Définition:
La propagande est l'"action
systématique exercée sur l'opinion pour faire accepter certaines
idées ou doctrines, notamment dans le domaine politique ou social"
(Larousse 2006)
Mais la propagande peut aussi viser à faire accepter une personne
(homme politique, chef d'Etat illégitime etc.) ou encore imposer
des pratiques sociales (délation de ses semblables pour les régimes
totalitaires, campagnes anti-tabac ou voile pour les femmes...)
D'une manière générale, la propagande désigne
les moyens déployés pour influencer l'opinion dans le sens
que l'on veut. Ces moyens sont issus de techniques de communications les
plus simples comme la réthorique aux plus élaborées
(marketting, publicité etc.) mais aussi des techniques de manipulation
mentales nées des découvertes de Freud ou de Pavlov et des
experimentations de ces techniques par les régimes totalitaires du
XXeme siècle.
Dans son art de la guerre (en
ligne ici), Sun Tzu édictait déjà une série
de principes visant à modifier le rapport des forces à son
avantage au moyen de la désinformation et de l'intoxication.
Entretenir des espions dans l'armée ennemie pour y propager des rumeures,
entretenir les espions ennemis dans son armée pour les désinformer,
diviser le camp ennemi en entretenant des dissenssions dans sa hiérarchie
etc.
Les types de propagandes que nous nous proposons de dénoncer ici sont de formes très diverses. Elles ne sont plus seulement le fait d'Etats mais de groupes politiques qui lui ont donné une ampleur nouvelle tout en reprenant les anciennes techniques éprouvées des régimes totalitaires: matraquage et utilisation de l'image.
Il est important de distinguer les différents types de propagandes: blanche, noire ou grise (le classement est de la C.I.A.) en voici des exemples:
-Propagande blanche:
provenant d'une source ouvertement identifiée et qui ne
s'en cache pas. Les gouvernements en sont les plus grands instigateurs.
Ce type de propagande ne peut être le fait que des Etats eux même
ou de partis politiques connus et reconnus car elle repose principalemet
sur le matraquage, l'adhésion préalable des personnes qui
y sont soumises et la censure. La propagande blanche vise principalement
à renforcer un sentiment déjà existant dans la population
(antisémitisme, gloire ou défense de la Nation/Patrie etc.)
ou à matraquer une pensée unique en ayant exclu toutes les
autres par la censure.
Exemple de propagande stalinienne: Staline est effectivement le seul et
unique au gouvernail après avoir éliminer tout ses opposants.
A noter que la censure peut-être
utilisée dans les deux sens: utilisation de la censure pour ne faire
apparaître qu'un seul message ou dénonciation de la censure
(existante ou pas) pour apparaître en victime:
La campagne du non à la constitution européenne lors du réferundum
du 29 mai 2005 a beaucoup dénoncé la prétendue censure
du non dans la presse. Cette dénonciation a jouée sur le fait
que le pouvoir a pris parti pour le oui et usera de tout les moyens à
sa disposition pour que sa campagne l'emporte. On en appel donc ici à
la croyance que le gouvernement utilise forcément la censure pour
combattre une idée qui est en fait majoritaire ("Il censure
forcément puisqu'il veut que la constitution passe"; "Il
est obligé de nous censuré car nous sommes plus nombreux etc.")
-Propagande noire: provenant d'une source
apparament amicale mais en réalité hostile.
Celà se fait en créant des officines de soutien ou en développant
des réseaux et en se cachant derrière etc.
Grand théoricien en la matière, L. Ron Hubbard, fondateur
de la scientologie, a donné à la technique de "propagande
noire" une définition supplémentaire: organiser le discrédit
de toute personne tenant sur la scientologie un discours objectif ou négatif
(pour qu'il ne reste plus que le discours positif). En fait, toute personne
ne soutenant pas ouvertement la scientologie sera visée par la technique.
Hubbard préconisait dès 1974 l'emploi de la technique en ces
termes: «S'il se présente une menace à long terme,
vous devez immédiatement évaluer la situation et provoquer
une compagne de propagande noire afin de détruire la réputation
de la personne et la discréditer de telle manière qu'elle
soit mise au ban de la société».
Ainsi, à grand renfort de rumeurs, les scientologues visent à
jeter le discrédit sur tous ceux qui s'opposent à elle ou
qui sont simplement neutres à leur égard.
-Propagande grise:
Proviens d'une source apparament neutre mais en réalité hostile.
Par exemple subventionner des auteurs et des réalisateurs en sous-mains,
des journalistes (Fox News) pour faire croire à un élan réel
alors que c'est une campagne de propagande.
Voici quelques exemples de proagande noire-grise de la scientologie (tout
l'art visant aussi à obscurcir la source au maximum: on ne sait pas
si la source est noire ou grise)
1)Le CCDH (Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme) est un organe
de la scientologie. Il envoit des rapports aux députés ou
aux professionels sous le sigle CCDH. Les rapports sont considérés
comme émanent du CCDH (Commission Consultative pour les Droits de
l'Homme) qui est une commission gouvernementale reconnue par l'Etat et dont
les avis doivent assister le premier ministre.
2) Autre technique scientologue: l'infiltration
du Conseil de l'Europe, infiltration de l'ONU par le biais des ONG etc.
3) Dans le même ordre d'idée, une autre méthode tout
aussi efficace, le vol de nom
Remarque: Selon G.Durandin,
auteur de " L'information, la désinformation et la réalité"
(Paris, PUF, (coll. Le psychologue), 1993) "La propagande blanche
est généralement plus efficace en temps de paix, mais en temps
de guerre les populations adverses sont plus méfiantes des "propagandes"
provenant de d'autres pays. En temps de guerre la propagande noire est beaucoup
plus vraisemblable car la population croit que les messages proviennent
de source sure et amie(...). Il est important pour se rendre crédible,
dans ce type de propagande [noire], d'affirmer plus de vrai que de faux
"
Ainsi, en temps de guerre, on préferera une bonne campagne de propagande
noire à destination de l'ennemi en complément d'une campagne
grise à destination de sa propre population (on est quand même
en démocratie où l'opinion publique a une certaine influence)
Il est cependant important de noter que la propagande blanche prime sur
les autres. En principe une bonne campagne de propagande doit faire adhérer
toute la population: donc les journalistes, les réalisateurs et les
auteurs compris qui sont censés relayer le message officiel de leur
propre chef.
De la même manière, si l'on a mené une bonne campagne
de propagande à destination de l'ennemi, un très classique
largage de tracts doit suffire à démoraliser la population
voir à la soulever.
Concernant les résultats d'une propagande, une série de sondages
réalisés aux Etats-Unis mettent en évidence les conséquences
et les effets de la propagande officielle sur la population (résultats
des sondages sur ce site)
La contre-propagande:
La contre-propagande rassemble les moyens employés pour empécher
ou réduire les effets d'une propagande. La contre-propagande défensive
est de nature à réduire l'impact d'une propagande ennemie
sur sa cible, la contre-propagande offensive, elle est de nature à
attaquer le groupe auteur d'une propagande pour le décrédibiliser.
