|
La banlieue française continue de cramer La France semble avoir perdue
sa glorieuse tradition coloniale. Les partisans de Laurent Gbagbo, l'ordure au pouvoir, s'en sont pris aux casques bleus (qui à défaut de servir à quelque chose arrivent quand même à faire office de défouloir) "Il y a eu quatre morts
et douze blessés lorsque des assaillants ont voulu investir
le camp des Bangladais. Certains d'entre eux avaient réussi
à monter sur des blindés. C'est à ce moment-là
que les casques bleus ont tiré à balles réelles",
a
affirmé une source militaire française. Téléguidés par le pouvoir Les manifestants protestent contre la décision du Groupe de travail international (GTI) chargé de suivre le processus de paix de ne pas prolonger le mandat de l'Assemblée nationale, dominée par les partisans du pouvoir, arrivé à expiration en décembre. Ils dénoncent une "atteinte à la souveraineté nationale". Curieux, il faudrait se mettre d'accord: soit le GTI intervient dans les affaires souveraines de Côte d'Ivoire et maintiens les ordures en place, soit il ne fait rien (principale qualité de l'ONU) et laisse les ordures d'en face prendre le pouvoir. «Nous demandons à tous les jeunes de descendre dans les rues pour exiger le départ des forces impartiales (les 7.000 Casques bleus et les 4.000 soldats français) et libérer totalement notre pays», a notamment déclaré le leader de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci), le plus puissant syndicat d'étudiants du pays, proche de M. Gbagbo. Histoire qu'il ne reste plus
que des forces partiales... En d'autres termes, laissez nous nous
égorger tranquille. Gbagbo s'en fout Quatre morts et seulement une douzaine de blessés (rajouter celui étranglé discrètement par des militaires français il y a quelques mois), Gbagbo s'en fout. Des noirs, il en a plein son pays et il a pris l'habitude de les faire descendre dans la rue quand il se sentait coincé. Il a aussi du cacao
plein les poches. Principale richesse du pays, le cacao montre
depuis quelques décennies, une certaine tendance à vouloir
absolument s'échapper en Suisse, pas sous forme de chocolat
mais sous forme de francs CFA. Mais que vient faire la France dans ce merdier? C'est vrai ça, où
est donc passé notre bon sens colonial? En fait la Côte d'Ivoire
représente le symbole de notre décolonisation "réussie".
Le "miracle ivoirien" est censé montré à
toute l'Afrique de l'Ouest à quel point la présence
française a développé le pays. Abandonner la
Côte d'Ivoire, c'est dire adieu à toute l'oeuvre française
post-coloniale, d'où la nécessité de "protéger
les ressortissants" avec du contingent français. Les
accords de Marcoussis prévoyaient un gouvernement de réconciliation
nationale. Gbagbo annonçait à leur signature: "Je
n'ai pas gagné la guerre, et c'est pour cela que je dois discuter,
faire des compromis. Je m'en vais dire aux Ivoiriens : je n'ai pas
gagné la guerre, il faut en tirer les conséquences." Mieux encore, il en profite pour bombarder accidentellement une base française faisant 9 morts parmi la force Licorne (et 94 africains mais comme il a respecté le quotat de conscience: 1 blanc pour 10 africains, tout le monde s'en fout.) En intervenant, la France
s'est mise à dos tout le monde. Gbagbo estime que la France
protège les rebelles et veut le renverser et les rebelles,
persuadés qu'ils marchaient sur Abidjan, accusent la France
de protéger Gbagbo. Le plus surprenant C'est que Gbagbo connaît
très bien les rebelles. Parmi les leaders politiques
rebelles, Guillaume Soro, secrétaire général
du principal mouvement rebelle (le MPCI), était précédemment
secrétaire d'un syndicat étudiant proche du FPI de Laurent
Gbagbo. Ca laisse présager de l'avenir: Gbagbo ne tiendra pas éternellement et d'autres, pareils, sont prêts à prendre la place. Comme ils sont tous issus des mêmes cercles, on peut bien se douter que leur mode de gouvernement ne sera pas franchement différent du précédent. Au mieux, si la France fait
son travail correctement, il y aura moins de morts et le cacao de
Côte d'Ivoire ira éponger la dette publique. Indirectement
en fait, il faut espérer que les entreprises françaises,
éprises de patriotisme, préféreront puiser dans
les caisses ivoiriennes plutôt que dans le budget de l'Etat. |