifestations pour défouler leur opinion publique. Condamnées à la surenchère par l'opposition islamistes, les gouvernements sont obligés de jouer sur le même terrain: condamnations et menaces contre l'occident, ça réconcilie tout le monde.

La Syrie, cas d'école, en profite même pour essayer d'enflammer le Liban à coup d'émeutes (les chiffres des personnes arrêtées impliquées dans les émeutes de dimanche indiquent une majorité ecrasante de syriens.)

Mais les dictatures arabo-musulmanes montrent clairement des signes de faiblesse. Cas d'école toujours, et encore la Syrie: Damas, en essayant de s'opposer au nationalisme libanais n'en finis plus de perdre ses pions. Son implication trop visible dans les émeutes de dimanche a obligé le ministre de l'Interieur libanais (pro-syrien) à la démission et l'opposition anti-syrienne n'en finis plus de dénoncer les tentatives syriennes de ressusciter les tensions confessionnelles au Liban.

Mais si les gouvernements ont bien du mal à se mettre à la page, les islamistes, eux, règlent leurs montres.

Les islamistes lisent l'heure en Hébreux...

Les islamistes ont beau être extrêmement rétrogrades, ils savent lire l'heure et s'adaptent admirablement à l'occident. Ils apprivoisent le concept très occidental de liberté d'expression et nous le font manger avec une petite sauce de leur composition.

C'est dans cette optique que le plus fort tirage iranien (le quotidien Hamshahri) invite ses lecteurs à un concours de caricatures sur l'holocauste. Ceux qui croyaient que la "liberté d'expression" était exclusivement réservée à la presse occidentale risque d'être surpris du nombre de journaux islamistes qui publieront à leur tour les dessins "au nom de la liberté d'expression".
Celà dit, le concours offre une incroyable opportunité au rédac'chef de France Soir de récupérer son poste en publiant les dessins iraniens "au nom de la liberté d'expression".

La position des islamistes en occident même (Tariq Ramadan et sa clique de l'UOIF) est un cri unanime contre l'islamophobie. Ca permet de faire semblant d'unifier les musulmans mais surtout, ça utilise des arguments complètement occidentaux et de se donner en champions de l'anti-islamophobie.
Le MRAP mouvement laïque est tombé en plein dans le panneau et son président porte plainte contre France Soir pour insulte envers les musulmans.

En réalité, les islamistes jouent le même jeu que les sionistes. En se posant systématiquement en défenseurs de l'antisémitisme, les sionistes sont désormais les premiers à définir ce qui est antisémite et ce qui ne l'est pas. Ce qui est contraire au sionisme et à la politique d'Israël est systématiquement dénoncé comme antisémite par les voix sionistes.
Les islamistes ne font pas autre chose: tout ce qui est contre leur vision rigoriste et rétrograde de l'islam est et sera dénoncé comme islamophobe.

L'antisémitisme est condamné par nos lois pour les raisons historiques que tout le monde sait. Les sionistes n'ont de cesse d'essayer de faire condamner l'opposition à leur politique par le biais de la condamnation de l'antisémitisme. Si condamner l'antisémitisme était une restriction nécessaire à la liberté d'expression dans des pays qui sont allés très loin dans la matière, le détournement politique de ces lois par les sionistes a créé un précédent.

C'est ce précédent que les islamistes essayent d'enfoncer en portant sur un pied d'égalité antisémitisme et islamophobie (mot nouveau et introuvable dans le Larousse 2006)
Et ça marche: Bill Clinton le 31 janvier déclarait: "Vous savez en Europe que la plupart des batailles que nous avions menées durant les 50 dernières années étaient destinées à combattre les préjugés contre les juifs, à combattre l'antisémitisme. Et maintenant, que sommes-nous en train de faire ? Remplacer les préjugés antisémites par des préjugés anti-islamiques ? Lorsque les gens voient des informations qu'ils n'aiment pas, vont-ils s'en prendre à l'ensemble d'une religion, d'une foi, d'une région et d'un peuple?"

Remplacer les termes antisémite et antisioniste était un credo sioniste, remplacer les termes islamophobie et anti-terroriste (islamique) est le nouveau credo des islamiste.
Et ce n'est pas prêt de s'arrêter: les sionistes jouent le jeu des islamistes et veulent faire passer tous les musulmans et arabes pour des terroristes, le président iranien répond sur le même ton en insultant tous les juifs pour les exactions israéliennes.