La contre-propagande utilise les mêmes
techniques que la propagande. Elle est donc assez difficilement distinguable.
Quand la contre-propagande deviens une
propagande
La récente affaire des caricatures nous offre cependant des exemples
magnifique de propagande noire, grise et blanche et aussi de contre-propagande:
L'ingéniosité réside dans le fait que les islamistes
ont déclenchés une contre-propagande alors qu'il n'y avait
aucune campagne initiale. Ils ont réussis à transformer quelques
dessins en une (soit-disant) gigantesque campagne de propagande anti-musulmane
et celà en orchestrant la campagne de (soit-disant) "réponse
de l'Islam". Et la "réponse de l'islam" (menaces de
morts, d'attentats, manifestations violentes) apparait (à juste titre)
en occident comme une restriction de la liberté d'expression. Avec
leurs slogans, les islamistes sont apparus comme les représentants
de l'Islam. Leur campagne de contre-propagande persuade les médias
que c'est l'ensemble des musulmans dans le monde qui veulent interdire la
liberté d'expression en occident et d'autres médias se font
les relais d'une campagne initiale de publication des caricatures qui n'existait,
à l'origine, que dans la campagne islamiste. Les mensonge islamiste
"d'insulte à l'islam" est devenu une vérité
dans le monde musulman et celui de "choc des civilisations", une
vérité en occident.
Techniques, moyens et méthodes:
La peur
un public qui a peur est en situation de réceptivité passive,
et admet plus facilement l'idée qu'on veut lui inculquer. Par exemple,
Joseph Goebbels a exploité la phrase de Théodore Kaufman,
« l'Allemagne doit périr !», pour affirmer que les Alliés
ont pour but l'extermination du peuple allemand. L'utilisation de la peur
est essentielle pour obtenir la réceptivité de la cible et
marche à chaque fois.
diabolisation
la diabolisation d'un groupe ou d'un individu se fait en utilisant
la technique de l'association (décrite plus bas): associer l'ennemi
au terrorisme ou saddam aux "armes de destruction massive" sont
les méthodes les plus employées aujourd'hui. Mais aussi, l'Amérique
associée à Satan ou le bolchéviste illustré
le couteau entre les dents. Il est très important de noter que dans
la diabolisation, ceux qui appellent à la peur ont un besoin vital
que l'ennemi s'associe lui même au démon. Le communisme s'est
attriubué la couleur rouge de la révolution, transformée
par ses détracteurs en rouge sanguinaire; Poutine a besoin du terrorisme
tchétchène pour maintenir la guerre en tchétchénie
qui est l'essence même de sa victoire éléctorale; Les
Etats-Unis ont un besoin vital des cassettes de Ben Laden pour maintenir
leur population en état de soumission etc.
Un autre aspect très important de la diabolisation est quand la technique
est associé au révisionnisme. Il
est indispensable de maintenir dans l'esprit des population l'existance
de force diaboliques ayant éxisté dans l'histoire (Hitler,
Staline, Gengis Khan etc...) et de ne sourtout pas laisser s'accréditer
l'idée que ces incarnations du mal étaient des être
humains et appartenaient à l'humanité. Pour exemple, la campagne
sioniste contre Hannah Arendt lors de la parution de son livre sur Eichmann
(sous titre: la banalisation du mal): Arendt ose prétendre qu'Eichmann
était un fonctionnaire dans une administration nazie née de
la folie hitlerienne. La propagande sioniste se doit de présenter
Eichmann comme LE bourreau du peuple juif. Les intellectuels visent à
présenter les pires horreures commises par des hommes, la propagande,
elle, veut des démons. En posant Hitler/dictateur comme référent
démoniaque historique, la propagande peut ensuite présenter
n'importe quel dictateur comme démoniaque/hitlerien et c'est ainsi
que Saddam passe de l'allié des années 80 au nouvel Hitler
des années 90-2000.
Paranoïa
Lorsque la peur devient paranoïaque, le groupe est prêt
à accepter n'importe quoi. Les auteurs de propagandes font donc de
gros efforts pour transformer le sentiment de peur (limité dans le
temps) en paranoïa, peur illimitée, constante et surtout beaucoup
plus élargie. Entretenir le sentiment que n'importe qui peut-être
touché ou visé; entretenir le doute sur où, quand et
comment;élargir la diabolisation à toute opposition: le diable
prend alors de multiples visages, plus seulement Ben Laden mais tous les
arabo-musulmans de la planête, la lutte contre le communisme devienst
la chasse aux sorcières de Mc Carthy etc.
Une autre composante très importante de la paranoïa est la peur
de son voisin. L'inconnu dans la rue cache peut-être un ennemi. Entretenir
l'idée que l'ennemi agit caché sous couverture etc.
Communautarisme
Entretenir ainsi l'idée qu'un groupe social ou une communauté
se "serre les coudes": ils sont solidaires contre nous, nous devons
être solidaire contre eux. Très important car elle oblige effectivement
certaines victimes à se serrer les coudes et à répondre
au mensonge de la propagande par une vérité réelle:
l'antisémitisme engendre le sionisme, le racisme engendre Dieudonné
etc.
Appel à l'autorité
L'appel à l'autorité consiste à citer des
personnages importants pour soutenir une idée, un argument, ou une
ligne de conduite.
Dans les années 60, Stanley Milgram, professeur de l'université
de Yale, a effectué une série d'experience afin d'étudier
le concept de soumission à l'autorité. (les
experiences de Milgram en lien sur ce site)
Ses conclusions révèlent que 65% des gens sont prêts
à administrer une dose mortelle d'éléctrochocs si une
autorité (blouse, uniforme etc.) le leur demande.
Les experiences montrent aussi que 20% des sujets obéissent même
si les ordres émanent d'une personne normale.
Témoignage
Les témoignages sont des mentions, dans ou hors du contexte,
particulièrement cités pour soutenir ou rejeter une politique,
une action, un programme, ou une personnalité donnée. La réputation
(ou le rôle : expert, figure publique respectée, etc.) de l'individu
est aussi exploitée. Les témoignages marquent du sceau de
la respectabilité le message de propagande.
Effet moutonnier
Cet appel tente de persuader l'auditoire d'adopter une idée
en insinuant qu'un mouvement de masse irrésistible est déjà
engagé ailleurs pour cette idée. Comme tout le monde préfère
être dans le camp des vainqueurs que dans la minorité qui sera
écrasée, cette technique permet de préparer l'auditoire
à suivre le propagandiste.
