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Demain les mecs, on se fait l'Iran! Blague: Savez-vous pourquoi
le président iranien Ahmadinejad a toujours la raie sur le
coté? Ces génies de Téhéran
ont trouvés un truc diplomatique
absolument génial: encore bien mieux que de disposer de l'arme
nucléaire il suffit de dire qu'on va l'avoir pour obtenir les
mêmes effets et même bien plus. Les barbus illuminés au pouvoir se font donc plaisir en annonçant, la veille de la visite de Mohammed el Baradei, directeur de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, que l'Iran a réussi à enrichir de l'uranium. Les responsables iraniens affichent leur volonté de passer de 164 centrifugeuses à... 54 000. Mais comme très souvent depuis quelques années avec les armes de destructions massives: on en entend beaucoup parlé mais on n'est jamais sur qu'elles existent vraiment. On a une cascade! Ils ont une cascade, parait-il.
En fait c'est 164 centrifugeuses reliées entre elles (en cascade)
grâce auxquelles les Iraniens auraient réussis à
enrichir de l'uranium. 1) On extrait du minerai d'uranium. La teneur en Uranium du minerai est très faible en fait (1 à 5 kilo d'uranium pour une tonne de minerai), il va donc subir un raffinage pour le rendre pur à 75%. C'est une sorte de poudre jaune qu'on appelle le "yellow cake". (Bien penser à placer les usines de raffinage près des mines pour réduire les couts de transport). 2) Ca y est, on a donc de l'Uranium. Mais à l'etat naturel, l'Uranium ne compte que 0.7% d'Uranium 235 (c'est celui là qui est intéressant car le plus fissile qui permet de dégager une très grande quantité d'énergie par procédé de fission de l'atome) et 99,3% d'U238. Il faut donc séparer l'uranium en U235 et U238, c'est là qu'intervient ce fameux procédé qu'on appelle enrichissement de l'uranium. 3) En fait, l'U235 est
plus léger que l'U238. Une fois qu'on sait ça, on
dispose de deux méthodes: 4) Une fois qu'on sait faire ça, on sait tout faire. L'uranium enrichi en U235 à 3-5% peut être utilisé dans une centrale nucléaire civile. Ou bien dans une bombe mais là, il faut l'enrichir à 90% (d'où l'intéret de se payer une porshe neuve plutôt qu'une occasion.) 5) Mieux encore, une usine nucléaire produit des déchets. Dans ces déchets, on trouve encore une grande quantité d'uranium récupérable et la petite surprise kinder: du plutonium. Une fois retraité (c'est à dire qu'on a séparé les déchets de ce qu'on pouvait récupérer) on peut mettre le plutonium dans une bombe et agiter le tout sous le nez du conseil de sécurité de l'ONU: effet garantit. Une bombe? Mais pour quoi faire? Oui, pourquoi tant de haine? Pourquoi ne pas plutôt enrichir le chant du moineau, les pétales des jonquilles ou les gratouillis dans le dos? Pourquoi des bombes, toujours des bombes? Le secret de la bombe atomique
est qu'en fait, on ne dirait pas comme ça mais c'est une arme
pacifique. L'arme atomique ne s'utilise pas (sauf si on est le président
des Etats-Unis et à ce moment là seulement, on peut
se permettre de la balancer sur un pays qui ne l'a pas). C'est grâce
à elle que la guerre froide a pus rester froide au lieu de
dégénérer en troisième guerre mondiale.
Grace à elle encore que ni les Etats-Unis, ni l'URSS n'ont
imaginé envahir l'Europe (pour nous défendre des rouges
ou des bourgeois impérialistes). La blague du TNP Le
Traité de Non Prolifération nucléaire (TNP)
est ce qu'on pourrait appeler un blague. Signé le 1er juillet
1968, Il oppose en fait, d'un coté les pays disposant de l'arme
nucléaire (Etats-Unis, Russie, France, Grande Bretagne et Chine)
au reste des pays signataires. Les premiers s'engagent à ne
fournir aucune aide en technologie ou en metière fissile à
des fins militaires aux seconds. La dernière et la meilleure de toute, c'est que trois pays seulement n'ont jamais signé le TNP: L'Inde, le Pakistan et... Israël. Le choc des points de vues Du point de vue de l'Iran, aucun intéret à respecter le TNP. Personne ne le respcte de toute façon. En matière de nucléaire civil, de vente d'armes et d'échanges de technologies, les Etats-Unis préfèrent aider des pays non signataires plutôt que les autres. Mais surtout, les deux principaux ennemis de la région ont tout deux l'arme atomique. C'est une question de sécurité mais aussi d'indépendance: Israël menace régulièrement ses voisins de représailles atomiques et les américains menacent régulièrement l'Iran de représailles car l'Iran est opposée à Israël. De l'autre coté, on a des Américains embourbés jusqu'au cou en Irak et Israël qui tient à rester le seule et unique puissance nucléaire du proche-orient (pour des raisons de sécurité bien sur). L'Irak, surtout, est le pire des bourbiers. Avec une majorité démocratique de 60% de chiites (dont beaucoup de cadres se sont éxilés en Iran pendant la guerre avec Saddam), le bordel actuel, que ce soit la guerre civile ou la démocratie, l'Iran est sur d'en profiter. Autrement dit, sans intervention militaire américaine en Iran, la guerre en Irak n'aura servi a rien, les mollahs récupérant le pétrole tant convoité. Et ils se marrent bien les Iraniens. Les Américains ont beau crier, menacer et agiter les bras: ils ne leur reste plus que quelques années seulement s'il veulent effectivement éviter militairement que l'Iran ne récupère l'Irak. car après, quand l'Iran aura bel et bien l'arme nucléaire (d'ici à 2010-15 selon les experts), plus question de menacer ou d'envahir quoi que ce soit au moyen-orient. Il faut donc a tout prix éviter que l'Iran n'acquiert l'arme nucléaire avant qu'on ait de quoi les envahir. Et les envahir, c'est repoussé aux calendes grecques. L'échec absolu des Etats-Unis en Irak, le bourbier militaire total, l'opposition mondiale et surtout la dégringolade de Bush dans les sondages ont suffit à calmer les faucons de Washington. Seule solution envisageable: temporiser la situation avec un bombardement stratégique (nucléaire) des sites sensible. Mais cette option là aussi est mauvaise: de nombreux sites sont sous-terrains et bunkerisés, un bombardement nucléaire renforcerait considérablement le pouvoir d'Ahmadinejad et du Hezbollah dans la région, et Israël se demande si c'est pas l'Etat Hebreux qui devrait absorber l'explosion du marché du terrorisme suicide. Définitivement coincés
donc, les américains agitent bêtement ce projet d'intervention
militaire tout en affirmant qu'ils n'en ont pas du tout l'idée.
Condie Rice se
retranche derrière le conseil de sécurité des
nations unie, ce dernier ayant donné jusqu'au 28 avril
au pays des mollahs pour suspendre ses activités d'enrichissement.
La secrétaire d'Etat brandit le chapitre 7 de la charte des
Nations-Unies (les sanctions) tout en sachant très bien que
le conseil de sécurité ne prendra aucune mesure contre
l'Iran, la Russie et la Chine y étant opposées. Dommage, sans eux, le choc
des civilisations risque d'être bien morne. |