Nous n'avons pas le droit de rire

Dans la réalité, qui est, rappelons le, différente de la propagande, les islamistes se foutent complètement de l'image du prophète. Si la représentation du prophète les dérangeait vraiment, laisser la polémique à l'échelle danoise aurait considérablement restreint la diffusion de cette image. Si véritablement représenter le prophète est une insulte à l'Islam, diffuser cette image relève alors du même délit.
Plus grave encore, publié à l'origine par des infidèles mais portée à la célébrité par des musulmans qui se disent meilleurs musulmans que les autres.

En fait c'est une seule caricature qui les dérange vraiment: celle de Mahommet avec un turban en forme de bombe allumée. Sur la bombe, est inscrit en caractère arabe la profession de foi que tout musulman doit prononcer (avec conviction et sincérité) pour embrasser l'Islam ("il n'y a de Dieu qu'Allah et Mahommet est son prophète").

Si la représentation du prophète (bien dessiné de surcroî) ainsi que l'inscription en arabe de la profession de foi sont clairement des insultes envers l'Islam dans son ensemble, la bombe, elle, est une insulte aux seuls islamistes.

Et ils n'apprécient pas du tout. Pas que le terrorisme soit associé au sacré, puisqu'ils s'évertuent à se faire sauter, répandre le sang et la mort au nom de l'Islam et a salir cette religion tous les vendredis en prononcant des fatwas de haine.
Non ce qui les dérange vraiment, c'est qu'on puisse en rire avec des caricatures.

Nous ne devons pas rire de la bombe, nous, infidèles, devons la craindre. Nous devons trembler devant leurs menaces, nous blottir contre Bush et Israël dès qu'un fanatique ouvre la bouche.

Et nous devons trembler devant l'Islam tout entier. L'image du prophète avec une bombe dans la tête ne les dérange pas, en fait elle leur plait beaucoup. Il faut la diffuser, la répandre, l'imprimer dans les esprits mais surtout pas avec humour. Nous devons imprimer cette image de façon très sérieuse. Surtout pas l'extérioriser par des dessins humoristiques mais la sacraliser. On ne doit pas la sacrifier comme une idole sur l'autel de la liberté d'expression mais bel et bien trembler et craindre pour nos vies tous les jours en l'imaginant plus terrifiante à chaque apparition de Ben Laden ou sbire.

Nous avons publiés cette image, ils se doivent de nous la renvoyer avec d'autres images de manifestations, d'émeutes, de drapeaux brûlés, d'ambassades saccagées de menaces de mort et des tirs de kalache en l'air.

Mauvaise presse

Faire trembler l'occident n'est pas la seule raison des protestations islamistes. En fait, vis à vis de nombreux musulmans, ils doivent corriger le tir et détourner au plus vite les masses d'une idée qui point depuis déjà longtemps dans les esprits des intellectuels arabes et musulmans.

L'insulte envers l'Islam n'a pas du tout été ressentie par les musulmans comme un effet de l'islamophobie occidentale comme voudraient nous le faire croire les islamistes. Les musulmans sont profondément choqués par la réalité de cette caricature: l'islam a réellement une bombe sur la tête.

L'insulte ne viens pas des Danois islamophobes mais directement des islamistes qui tuent au nom d'Allah et récitent le Coran en se faisant exploser. Les musulmans ne se sentent pas insultés mais profondément blessés par cette image de l'Islam. Les manifestations, qui ne réunissent que quelques centaines (quelques milliers tout au plus) de personnes, à la demande du pouvoir et dans des pays sans aucune liberté d'expression, ne représentent absolument pas la réelle colère des musulmans: on ne la connaîtra jamais puisque seuls les islamistes ont droit à la liberté d'expression.

Mais l'affaire des caricatures a entrouvert une porte. L’hebdomadaire jordanien Shihane a osé publier, le 2 février dernier, trois des caricatures danoises sous le titre "Musulmans du monde, soyez raisonnables", le rédacteur en chef se demande dans l'article: "Qu'est ce qui porte plus préjudice à l'islam, ces caricatures ou bien les images d'un preneur d'otage qui égorge sa victime devant les caméras, ou encore un kamikaze qui se fait exploser au milieu d'un mariage à Amman?" M. Momani avait affirmé à l'AFP avoir "publié volontairement ces caricatures pour que les gens sachent contre quoi ils se révoltent". Il a été licencié et arrêté ce samedi.