Plus subversif: l'effet de groupe qui lui agit pour n'importe quel être
humain: lorsque dans un groupe, la majorité adote un comportement,
les plus sceptiques face au message sont obligé d'adopter le même
comportement pour ne pas paraître différents. Ce comportement
est naturel chez l'homme en groupe (applaudissements, reprise de slogan,
approbation ou désapprobation etc.)
Ce comportement est encore accentué si le message a diabolisé
l'exterieur, dénoncé une hostilité ou un ennemi ou
appelé à la solidarité d'un groupe face à une
menace. Toute personne n'adoptant pas le comportement de la majorité
sera immédiatement suspecte.
Les réactions du groupe à l'égard de l'individu qui
n'adopte pas le même comportement sont un excellent indicateur de
la nature du groupe (totalitaire/démocratique): plus les regards
sont hostile, le comportement individuel est mis en lumière ou stygmatisé,
plus le groupe est totalitaire (un
excellent exemple en vidéo: les islamiste sont de nature totalitaire
mais cherchent à se dissimuler derrière la démocratie:
d'où l'ambivalence des réactions entre menaces, insultes,
intimidations et "ignorez les".)
Redéfinition,
révisionnisme
Consiste à redéfinir des mots ou à falsifer
l'histoire de façon partisane. L'utilisation de l'histoire et l'explication
du passé par la propagande est essentiel surtout aux idéologies.
L'histoire est primordiale dans la constitution de l'identité humaine,
redéfinir l'histoire permet donc de redéfinir aussi l'identité.
La propagande sioniste par exemple entretient vigoureusement l'idée
que l'Etat d'Israël est une conséquence directe de la Shoah
à l'aide du slogan suivant: si Israël avait existé
plus tôt, les juifs n'auraient pas été exterminés.
De la même manière, obtenir le monopole d'un discours sur un
fait historique permet d'avoir le monopole sur la définition identitaire
qui lui est associé. Ainsi, le monopole très recherché
sur l'histoire du peuple palestinien permettait d'avoir le monopole sur
la définition du nationalisme arabe qui lui est associé. Le
monopole du discours sur la Shoah que recherchent les sionistes (en dénoçant
systématiquement tout discours ou analyse divergente) permet le monopole
de la définition de l'identité juive.
Plus l'évènement historique est récent, plus il est
assimilable par la propagande. Le 11 septembre et le monopole absolu détenu
sur lui par l'administration Bush est le meilleur exemple. Mais la propagande
cherche aussi à ranimer des évènements beaucoup plus
anciens (bel exemple de la propagande de Saddam hussein associé à
Saladin:

ou encore, l'objectif de l'obscur "cercle azincourt" qui est d'alimenter
l'idée du "blocage français" à l'aide d'un
évènement historique et en se référant à
un avis d'expert: le rapport Camdessus)
Obtenir la désapprobation
Cette technique consiste à suggérer qu'une idée
ou une action est adoptée par un groupe adverse, pour que l'auditoire
désapprouve cette idée ou cette action sans vraiment l'étudier.
Ainsi, si un groupe qui soutient une politique est mené à
croire que les personnes indésirables, subversives, ou méprisables
la soutiennent également, les membres du groupe sont plus enclins
à changer d'avis.
Cette technique est surtout très utilisé en contre-propagande:
dénoncer les alliances diplomatiques face à la propagande
officielle contradictoire (Farenheit 9/11 de Michael Moor met en parallèle
le discours officiel anti-terroriste et l'alliance Etats-Unis/Arabie Saoudite;
Ou encore, à la veille de la seconde guerre mondiale, pour contrer
l'alliance du nationalisme arabe et de l'Allemagne, l’accent est mis
sur l’occupation de l’Albanie ou le racisme affiché d’Alfred
Rosenberg à l’égard des « races bâtardes
de couleur, conduites par l’esprit fanatique de Mahommet. »
Très efficace contre la propagande grise
ou noire, cette technique l'est moins contre les propagandes blanches.
Mots clés et
généralités
Les généralités peuvent provoquer une émotion
intense dans l'auditoire. Par exemple, faire appel à l'amour de la
patrie, au désir de paix, à la liberté, à la
gloire, à la justice, à l'honneur, à la pureté,
etc., permet de tuer l'esprit critique de l'auditoire. Même si ces
mots et ces expressions sont des concepts dont les définitions varient
selon les individus, leur connotation est toujours favorable. De sorte que,
par association, les concepts et les programmes du propagandiste seront
perçus comme tout aussi grandioses, bons, souhaitables et vertueux.
L'utilisation de mots clé (ou concept clés) est indispensable
et commun a toute propagande.
Cette technique est tellement puissante et éprouvée qu'elle
se suffit presque à elle même dans de nombreuses campagnes
de propagande.
Un autre aspect extrèmement important est que comme le mot clé
est défini différemment selon les individus, leur utilisation
permet à la cible de croire que l'idée est de lui et qu'il
a été amené lui-même à élaborer
une pensée reprise par le propagandiste. Utiliser des concepts très
généraux mais sans les définir entraine de fait l'approbation
de l'auditoire à la définition qui suit. Laisser ces concepts
sans définitions ou en les rendant encore plus flous entraine l'adhésion
de l'auditoire à la seule personne de l'auditeur. Il donne en fait
une série de concepts vide que l'on à plus qu'a remplir de
sorte que l'on est toujours d'accord avec le discours proposé.
Imprécision
intentionnelle
Il s'agit de rapporter des faits en les déformant ou de
citer des statistiques sans en indiquer les sources. L'intention est de
donner au discours un contenu d'apparence scientifique, sans permettre d'analyser
sa validité ou son applicabilité.
Cette technique est souvent associée à celle de l'appel
à l'autorité car elle permet de présenter
comme expert ou autorité des pseudo-scientifiques ou des sources
complêtement partisanes comme objectives et scientifiques.
Transfert
Cette technique sert à projeter les qualités positives ou
négatives d'une personne, d'une entité, d'un objet ou d'une
valeur (un individu, un groupe, une organisation, une nation, un patriotisme,
etc.) sur un tiers, afin de rendre cette seconde entité plus (ou
moins) acceptable. Cette technique est utilisée, par exemple, pour
transférer le blâme d'un camp à l'autre, lors d'un conflit.
Elle évoque une réponse émotive qui stimule la cible
pour qu'elle s'identifie avec l'autorité reconnue. On peut aussi
l'associer avec la technique du révisionnisme:
on appel à un souvenir commun et glorifiant (ou diabolisant) pour
l'associer.
Cette technique est très souvent l'effet de la propagande par l'image
qui permet d'associer facilement deux concepts
Exemple de propagande sioniste de l'entre-deux
guerre:
ici les grands symboles identitaires du peuple juif: Jacob, Jerusalem, L'homme
avec une kippa, la banderole reprenant la torah avec une citation. Les symboles
anciens de l'identité juive sont associés aux symboles nouveaux
du sionisme: le colon-pionnier et travailleur armé de sa faux, la
femme, travailleuse tiens un panier représentant l'abondance offerte
par la mise en valeur du pays, grand thème sioniste.