Une association d'intellectuels musulmans, l’Association du Manifeste des libertés, dénonce, elle aussi, les insultes faites à l'Islam par les rigoristes et les fondamentalistes. L'association publie une prise de position qui plaide clairement pour la liberté et contre le fondamentalisme et le rigorisme d'une minorité de fanatiques.

Les islamistes se doivent d'éteindre ce feu de critiques contre leur doctrine. Ils se doivent d'endormir les opinions musulmanes qui leur reprocheront d'être les réels auteurs de la caricature. Ils doivent à tout prix faire croire à l'occident qu'une insulte envers le terrorisme est une insulte envers l'Islam...

Et c'est dans ce combat que réapparaît...

La liberté d'expression...

Au nom de la liberté d'expression, les médias doivent être les relais de ces prises de positions. Pas seulement Charlie Hebdo ou Libération (les seuls pour l'instant) mais tous les médias. Au lieu de s'intéresser aux émeutes des fanatiques, aux discours de Sarkozy, de Tariq Ramadan, et des représentants d'autres obscurantismes, ils doivent, au nom de la liberté d'expression, la vraie, publier les prises de positions des intellectuels interdite dans le monde arabe.

Il y a 114 sourates dans le Coran mais seulement 12 visages de Mahommet dans la presse mondiale. 15 siècles de religion et de culture musulmane et seule la position des islamistes est relayée dans les médias.

Publier ces dessins "au nom de la défense de la liberté d'expression" était une énorme connerie doublée d'un mensonge réellement insultant autant pour nous que pour l'Islam. La liberté d'expression n'a été accordée, dans cette affaire qu'à l'extrême droite danoise et aux islamistes à qui on a donné un droit de réponse scandaleux (et unique) par rapport à leur représentation réelle.

La presse s'est foutue de la liberté d'expression autant que les islamistes se foutent de l'image du prophète. La seule et unique chose que la presse a défendu c'est son nombre de tirage: utiliser la peur de l'Islam, le populisme d'extrême droite et la basse polémique pour vendre à moindre frais.

Et des frais, pour la presse il n'y en a pas eu. A part peut-être les excuses officielles et le limogeage du rédac'chef de France Soir: les caricatures étaient gratuites et les dépèches AFP relayant les réactions téléguidés, en directe, du "monde musulman" aussi. Pas besoin non plus de se payer une investigation réelle ou une enquête sur le ressentis des français musulmans , on s'est contenté des positions "officielles" de l'UOIF et du CFCM.

Aujourd'hui cette presse lâche et honteuse se cache derrière des excuses et supplie la diplomatie de régler le problème. Et encore, leurs excuses ne vont qu'aux islamistes qui les ont menacés.

Si certains journaux (une revue de presse ici) commencent à peine à entrevoir que "la colère des foules est loin d'être aussi spontanée qu'on aimerait nous le faire croire" (Jacque Guillon dans la charente libre) les autres en sont encore à trouver que les réactions du "monde musulman" sont disproportionnées et qu'elles illustrent ce fameux "choc des civilisations". Cette expression digne de Bush ou de Paco Rabanne ne sert en fait qu'à illustrer le mépris total de la presse pour les l'Islam sans bombe et les arabes non terroristes.

Charlie-Hebdo, quasiment tout seul, tente de relever le niveau en publiant à son tour les caricatures mais cette fois ci avec la prise de position de l’Association du Manifeste des libertés. L'UOIF et le CFCM tente déjà d'empêcher la parution de l'exemplaire en assignant le journal en référé.

Mais déjà les rumeurs jadis si fortes de la "défense de la liberté d'expression" (au nom de laquelle il est bien plus honnête de défendre Shihane et Charlie-Hebdo que France-Soir ou Jyllands Posten) ce glorieux symbole de la démocratie et des droits de l'homme se confond en plates excuses.
Au moment où d'autres voix se font entendre, où il va falloir concilier la "liberté d'expression" avec des caricatures iraniennes sur l'holocauste, on assiste à une débandade générale de la presse qui s'enterre dans son petit trou occidental et se flagelle déjà pour ses offenses.

Brillante démonstration messieurs. Confessez-vous, pêcheurs, au nom de la liberté d'expression...

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