L'abondance du panier est issue de la promesse divine (puisqu'elle est sous
le bras protecteur et paternaliste de Jacob) mais aussi par le travail et
la mise en valeure du pays (car elle a les manches retroussées)
L'homme et Jacob regardent ensemble vers le ciel: là encore les deux
symboles sont associés: Comme dans toutes les images de propagande,
l'homme, le menton levé, représente l'avenir (qui est le retour
en Palestine pour la mise en valeur du Pays). Jacob, lui regarde vers Dieu
et montre l'horizon. Ainsi, la promesse divine deviens l'avenir sioniste.
Simplification exagérée
Ce sont des généralités employées
pour fournir des réponses simples à des problèmes sociaux,
politiques, économiques, ou militaires complexes.
Quidam
Pour gagner la confiance de son auditoire, le propagandiste emploie
le niveau de langage et les manières (vêtements, gestes) d'une
personne ordinaire. Par projection, l'auditoire est aussitôt plus
enclin à accepter les positions du propagandiste, puisque celui-ci
lui ressemble. En complément, les techniques marketting qui approfondissent
l'étude du groupe-cible, ses comportements, langages, préférences,
identifications etc. permet d'obtenir des effets redoutables.
Stéréotyper
ou étiqueter
Cette technique utilise les préjugés et les stéréotypes
de l'auditoire pour le pousser à rejeter l'objet de la campagne de
propagande. Traiter quelqu'un de Nazi ou de communiste (plus généralement
d'extremiste) lors d'un débat entraine instinctivement un rejet de
son discours par l'assistance. On peut aussi inventer une étiquette
qui comporte des mots clés interessant: "terroriste intellectuel"
pour dénoncer une forme de pensée ou l'expression plus connue
"apôtre du changement" pour la glorification.
Bouc
émissaire
En jetant l'anathème sur un individu ou un groupe d'individus,
accusés à tort d'être responsables d'un problème
réel (ou supposé), le propagandiste peut éviter de
parler des vrais responsables, et n'a pas à approfondir le problème
lui-même. Du populisme dans son expression la plus basique: les immigrés,
les juifs, les communistes, les capitalistes, les américains etc.
A notre que pour que celà marche, le groupe choisi pour être
responsable doit déjà être stygmatisé ou méprisé.
Mégalomanie
Associé à d'autres techniques: l'ennemi est très
souvent présenté comme un mégalomane dans une campagne
de propagande:
1) Propagande américaine durant la seconde guerre mondiale. Le message
"nos foyers sont en danger maintenant" (l'urgence
est soulignée) vise à obtenir le soutien de la population
à l'effort de guerre par un message simple: nos ennemis veulent conquerir
le monde et nous sommes sur la liste -comme en témoigne la représentation,
au premier plan, du continent américain sur lequel lorgne l'ennemi-
en nous battant loin de chez nous, nous défendons donc simplement
nos maisons. Cette campagne est une propagande du temps de guerre, cependant,
la paix venue, les américains ont repris ce message pour se présenter
en gendarmes du monde et garants de la démocratie contre les totalitarismes.
2) Propagande antisémite de l'entre deux guerre: l'image traditionelle
du juif (griffu, osseux, grand nez etc.) une main sur l'europe, l'autre
sur l'Afrique (l'empire colonial fait partie de "La France").
Il n'est pas spécialement menaçant mais il est représenté
comme tenant fermement le monde entre ses mains comme un trésor,
un bien qui lui appartiens. L'image joue donc aussi sur le préjugé
antisémite du juif attaché à ses biens. On notera aussi
la Typographie: "le juif" évoque quelque chose qui se tord
et rampe pour réaliser ses fourbes desseins. "La France"
écriture droite et fière. Le chevauchement des lettres de
gauche à droite évoque l'évolution historique: la France
s'est constitué au cours des siècles et dispose d'une longue
histoire et experience.
Remarque: Il est important de noter que
derrière toute dénonciation de la mégalomanie se cache
la propre mégalomanie de l'auteur. On rejette sur l'ennemi des desseins
que l'on a soi même. Evoquer la mégalomanie de l'ennemi est
aussi une manière de faire accepter l'idée qu'en étant
vainqueur, on prendra légitimement sa place ("les juifs contrôlent
le monde"; "les arabes veulent toute la palestine"; "Saddam
Hussein et l'Iran menacent le monde avec des armes de destruction massives"
etc...)
Slogans
Un slogan est une brève expression, facile à mémoriser
et donc à reconnaître, qui permet de laisser une trace dans
tous les esprits. Indispensable à toute propagande, il doit s'efforcer
d'intégrer la plus grande partie des techniques de propagande décrite
ici. Un discours de propagande n'est composé que de slogans additionnés.
Glissement sémantique
Technique consistant à remplacer une expression par une
autre afin de la décharger de tout contenu émotionnel et de
la vider de son sens (euphémisme). Le glissement sémantique
peut à l'inverse renforcer la force expressive pour mieux émouvoir
l'auditoire. Exemples : Représailles/ attaque militaire; nouvelles
religions/sectes; antisémitisme/antisionisme; islamiste/musulman;
frappes stratégique/bombardements; etc.
Cette technique est très importante car avec le glissement, on peut
aussi effectuer la redéfinition des mots et des émotions qui
leurs sont associés.
Double discours
le double discours est une technique proche du double
lien mais encore plus simplifiée. Il s'agit pour ses
auteurs, de simplement tenir deux discours différents (voir totalement
contradictoire) selon les gens à qui l'on s'adresse.
Les Frêres Musulmans sont experts en la matière. Tariqu Ramadan
pourra, par exemple sur l'affaire des caricatures, tenir un discours très
progressiste et modéré en appelant au calme, à la réflexion,
à la prise en considération des différences entre les
civilisations etc. et, dans un autre discours communautariste, parler d'insulte
à l'Islam, d'Islamophobie de l'occident etc.
Endoctrinement et manipulation mentale
L'endoctrinement et la manipulation
mentale sont le fait de groupes sectaires et de l'islam politique (islamistes).
Cependant, les techniques sont les mêmes mais poussées à
l'extrème. En quelque sorte, les sectes détiennent la propagande
parfaite. Leurs techniques empruntent beaucoup à la propagande classique
et au totalitarisme en y ajoutant en plus de vielles techniques religieuses,
des nouvelles de marketting et communication et des techniques de psychanalyse
comportementale.
Il est cependant indispensable de les analyser car ces techniques représentent
le futur de la propagande et seront de plus en plus utilisées. Elles
sont déjà reprises par les groupes islamistes et par certains
hommes politiques neo-consrvateurs. Ces
techniques sont aussi redoutablement efficaces car elles jouent sur l'animalité
de l'homme et ses instincts les plus primaires. Elles permettent aussi de
réduire n'importe quel individu en état de sujetion totale.
Les principales
techniques: (source:
UNADFI)
a)
La relation d'autorité
Une hiérarchie qui s'affiche
Qui prône l'acceptation de l'autorité interne en promettant
avancement, pouvoir et surtout SALUT. La hiérarchie est très
importante. Faire miroiter un avancement, une évolution de statut,
un accès quelque chose queles autres n'ont pas etc. Celà permet
de fideliser l'individu mais agit aussi en quelque sorte comme une drogue.
La très grande majorité des jeux-vidéos reposent aussi
sur ce principe: plus on joue, plus on passe de niveaux ou on fait évoluer
son personnage. C'est grâce à cette évolution-promotion
ou sa perspéctive qu'on peut devenir "accroc" à
un jeux-vidéo. Utilisé dans une doctrine sectaire ou totalitaire,
les conséquences sont bien pire car le jeu est une réalité.
Des règles intransigeantes
On provoque une régression et une désorientation par le fait
de devoir demander la permission pour des actes élémentaires
de la vie quotidienne. Il est très important de pouvoir contrôler
par ce moyen, la vie privée et le comportement d'un individu. On
pourra par exemple lui dire avec qui et comment se marier, quelles lectures
sont admises etc. mais aussi en allant beaucoupplus loin dans le contrôle
de l'individu: Quoi manger, quand dormir, quand, comment ou avec qui avoir
des rapports sexuels, quelles couleures porter le matin, comment s'habiller
etc.
Dicter ces comportements à un individu par l'intermédiaire
de règles permet d'aqcuérir sur lui un contrôle total.
Ces règles s'attaquent en effet aux instincts les plus primaires
et animaux de l'homme: nouriture, sommeil, sexualité etc. d'où
l'intéret de pouvoir dicter ces comportements.
Une doctrine déstabilisante
On encourage l'acceptation aveugle et le rejet de la logique par des exposés
complexes et interminables sur une doctrine incompréhensible.
Pas de questions
On vise à l'acceptation automatique des croyances en décourageant
les questions, et en suggérant d'abandonner ses doutes, condition
de toute progression dans l'enseignement (ou la doctrine) proposé.
L'approbation du contrôle
Des actions peu différentes les unes des autres entrainent tantôt
une récompense, tantôt une punition. D'où une confusion
encore accentuée. C'est une technique issue du double
lien.
La peur
Les plus anodines pensées, paroles ou actions tant soit peu "négatives"
provoquent des menaces sur l'âme, sur la vie ou sur un organe, ce
qui entretient l'obéissance aveugle. Même technique que "la
peur" précédente mais poussée à l'extrême.
On a pas peur d'un groupe, d'un homme ou d'une idée mais de la pensée.
En fait, l'idée est d'utiliser la technique de la peur contre la
libre pensée de l'individu. En jouant sur la surveillance et la délation
des adèptes entre-eux, en entretenant la croyance dans une entité
superieure omnisciente (Dieu ou autre) on place l'individu dans un etat
de peur qaudn à son libre arbitre et à sa pensée propre.
L'adèpte n'ose pas penser par lui même de crainte d'avoir de
mauvaises pensées.
Liée avec les autres techniques de déstabilisation, l'adèpte
ne sait pas quelles pensées sont mauvaises et lesquelles sont bonnes.
Il cesse donc toute pensée propre.
b)
Le renforcement de l'adhésion au groupe
La pression d'un groupe chaleureux
En exploitant le désir d'appartenance à un groupe, on supprime
le doute, la réserve et la résistance aux nouvelles idées.
Le "love-bombing"
(ou Bombardement d'amour.) On crée un pseudo-esprit de famille et
d'appartenance par l'embrassade, les démonstrations affectives, l'attendrissement
et la flatterie. C'est très efficace car l'individu se sent tout
de suite pris dans une nouvelle famille, accueillante etc. alors que l'extérieur
est diabolisé.
La tromperie verbale
On altère l'individualité par une demande de conformité
au code de bonne conduite du groupe.
L'annonce de dangers imminents
Menaces qui induisent un climat de peur, permettent d'assurer une emprise
sur les individus, et renforcent l'adhésion au groupe (qui se pose
en protecteur).
L'adhésion au groupe
On renforce le sentiment d'appartenance en introduisant dans un contexte
émotionnel intense, des activités originales, qui cimentent
le groupe par un "vécu" commun. Ces activités sont
essentielles pour cimenter le groupe. Lorsqu'un adèpte rate un séminaire
ou une lecture en commun, il est rappelé à l'ordre par les
autres qui lui demande pourquoi il n'était pas là, ce qu'il
a fait, si quelque chose dans le groupe lui déplait etc.
La psalmodie et le chant
On élimine les pensées étrangères au groupe
par la répétition en choeur de chants et de phrases propres
à rétrécir le champ de la conscience.
La méta-communication
On insinue avec force des messages simples, en insistant sur certains mots
et expressions-clés au cours de longues et harassantes lectures,
ou dans des cassettes qu'il faut sans cesse écouter.
L'hypnose
On induit un état de grande suggestibilité par l'hypnose souvent
déguisée habilement en méditation. L'hypnose suggère
que la personne hypnotisée soit dans un état psychique favorable.
On ne peut pas hypnotiser quelqu'un contre sa volonté, c'est impossible.
Cependant, on peut déguiser ou masquer l'hypnose pour que la personne
ne résiste pas. Par exemple, un discours fleuve de plusieures heures
avec une voie extrêmement soporifique place l'auditeur dans un etat
proche de l'hypnose. Le jeûne aussi provoque des etats psychiques
qui favorise l'hypnose. On peut ainsi déguiser un jeûne sous
diverses formes: en l'imposant pour un prétexte quelconque ou encore
en faisant habilement sauter l'heure du repas à l'individu ce qui
élargis d'autant les prétextes (travail à faire, parole
à écouter, attente d'un document indispensable etc...)
Certains stages de développement personnel utilisent cette technique
associée à d'autres: on retire aux auditeurs leurs montres
pour les couper du réel ce qui permet de sauter l'heure du repas
sans que personne ne s'en apperçoive (ou n'ait d'élément
materiel pour contester). Le "séminaire" se finit vers
les 21heures et on demande aux participants de travailler sur ce qui a été
dit jusqu'à minuit, une heure. Le lendemain, réveil tôt
et on impose aux participants une nouvelle journée sur le même
rythme etc.
La culpabilité
L'aspiration au SALUT est exaltée en insistant sur les péchés
commis lors de l'ancien mode de vie. Ou lors du non respect d'une des règle
du groupe.
c)
L'atteinte à la vie personnelle
L' obligation de transparence
On pousse à l'aveu des faiblesses personnelles et des plus intimes
sentiments et doutes, ce qui encourage la destruction de l'ego individuel
et réduit la part d'intimité de l'être. Au passage cela
permet de récolter des secrets dont on pourra ultérieurement
se servir contre l'adepte récalcitrant.
La destruction de l'inhibition
En encourageant l'obéissance infantile et en orchestrant le comportement
enfantin ; en jouant aussi sur la pudeur et l'impudeur.
L'entrave à la vie intime
On réussit à faire perdre la capacité d'évaluation
logique en empêchant ou en décourageant l'analyse critique
personnelle.
Le changement de régime
On contribue à une désorientation et à une grande sensibilité
aux bouffées émotionnelles par une alimentation médiocre
des cellules nerveuses en certains éléments notamment protéiques.
Le régentement de la vie sexuelle
Là aussi on sème la confusion par des règles où
se mêlent et alternent la rigidité et la permissivité
; cela va pour certains jusqu'à transgresser la prohibition de l'inceste,
base indispensable depuis toujours de l'identification personnelle et de
toute évolution sociétaire.
La fatigue et privation de sommeil
On crée la désorientation et la vulnérabilité,
en imposant une activité mentale et physique prolongée sans
le repos et le sommeil adéquat. Celà crée un etat d'hypnose
et aussi de soumission. L'homme qui manque de sommeil est pret à
accepter n'importe quoi pour qu'on le laisse dormir. La fatigue est aussi
une efficace technique de torture (cf le livre d'Arthur Koestler: le zero
et l'infini)
La dépendance pécuniaire
L'adepte donne ses biens. Ainsi l'on pousse à fond la dépendance
vis-à-vis du groupe et l'on consomme la rupture des ponts avec le
passé.
La dépendance pécunière permet aussi de matérialiser
sa dépendance. Il est très difficile d'abandonner quelque
chose pour lequel on a dépensé 500 euros c'est encore pire
quand ça se chiffre à 15 000 (deuxième niveau de la
scientologie seulement).
Le rejet des anciennes valeurs
On accélère l'acceptation aveugle d'un nouveau style de vie
en critiquant et dénonçant les valeurs et croyances antérieures.
Les
faux-souvenirs
Persuader les gens qu'ils ont subit des abus sexuels.
d)
La coupure avec l'extérieur
L'accusation
On donne une fausse impression de rigueur en dénonçant les
défauts du monde extérieur et des autres groupes religieux.
Celà permet aussi à l'individu de se persuader que le groupe
détient une vérité ou un etat que le reste du monde
ne possède pas ce qui le rend superieur.
L'isolement
On provoque une perte de contact avec le réel par une séparation
physique ou intellectuelle d'avec la famille, les amis, l'environnement
naturel, la société et les références rationnelles.
Le plus souvent par la diabolisation et l'usage d'un vocabulaire particulier
(invention de mots). Une
autre très bonne technique est celle de la prédiction
qui permet de couper un individu de ses proches en dénoncant
les arguments qu'il entendra comme manifesations hostiles.
Le remplacement des relations
On détruit les relations familiales antérieures. On arrange
des mariages internes et des néo-familles. On déracine géographiquement
et spirituellement, au point parfois d'inventer une généalogie
fantoche.
Cette technique vient après ou en parallèle
de l'isolement. Une fois que l'individu a été coupé
du monde exterieur par l'isolement et qu'il est en détresse, on lui
donne une nouvelle famille, un nouveau père (le ou les gourous),
nouveaux frêres et soeurs (les autres adeptes s'appellent frêre
entre-eux), de nouveaux fils (des entrants plus récents dans le groupe
qu'il devra prendre sous son aile) voir un nouveau couple. L'individu, ainsi
rassuré aura d'autant plus de mal à quitter le groupe qu'il
a déjà fait une fois l'experience douloureuse de se couper
de sa vraie famille.
Les autres techniques de sujetion
Ces techniques empruntent beaucoup aux régimes
totalitaires mais y associent aussi le marketting, le lobbying, des techniques
psychanalytique ou dérivées et aussi des méthodes éprouvées
par les religions traditionelles. Lorsqu'on évoque les techniques
de manipulations mentale, on pense tout de suite à des techniques
scientifiques très élaborées: serum de vérité,
electrochocs, hypnose contre sa volonté, messages subliminals, drogues
spéciales etc.
En fait, manipuler un individu est quelque chose d'enfantin et de complêtement
basique. Aucun besoin de matériel sophistiqué, les techniques
sont extrèmement simple. La plupart des gourous et des individus
très manipulateurs les utilisent d'instinct sans même en avoir
conscience. Tenter d'influencer le comportement de son semblable voir de
lui dicter son comportement est une tendance naturelle chez l'homme au même
titre que la tendance qui nous pousse à nous laisser manipuler et
dicter une conduite.
La science a simplement permis d'élaborer ces techniques scientifiquement
et de leur apporter des études scientifiques qui les rendent plus
performante.
a) les reflexes conditionnées
Ces derniers sont issus des travaux de
Pavlov sur le reflexe conditionné du chien (on fait sonner une
cloche devant un chien en lui présentant un steak: le chien salive.
On recommence l'opération plusieurs fois de suite et puis un jour,
lorsqu'on fait sonner la cloche, le chien salive même sans steak.)
Le reflexe conditionné marche aussi chez l'homme: on peut lui apprendre
comment réagir face à tel évènement, quoi penser
face à tel discours etc...
On peut ainsi associer des comportements ou modes de pensée aux instincts
basiques de l'homme (manger, dormir, comportement sexuel): en obligeant
à réciter une prière avant de manger, en dictant un
régime alimentaire particulier ou en dénonçant certains
comportements sexuels comme déviants, on aquiert un très grand
contrôle sur un individu.
b)
Infantilisation
Infantiliser l'individu en l'obligeant à demander la permission d'accomplir
le moindre geste y compris les besoins vitaux ou les plus élémentaires.
En édictant des reglements confus et obscurs, en détruisant
les notions établies de bien et de mal, l'individu est placé
en état de doute perpétuel sur chacune de ses actions et est
obligé d'en référer à l'autorité superieur.
L'usage du traditionnel baton/carrotte est aussi très efficace. On
peut aussi l'utiliser de façon très perverse en punissant
ou en récompensant deux personnes pour le même acte (= double
lien).
c) Le double lien
(exemple: le fils arrive et demande à sa mère: "quelle
cravate tu préfère, la rouge ou la bleue. la mère répond
la rouge, le fils, donc pour faire plaisir à sa mère met la
cravate rouge et le soir: "Oh, tu as mis la rouge? je préférais
la bleue"
Autre exemple: Le mari qui dit à sa femme, le lundi devant son diner:
"J'adore quand tu me fait des lasagnes" et le jeudi: "oh,
encore des lasagnes? Tu voudrais pas faire autre chose?")
Technique extrèmement infantilisante et déstabilisante qui
vise à priver l'individu de son libre arbitre en présentant
tous les choix qu'il a comme négatif. Le premier choix est négatif
car l'autorité (mère, gourou, superieur hiérarchique...)
a exprimé dessus une opinion (option) négative et le deuxième,
choisi par défaut par l'individu, est critiqué et décrié
par la même autorité superieure.
d) Invention
des mots:
L'invention de mots est une technique très utile. Elle permet d'imposer
à l'individu un langage particulier et, de ce fait, une pensée
particulière (puisqu'on pense avec des mots).
Celà permet aussi de donner à des concepts vieux comme le
monde une apparence de nouveauté et de changement. Dans le même
ordre d'idée, cette technique permet d'inventer de nouvelles menaces
(exemple: islamophobie. Le mot inventé par les islamistes permet
de récupérer le concept de racisme et de le transformer en
anti-islamiste. Ainsi, tout ce qui va à l'encontre de l'Islam radical
sera dénoncé comme islamophobe/raciste et toute personne luttant
contre le racisme sera associé au combat des islamistes par opposition).
Le vocabulaire particulier permet aussi l'exclusion de l'exterieur et la
cohésion du groupe: l'individu est privé du contact avec l'exterieur
car il est le seul à employer les mots qu'il utilise. Les mots nouveaux
étant des concepts très obscurs, flous et sans véritable
définition, il lui est impossible de les définir au cas où
on lui demanderait. Il ne peut donc parler qu'avec son groupe et avec des
mots que seul l'autorité superieur peut définir.
Remarque: Le langage particulier est poussé à
l'extrème dans les groupes sectaires mais existe dans n'importe quel
groupe humain social ou professionel: toute profession utilise des termes
particuliers que quelqu'un qui ne connaît pas le métier ne
pourra pas comprendre sans explications. De la même manière
les groupes sociaux ont tendance à inventer des termes compréhensible
par eux seuls (argo, verlan etc...) et lles Nations et les peuples se sont
fondés sur des communautés de language. L'appropriation du
language est indispensable à la constitution de l'identité
humaine, la manipulation mentale peut donc en jouer pour contrôler
cette identité.
e) La prédiction
Cette technique est extrèmement utile en propagande comme
en manipulation mentale.
Elle consiste à prédire à l'avance les arguments des
adversaires et à avertir l'auditeur qu'il entendra ces arguments.
(on vous dira que...; Les ignorants croient que...; Ils vous diront celà
car ils ne connaissent pas la vérité etc.). Lorsqu'il répète
ce qu'il a entendu, l'auditeur se voit effectivement opposer ces arguments
(puisque ce sont les plus courants) ce qui crédibilise d'autant le
discours qu'il répète.
Une fois que ces arguments ont été dénoncés,
il n'est même pas necessaire d'y répondre pour que la technique
marche. On peut largement se contenter d'un "ils ne connaissent pas
le sujet (la vérité)" ou "c'est parce que ce sont
des... (bouc émissaire)".
Cepandant, on peut aussi donner la réponse stéréotypée
à fournir en réponse à ces arguments ou mieux, associer
ces arguments à un reflexe conditionné.
Par exemple, dans le cas des sectes, on répète sans cesse
aux adèptes que ceux qui qualifient le groupe de secte sont hostile
et veulent du mal au groupe (et donc à l'individu). Même si
ce n'est pas vraiment leur faute, ils sont innocents mais forcémment
soumis à une force hostile et à des manipulateurs (paranoïa)
qui les ont persuadés que le groupe était une secte. Quiconque
prononce le mot "secte" est donc automatiquement dans le camp
des ennemis.
Ainsi, lorsque l'adepte, au bout d'un certain temps, voit sa famille et
ses amis s'inquiéter pour lui, il se méfie. Lorsque l'un d'eux
prononce le mot "secte", le rejet est alors radical et l'adepte
se coupe automatiquement de ses proches. Le temps que prend le processus
dépend des individu mais il est sur à 100%: l'adepte se coupe
un petit peu, les proches s'inquiètent un petit peu plus, l'adepte
se coupe alors encore plus, les proches tentent d'agir et l'adepte se coupe
complètement, réentendant le discours du gourou: "ils
tenteront d'agir contre vous pour nous séparer, ils ne comprendront
pas, ils feront tout pour que vous nous quittiez etc."
f) Destruction/reconstruction
Une autre technique bien connue et très souvent utilisée
(par l'armée, les groupes paramilitaires, les sectes aussi) et la
technique de destruction/reconstruction.
On brise un individu psychologiquement en en faisant le bouc émissaire
du groupe ou en le désavouant sur la place publique, en appuyant
là ou ça fait très mal (S'en prendre au physique marche
toujours, la condition sociale, ou les parents de la personne aussi) ou
plus simplement en insultant la personne jusqu'a ce qu'elle craque (vous
êtes minable, regardez-vous, vous n'êtes rien, vous ne servez
à rien, même le pire des chiens serait plus digne etc.).
Une fois que la personne a craqué, on la reconstruit selon le modèle
qu'on veut ("vous pouvez devenir quelque chose en suivant nos cours";
"tout n'est pas perdu, c'est une question de volonté";
"on arrivera à faire quelque chose de toi mon gars!" etc.)
Un excellent exemple dans le film de Stanley Kubrick: Full Metal Jacket.
Le sergent s'évertue à faire craquer un soldat (baleine) et
y arrive au delà de toutes ses espérances.
A noter que cette technique ne marche que lorsque la destruction
et les insultes émanent de l'autorité (superieur hiérarchique,
gourou, expert, professeur etc.)
A noter aussi qu'il n'est pas necessaire de détruire tout le monde
pour que la technique marche. Un seul exemple suffit à ce que tout
le groupe s'identifie à l'exemple et se soumette docilement à
la reconstruction. De plus, personne n'ayant envie d'être à
la place de la personne que l'autorité a choisi de faire craquer
en public, la technique est aussi très utile pour museler toute forme
d'opposition.
Le choix de la personne qui devra craquer en public se fait par délit
de faciès: lunettes, posture, regard, cheveux etc. Cependant la personne
doit être assez commune pour que tout le groupe s'identifie et doit
pouvoir opposer une résistance moyenne (c'est à dire de force
équivalente à celle qu'opposerait n'importe quelle personne
dans la salle). En règle générale, faire monter quelqu'un
sur une estrade pour lui envoyer les pires remarques à la figure
devant tout un groupe suffit à faire craquer la majorité des
gens. On peut aussi être sur que rien qu'au faciès, celui qui
serait susceptible de ne pas craquer ne sera jamais choisi.
A noter enfin que l'on peut faire craquer n'importe qui,
ce n'est qu'une question de temps. L'armée offrant plus de temps
disponible, les sergents peuvent choisir le plus réticent pour le
faire craquer. Les séminaristes en développement personnel
ne disposant que de quelques heures, ils doivent choisir quelqu'un de plus
faible. N'importe quel être humain a son point de rupture. Cependant,
la technique est dangeureuse car elle peut effectivement mener au suicide
de l'individu. C'est avec un suicide de ce genre que le grand procès
de la scientologie des années 90 a pu débuter.
Comment repérer
une propagande:
Quelques méthodes simples du blog de magog,
mais si vous avez bien lu les techniques ci-dessus, elle ne devrait pas
vous être d'une grande utilité:
-Repérer
les mots clés:
liberté, démocratie, droit (légitime, des peuples,
des minorités) justice etc. Les mots clés sont de nature à
susciter l'émotion de l'auditeur. Ils recherchent donc des aspirations
naturelles de tous les individus. Soit ils appellent à une lutte
(pour la liberté, la justice...) soit, lorsqu'il n'y a pas de lutte,
ils apellent d'autres émotions (le changement, le bonheur, le renouveau...)
A noter que le changement, le renouveau, "votre" destin, les immenses
capacité du peuple français gaspillées, le retour à
la pureté etc. font appel à un sentiment naturel de l'homme:
croire qu'il existe un homme superieur. Pas en tant qu'individu mais en
tant que condition: le mythe du sur-homme. Le discours de propagande fait
souvent appel à ce theme du sur-homme pour proposer de l'acquerir
ou de le prendre (ou reprendre) par la force. Lorsqu'un discours parle de
changement, de renouveau, d'avenir meilleur, ou d'âge d'or passé
sans définir les termes, il fait appel à cette croyance. Comme
on désir tous faire partie du sur-homme, on adhère au discours.
Repérer aussi, en particulier, les définitions ou leur absence.
(la liberté c'est...; nous ne réclamons que la justice...;
vous avez droit au bonheur...; Ne dites pas non au changement...)
-Repérer l'absence
de liens dans un discours:
Comment passe-t-on d'une idée à une autre? (Par exemple de
"la France va mal" à "votez pour moi" ou de "le
chomage" à "les immigrés").
Un discours de propagande n'étant composé que de slogans additionnés,
les transitions sont inexistante. On passe d'un slogan à l'autre
par la seule approbation de l'auditoire. Le slogan précédent
ayant été admis grâce à l'émotion provoqué,
on passe au suivant qui le sera de la même manière et on ressort
du discours pleins d'approbations sur ce qui a été dit mais
sans aucun argument ou raisonnement de fond.
A noter que le raisonnement humain repose sur la logique
et qu'il lui est impossible d'admettre qu'il ne l'a pas utilisé surtout
quand les questions de l'auditeur ont fait semblant d'appeler à la
reflexion individuelle ("croyez-vous vraiment que...?" ;"Est-ce
celà que vous voulez pour vos enfants...?"; "Voulez vous
vraiment d'un gouvernement dirigé par des juifs et des communistes...?").
On accepte donc les slogans sur l'émotion mais on se persuade ensuite
que "c'est logique", que "ça se tiens" (pour
les plus sceptiques).
-Repérer le slogan ou discours stéréotypé:
technique radicale: si vous entendez deux fois la même phrase ou la
même idée exprimée dans des termes similaires: c'est
un slogan de propagande.
Plus complexe, le discours stéréotypé: il donne l'impression
d'une pensée apprise par coeur. Il est repérable si vous opposez
à l'auteur les arguments les plus communs possibles (clichés
compris): ce sont les arguments qu'on lui oppose à chaque fois et
il a appris des réponses stéréotypés par coeur.
Ou alors il élude la remarque avec une généralité
qu'on lui a servi lors du discours (tu ne te rend pas compte combien la
France va mal, tu ne sait pas à quel point ils sont puissants etc.).
-Repérer le
groupe:
il y a toujours un groupe, un groupe cible ou un groupe émetteur
d'une propagande.
Repérer la cible peut se faire facilement grâce à l'analyse
du message. De la cible, on déduit l'émmeteur selon l'intéret
qu'il a à toucher cette cible (musulmans et communautés arabe
pour les islamistes; personnes affaiblies psychologiquement, toxicomanes,
malades incurables, enfants pour les sectes; communauté juive pour
les sionistes etc.) La propagande vise à souder le groupe autour
d'une idée, d'une pensée, d'un slogan: plus le groupe est
soudé, plus la propagande est efficace.
-Repérer la
référence à l'histoire:
elle est pratiquement toujours présente. Si un discours interprète
un fait historique, dix minutes de recherches sur internet suffisent à
le démasquer. En général lorsqu'on trouve deux versions
d'un même fait historique, on comprend tout de suite quel camp cherche
à promouvoir quel version.
-Appel à la peur:
Radical. Repérer les réferences qui suggèrent la fin
du monde, la proximité d'une catastrophe, un danger imminent, une
force de plus en plus grande, la dénonciation d'une menace qu'on
ne soupçonnait pas (en fait c'est le bouc
émissaire qu'on a toujours soupçonné on
adhère donc presque automatiquement).
-L'urgence:
L'urgence empêche l'homme de penser: derrière la dénonciation
d'une menace, d'un problème, d'une idée, il y a forcément
l'appel à la necessité d'une action ou d'une réaction
immédiate. La réaction deviens donc un mot clé: on
peut le remplir et expliquer comment réagir (réfléchissez,
votez, éliminez...) ou le laisser vide et alors la réaction
devient automatiquement l'adhésion à l'auteur du discours.
Comment analyser
une image de propagande:
Repérer les élements de l'image:
Aucun des éléments de l'image n'est là par hasard.
Tous évoquent des concepts et les représente associés
à l'évocation d'un sentiment: (grandeur, victoire, peur, menace
etc.) Le message de l'image doit être assimilable par un enfant. Les
symboles et les éléments sont donc compréhensible du
premier coup d'oeil et les personnages sont illustrés avec tous les
attributs de la valeur qu'ils sont censés symboliser (la faux pour
le travailleur, fusil pour le soldat etc.)
Le positionnement des éléments:
Le haut est le ciel, l'avenir, la victoire, le superieur etc. en bas: le
socle, la base ou encore le vaincu, l'inferieur, le soumis etc.
C'est important car on peut jouer du positionnenment des éléments
pour suggérer le message: par exemple une menace imminente ou une
force obscure et malfaisante qui agirait dans l'ombre et qu'on veut dénoncer
sera placé en haut de l'image et sa victime en dessous ou au milieu.
Gauche et droite rapelle la lecture occidentale: le passé à
gauche, l'avenir à droite.
L'élément qu'on veut mettre en valeur est au centre.
Le texte:
Le texte est simple et tient en une phrase. C'est le slogan qui explique
l'image. Soit il double la lecture de l'image (en reprenant les éléments
représentés en y ajoutant l'action ou la réaction à
adopter) soit il ajoute à l'image la lecture qu'on doit en faire
et comment on doit la penser.
L'image de propagande use très souvent de métaphores pour
réhausser ou abaisser les éléments qu'elle représente.
Le texte est en général présent pour traduire la métaphore.